moshi moon 

5 février 2017 § Poster un commentaire

sur le papier du moshi au litchi … avec un peu d’encre et de colle … 

Rue Pestre 1

28 janvier 2017 § Poster un commentaire

il y a des mois, le fils de ma voisine du dessus a un peu oublié le robinet d’ho ! … qu’à cela ne tienne ! … le ciel peut me tendre la perche encore une fois…

rupestre-par-kajanc

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AUTRE CHÂTEAU

Je ne suis pas, je ne suis pas de braise ardente,
je suis fait de linge et de rhumatismes,
de papiers déchirés, de rendez-vous manqués,
de modestes signes rupestres
sur ce qui fut pierres d’orgueil.

Que reste-t-il du château de la pluie,
de cette adolescence avec ses tristes rêves,
de cette intention entrouverte
d’être aile déployée, d’être un aigle en plein ciel,
une flamme héraldique?

Je ne suis pas, je ne suis pas l’éclair de feu
bleu, planté comme un javelot,
dans le cœur de quiconque échappe à l’amertume.

La vie n’est pas la pointe d’un couteau
ni le heurt d’une étoile,
elle est vieillissement dans une garde-robe,
soulier mille fois répété,
médaille qui se rouille
dans les ténèbres d’un écrin.

Je ne demande ni rose nouvelle ni douleurs,
ni indifférence, elle me consume,
chaque signe a été écrit,
le sel avec le vent effacent l’écriture
et l’âme est maintenant un tambour muet
au bord d’un fleuve, de ce fleuve
qui continuera de couler où il coulait.

Pablo Neruda … le beau poème trouvé sur arbralettres

merci à Serge pour le titre…

effroi

27 janvier 2017 § 3 Commentaires

dessiné au crayon gris inopinément ce matin dans le métro…

leffroi-par-kajanc

–  » est-ce qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale ? … j’ai rêvé qu’il y avait des combats dans la rue en-bas …  »

je la regarde … je réfléchis … que lui dire au juste ? … comment répondre avec honnêteté ? 

– » pas besoin de compter … dans ce monde il y a toujours eu la guerre… « 

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Pendant la guerre
(la mondiale)
nous vivions. Déjà.

On colore de vieux films d’elle

mais l’odeur des ruines
on ne peut la représenter
suffocante.

Mais la faim ne crie pas aux entrailles du spectateur.

C’est comme l’histoire d’une antiquité très ancienne
Qu’un érudit raconterait
à des gens dont le corps, le corps n’est pas
ne peut pas être
de la partie.

Marie-Claire Bancquart

 

moléculaire quotidien

24 janvier 2017 § 1 commentaire

orange-moleculaire-par-kajanc

dessinés dans le métro aujourd’hui…

loin de l’idée du rendez-vous, de l’échéance, de la course effrénée des secondes, de la prochaine station, du dernier coup de frein… il me vient une vision, une sensation que nos amas moléculaires se côtoient comme se fréquentent les galaxies… je suis juste suspendue entre le premier mouvement et l’anti-matière… plus rien ne peut être plus important que de danser la danse du cosmos…   

vert-moleculaire-par-kajanc

un silence d’une multitude d’étincelles… une impression de rien profond…

mauve-moleculaire-par-kajanc

un regard ultime sur la fenêtre de mon fantasme infini…

2017 un bonheur simple comme …

16 janvier 2017 § 3 Commentaires

petit-cafe-mon-amour-par-kajanc

2017 … un bonheur simple comme un petit café …

parce qu’un de mes bonheurs simples est de descendre en-bas de chez moi boire un « cafezinho » et parfois de réinterpréter le sachet de sucre …

 

Ici
on cherche toujours quelque chose
dans les cafés, les églises, les places
et jusque dans les poubelles
on cherche en l’autre, en soi
dans la cohue des trottoirs
l’accalmie des ponts
dans l’eau stagnante des fontaines
et sur les bancs indiscrets
on cherche en bas, en haut, devant soi
un ticket de métro
une terre ou une femme perdues
un livre qu’on lira
sur un lit d’hôpital ou en prison
une chanson sans titre
un ouvre-boîtes solide
un oiseau qui ne chante que de nuit
On cherche
un regard qui fera basculer sa vie
un graffiti à soi seul adressé
un heurtoir arabe sur une porte italienne
une carte postale qu’on a envoyée il y a vingt ans
et que le destinataire a revendue
avec la date de sa mort inscrite dessus

Abdellatif Laâbi

 

lheure-du-the-par-kajanc

2017 … un bonheur simple comme l’heure du thé

 

 » Le premier bol humecte onctueusement mes lèvres et ma gorge. 

Le deuxième bannit toute ma solitude. 

Le troisième dissipe la lourdeur de mon esprit, affinant l’inspiration acquise par tous les livres que j’ai lus. 

Le quatrième produit une légère transpiration, dispersant par mes pores les afflictions de toute une vie. 

Le cinquième purifie tous les éléments de mon être. 

Le sixième m’inscrit dans la race des Immortels. 

Le septième est le dernier… je ne puis boire davantage. Une brise légère sort de mes aisselles »

LU TUNG

 

l’oiseau du retour

5 janvier 2017 § 5 Commentaires

dessiné dans le train qui me ramène de Paris … hommage aux splendides oiseaux dramatiques rencontrés à l’exposition fascinante de Jean-Luc Verna au MacVal

oiseau-noir-par-kajanc

Like a bird on the wire,
like a drunk in a midnight choir
I have tried in my way to be free.
Like a worm on a hook,
like a knight from some old fashioned book
I have saved all my ribbons for thee.
If I, if I have been unkind,
I hope that you can just let it go by.
If I, if I have been untrue
I hope you know it was never to you.

Like a baby, stillborn,
like a beast with his horn
I have torn everyone who reached out for me.
But I swear by this song
and by all that I have done wrong
I will make it all up to thee.
I saw a beggar leaning on his wooden crutch,
he said to me, « You must not ask for so much. »
And a pretty woman leaning in her darkened door,
she cried to me, « Hey, why not ask for more? »

Oh like a bird on the wire,
like a drunk in a midnight choir
I have tried in my way to be free.

Leonard Cohen

un signe au tournant de l’année

31 décembre 2016 § Poster un commentaire

asli-liberee-par-kajanc

j’ai découvert Aslı Erdoğan grace à Tieri Briet lorsqu’elle a été emprisonnée et menacée de perpétuité pour collaboration terroriste… j’ai lu ses textes qui m’ont inspirée… c’est une écrivaine puissante dont les mots font jaillir des images sur mon papier à dessin… ce dessin-là je voulais le lui envoyer en prison… c’est ainsi que je l’imaginais attendre le jour de sa libération…  là voici libérée sous conditions… une note d’espoir au tournant de cette année…

 

extrait du Courrier International du 30 décembre 2016 :

L’écrivaine turque a passé 132 jours derrière les barreaux. Accusée de “propagande terroriste”, elle risque toujours la prison à vie.
Je suis une écrivaine, ma raison d’être est de raconter”, avait clamé Aslı Erdoğan face à ses juges à Istanbul, jeudi 29 décembre.
Quelques heures plus tard, l’auteure était autorisée à quitter sa prison après 132 jours de détention provisoire pour “propagande terroriste”, rapporte le site Hürriyet Daily News. Aslı Erdoğan (49 ans) comparaissait aux côtés de huit journalistes et intellectuels, mis en cause comme elle pour avoir collaboré au journal prokurde Özgür Gündem. La publication a été “fermée (depuis) en raison de ses liens supposés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)”.

Tous les prévenus emprisonnés ont été remis en liberté provisoire, à l’exception du journaliste İnan Kızılkaya, qui reste incarcéré. “On m’accuse d’être membre d’une organisation terroriste sur la seule base que mon nom apparaît dans l’ours du journal”, avait dénoncé Erdoğan, dont la comparution a reçu un fort écho dans la presse internationale.

Le sort de la romancière demeure incertain malgré sa libération. Sous contrôle judiciaire, elle et ses coaccusés risquent toujours la prison à vie. Une nouvelle audience doit se tenir le 2 janvier.

 

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Justice et liberté,
Frères ne dites pas
Que l’aurore brille devant nous.
Justice et liberté
Frères osez
Demain nous rosserons le Diable à mort.

Venus des montagnes,
Montés des vallées,
Traînez le poids au pied :
Justice et liberté
Frères ne posez pas de questions
Nous seuls sommes le tribunal du monde.

Vastes terres,
Rues étroites,
Frères, c’est notre foulée.
Pleurer, rire,
Aimer, haïr,
Nous entraînons tous les dieux avec nous.

***

Recht und Freiheit,
Brüder sagt nicht
Vor uns scheint das Morgenrot.
Recht und Freiheit
Brüder wagt es
Morgen schlagen wir den Teufel tot.

Von den Bergen,
Aus den Tälern,
Schleppt am Fuß das Bleigewicht:
Recht und Freiheit
Brüder fragt nicht
Wir nun sind das Weltgericht.

Weite Lnder,
Enge Gassen,
Brüder, das ist unser Schritt.
Weinen, Lachen,
Lieben, Hassen,
Alle Götter ziehn wir mit.

Hannah Arendt