dans la peau d’une banane

12 mai 2020 § Poster un commentaire

recherche et vision autour de la gravure sur peau de banane … ( voir ici )
une réflexion sur la matière de création à un moment où la société semble au bord du basculement …

apparition d'Antonin Artaud sur une peau de banane

Je ne crois pas qu’il y ait un monde occulte ou quelque chose de caché au monde,
je ne crois pas qu’il y ait sous le réel apparent
des étages enfouis ou refoulés de notions, de perceptions, de réalités, ou de vérités.

Je crois que tout l’essentiel surtout fut toujours à découvert et en surface
et que ça a coulé à pic et au fond
parce que les hommes n’ont pas su et pas voulu le maintenir.
C’est tout.

L’occulte est né de la paresse,
mais n’en est pas devenu occulte,
c’est à dire irrévélable, pour cela.

Antonin Artaud

sous la lune du 10 janvier

19 janvier 2020 § 6 Commentaires

apparitions dans l’énergie de cette lune du 10 janvier sur des estampes réalisées avec une peau de banane gravée…

Cette Pleine Lune du loup est apparue dans le signe du Cancer reliée à la conjonction Saturne Pluton qui est l’aspect majeur de l’année 2020.
La puissante énergie de transmutation de Pluton favorise la désintégration d’un système archaïque, la présence de Saturne à ses côtés renforce l’exigence d’une transformation aussi profonde que radicale.
Le vieux monde s’écroule, le Nouveau Monde est en marche …

Nous sommes les vagues profondes
Où les yeux plongent vainement ;
Nous sommes les flots et les ondes
Qui déroulent autour des mondes
Leur manteau d’azur écumant !

extrait de Josef Autran

l’ombre de la banane à l’encre

Chaque chose au monde porte en elle sa réponse,
ce qui prend du temps ce sont les questions.

José Saramago

 

MYSTÈRE DU MONDE

Cela qu’on ne peut voir – devient.
Cela que l’on voit – est advenu déjà.
Ce qui est advenu – déjà n’est plus
Pour devenir autre chose en secret.
Ce qui n’a plus pouvoir de devenir
Déjà doit s’anéantir.
Ce qui plus haut cesse de s’élever
Il lui faut descendre plus bas.
S’anéantir – est aussi devenir
Dans l’effacement.
Le devenir d’un brin d’herbe
Est un secret pour la terre
Comme chaque homme pour l’homme.
Chaque rameau particulier
A son foyer
Chaque arbre pour le monde est singulier,
Enfoui avec les troncs
Ils vivent ensemble.

Aron Lutski

portrait_de_KAJAN_par_Saad_Dorean from Catherine Jan dite Kajan on Vimeo.

 

 

merci à toi Serge pour ton regard et la force que tu me donnes

tous ces mots inspirés ont été dénichés chez Arbrealettres … pourvoyeur de bijoux poétiques

en route pour l’étoile

23 décembre 2019 § Poster un commentaire

la première cosmonaute suisse propulsée à l’huile de chanvre … parce qu’en Suisse on ne perd ni le nord ni la direction des étoiles … apparition galactique dans un cornet de tisane au chanvre …

cosmonaute suisse par Kajan(c)

 

Je partis Tôt – Pris mon Chien –
Rendis visite à la Mer –
Les Sirènes du Sous-sol
Montèrent pour me voir –

Et les Frégates – à l’Étage
Tendirent des Mains de Chanvre –
Me prenant pour une Souris –
Échouée – sur les Sables –

Mais nul Homme ne Me héla – et le Flot
Dépassa ma Chaussure –
Puis mon Tablier – et ma Ceinture
Puis mon Corsage – aussi –

Il menaçait de m’avaler toute –
Comme la Rosée
Sur le Gilet d’un Pissenlit –
Alors – je courus moi aussi –

Et Lui – Il me serrait – de près –
Je sentis sur ma Cheville
Son Talon d’Argent – Mes Souliers allaient
Déborder de Perles –

Enfin ce fut la Cité Ferme –
Nul, semblait-il, qu’Il connût là –
Et m’adressant un Impérieux – salut –
L’Océan se retira –

 

I started Early – Took my Dog-
And visited the Sea –
The Mermaids in the Basement
Came out to look at me –

And Frigates – in the Upper Floor
Extended Hempen Hands –
Presuming Me to be a Mouse –
Aground – opon the Sands –

But no Man moved Me – till the Tide
Went past my simple Shoe –
And past my Apron – and my Belt
And past my Boddice – too –

And made as He would eat me up –
As wholly as a Dew
Opon a Dandelion’s Sleeve –
And then – I started – too –

And He – He followed – close behind
felt His His Silver Heel
Opon my Ancle – Then My Shoes
Would overflow with Pearl –

Until We met the Solid Town —
No One He seemed to know —
And bowing – with a Mighty look —
At me – The Sea withdrew –

 

Emily Dickinson

hygiène et sécurité

10 décembre 2019 § Poster un commentaire

la peur m’a confinée à une étrange solitude
tremblante dans l’illusion de ce monde injuste
je peux enfin crier
je ne veux plus me défendre
contre tous les dangers que j’ai moi-même inventés
je suis fatiguée
pourtant je sais
quelque part
m’attend une douce lumière
une belle chaleur
comme une musique des âges célestes
j’écoute les battements de mon cœur

CJdK

LA CELLULE DE MOI-MÊME
emplie d’étonnement
La muraille peinte à la chaux de mon secret
J’ouvre la porte avec ma main vide
Un peu de sang blessé dans la paume

Pierre Jean Jouve

**************************************************************

Nos corps ne connaissent pas l’adieu
Rencontre est le nom
de chacune de nos cellules

Adonis

Deux bouddhas de pierre au bord du chemin
Nus, mal nourris, se font face
Sans protection contre le vent, la pluie,
la neige et le givre
Je les envie pourtant, car ils ignorent
La douleur de la séparation

Chông Chôl

 

à la fin de ce jour

26 novembre 2019 § 2 Commentaires

Je veux entrer
Mais je ne sais
Ni où ni dans quoi.
Il semblerait que ce soit là
Où je me confondrais
Avec la source de ce
Dont j’ai toujours eu besoin. 

Guillevic

 

apparition à l’arbre … acrylique et stylo sur sachet de boulangerie

il est encore dit
dans le village d’où je viens
que les arbres aussi versent des larmes
lorsque perdure
l’absence des oiseaux
sur leurs branches

Alain Mabanckou

clin d’oeil à Arbrealettres

comme un fantôme

5 octobre 2019 § Poster un commentaire

après un concert incantatoire de Susheela Raman

en découvrant son dernier album où les gamelans résonnent en chœurs d’ailleurs

Susheela portrait apparition sur un sachet de récupération

elle est arrivée dans une robe étonnante … un mélange d’armure, de combinaison spatiale avec des accents pharaoniques … Shusheela Raman chante et enchante mais sans complaisance, avec une exigence, une aspiration à nous emmener loin, loin de la consommation facile, loin des effets gratuits, au monde où les esprits nous renvoient à ce que nous sommes …

GHOST CHILD

hawk rising
circles the empty sky
she is being
as I,just being
someone somewhere
somehow become
the frayingedge of a picture
of a fledgeling
on a highledge loooking down

the ghost of a child
echoes on the wind
i have returned
in older skin

(:::)

Susheela Raman
extrait de son dernier album Ghost Gamelan

merci à Renens pour son audacieuse programmation et son engagement à faire découvrir d’autres sentiers …

 

à la radio

31 mai 2019 § Poster un commentaire

un dessin rencontre
réalisé pendant un entretien accordé à Justin Müller
à l’occasion d’aperti XIII
et diffusé dans l’émission de radio Versus sur Espace 2
https://www.rts.ch/play/radio/versus/audio/aperti-le-temps-de-latelier-22?id=10485073

le texte d’où sortent les mots :

Le livre de l’intranquillité de Bernardo Soares ( Fernando Pessoa )

Combien de Césars j’ai été !

La vie se ramène pour nous à ce que nous sommes capables d’en concevoir. Aux yeux du paysan, pour lequel son champ est tout au monde, ce champ est un empire. Aux yeux de César, pour qui son empire est encore peu de chose, cet empire n’est qu’un champ. Le pauvre possède un empire ; le puissant possède un champ. En fait, nous ne possédons jamais que nos impressions ; c’est donc sur elles, et non sur ce qu’elles perçoivent, que nous devons fonder la réalité de notre existence.

(Ceci ne me vient à propos de rien en particulier.)

J’ai beaucoup rêvé. Je suis lassé d’avoir tant rêvé, mais non point de rêver. Rêver, voilà ce dont nul ne se lasse, car c’est oublier, et l’oubli ne nous pèse pas, c’est un sommeil dépourvu de songes, pendant lequel nous demeurons éveillés. En rêve, j’ai tout obtenu. Je me suis réveillé aussi, mais qu’importe ? Combien de Césars n’ai-je pas été ! Et les plus glorieux, quels hommes médiocres ! César, sauvé de la mort par la générosité d’un pirate, fait crucifier ce même pirate dès qu’il a réussi, après bien des recherches, à mettre la main sur lui. Napoléon, rédigeant son testament à Sainte-Hélène, stipule un legs en faveur d’un bandit qui avait tenté d’assassiner Wellington. O grandeurs, si semblables aux grandeurs d’âme de ma voisine borgne ! Ô grands hommes, dignes d’une cuisinière de l’autre monde ! Combien de Césars ai-je déjà été, et rêve encore d’être ?

Combien de Césars, oui, mais jamais pour de bon. Je n’ai été véritablement impérial qu’autant que je rêvais, et c’est pourquoi je n’ai jamais rien été ! Mes armées, certes, ont connu la défaite, mais une défaite moelleuse à souhait, et personne n’y fut occis. Je n’y ai perdu aucun étendard : je n’ai pas rêvé mes armées au point de faire apparaître leurs drapeaux à mon regard, car le rêve se heurte toujours à un tournant… Combien de Césars n’ai-je pas été, ici même, dans ma Rua dos Douradores. Et les Césars que j’ai été vivent toujours dans mon imagination ; mais les Césars qui ont vécu réellement sont morts aujourd’hui, et la Rua dos Douradores, autrement dit la Réalité, ne peut plus rien en connaître.

Je jette ma boîte d’allumettes, vide à présent, dans cet abîme de la rue, au-delà de l’appui de ma fenêtre dépourvue de balcon. Je me redresse sur ma chaise, et j’écoute. Nettement, comme si elle signifiait quelque chose, la boîte d’allumettes vide résonne sur la chaussée qui s’annonce ainsi déserte. Aucun autre son, sauf ceux de la ville entière. Oui, les sons de la ville d’un dimanche tout entier, si nombreux, sans se concerter, mais tous justes.

Que peu de chose, dans le monde réel, suffit pour former la base de nos réflexions les plus profondes : être arrivé en retard pour mon déjeuner, avoir trouvé ma boîte d’allumettes vide, l’avoir jetée dans la rue, à titre individuel, avoir éprouvé de la mauvaise humeur à cause d’un repas pris à une heure indue ; et que ce soit dimanche, aérienne promesse d’un couchant raté, et n’être personne en ce bas monde — et puis la métaphysique tout entière. Mais combien de Césars j’ai été !

la cueilleuse

15 mai 2019 § Poster un commentaire

« la déesse des cueilleuses de fraises »
est apparue dans un cageot de fraises d’Espagne
en hommage aux femmes qui travaillent si dur
en tant que saisonnières agricoles…  

la cueilleuse par Kajan(c)

extrait de France Info du 8 février 2018 :

«Pendant environ cinq mois, ces ouvrières vont vivre en terre inconnue, séparées de leurs enfants et accomplissant un travail physiquement exigeant avec un seul objectif en tête: gagner le plus d’argent possible pour retourner au Maroc et aider à soutenir leurs familles», détaille Le Desk. 

Selon l’agence de presse espagnole EFE, 13.000 femmes, principalement issues du milieu rural marocain défavorisé, faisaient la queue cette semaine dans cinq villes du Maroc dans l’espoir de décrocher un emploi de saisonnier dans la récolte de fraises à Huelva, dans le sud de l’Espagne. Selon le site Huelva informacion, cité par Espacemre, la demande des producteurs serait de 16.000 saisonnières et non de 13.000. 

La préférence irait vers les mères de famille pour garantir le retour au pays à l’expiration du contrat. Le salaire brut journalier des ouvrières agricoles marocaine, en 2016, était de 39,48 euros. Elles perçoivent le même salaire que les travailleuses issues d’autres pays, notamment des pays de l’Est membres de l’UE, comme la Roumanie. Les Espagnols délaissent de plus en plus les emplois saisonniers, jugés trop pénibles, au profit des Marocains, Roumains ou Équatoriens. (…)

dérive
rien ne semble s’être méfait
la paysanne
à qui l’on vient de refuser
le troc de ses œufs
n’a même pas l’air triste
et ceux qui dans la boutique
détournent le regard
ignorent encore
qu’ils dérivent aussi
vers la même lésion du temps
Hédi Kaddour

présentées à Aperti XIII le 18 et 19 mai 2019

plus de détails sur www.aperti.ch

table de nuit

2 mai 2019 § 3 Commentaires

c’est la première fois que je tatoue un meuble …
juste à côté du lit cette petite table de nuit avait été parée autrefois d’un système de protection avec fermeture renforcée contre de petits doigts aventureux … les doigts ont grandi … la drôle de porte avait envie d’une nouvelle histoire … 

Ce que dit le Rosier

Je parlais au rosier dans un beau soir perdu ;
Et voici ce que le rosier m’a répondu :
Pourquoi briser ainsi mon rêve
De terre grasse et de paix brève ?

Ayant su l’écouter alors je reconnus
Que ces mots étaient vrais… Je partis, les pieds nus.
Car en ce monde où la fatigue se prolonge,
Chacun sait que rien n’est si parfait que le songe.

Renée Vivien

 

à respirer tant de roses sans penser aux épines … pour Serge

sous la lune de février

19 février 2019 § 1 commentaire

dessiné ce soir au stylo bille …

où est ma tête ? je ne vois plus que la lune …

***

Avions-nous convoyé le reflet d’un reflet
ou mis le cap sur l’analogue

n’avoir plus faim n’abolit pas la faim
et les nommer ne scelle pas les choses

qui pouvait dire,
je suis là où finit le voyage
si le regard levait encore un horizon
sous le couchant défait

certains voulaient la neige pour s’unir au silence
et d’autres une parole
qui chiffrerait d’un mot tout le visible

mais l’œil qui s’éveillait une nouvelle fois
reflétait aussi bien la fin que le commencement

ailleurs
les pierres mêmes avaient sommeil

Bernard Noël
trouvé chez Arbrealettres

 

 

 

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