Thérémine
4 février 2018 § 4 Commentaires
dessins inspirés par ma rencontre récente avec le théréministe Thierry Frenkel qui donnait une académie à Lausanne à l’occasion du festival N/O/D/E
il caresse l’air
s’élève alors une vibration particulière
étrange instrument
paraissant dialoguer avec ailleurs
la dimension intime du son
à l’aube de la musique
les amours étranges du thérémine et du lutrin
cherchent toujours
à se faire du pied
je regarde Thierry
et ses mains qui dansent dans l’air
parfois le pincent ou semblent indiquer
quelques directions kabbalistiques
et il y a ce son vibrant
je me souviens des mouvements
des mains des danseuses indiennes
elles aussi semblaient dialoguer avec ailleurs
la beauté en suspension dans l’espace
serait ainsi révélée par quelques gestes mystérieux
la musique
Il est en elle une flamme miraculeuse,
En sa présence le reste s’estompe.
Elle seule parle avec moi
Quand les autres ont peur de m’approcher.
Quand le dernier ami a détourné ses yeux,
Elle a été avec moi dans ma tombe
Et elle a chanté comme le premier orage
Ou comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.
Anna Akhmatova