transjuranne

20 février 2018 § Poster un commentaire

sur la route entre la Suisse et la Bourgogne, détournement inopiné de la boîte à vacherin…

LE SILENCE

Un parapluie, une poire sur la table.
Et le personnage ici présent doit être le silence.
Mais ce morceau de fromage veut encore confirmer ce silence.
Eh bien, c’est trop.
Quand il est question de silence,
il ne faut pas le crier si haut ni le répéter avec du fromage.

Norge

oubliée

16 février 2018 § 2 Commentaires

oubliée dans le carnet
retrouvée inopinément
belle dans le chaos

Quand je passe près d’une ombre
claquant comme un linge au vent
elle souffle à mon regard :
je suis à toi tu me prends
la muraille qui m’enchaîne
m’a préparée pour te plaire.

Jean Tardieu

quelque chose de jaune …

6 février 2018 § Poster un commentaire

assortiment d’impressions jaunes trouvées sur ce journal de ci de là …

Sans pétales jaunes,
Le tournesol sous la bruine
A l’air dérouté.

***

Yellow petals gone,
The sunflower looks blankly
In a drizzling rain.

Richard Wright

Thérémine

4 février 2018 § 4 Commentaires

dessins inspirés par ma rencontre récente avec le théréministe Thierry Frenkel qui donnait une académie à Lausanne à l’occasion du festival N/O/D/E

il caresse l’air
s’élève alors une vibration particulière
étrange instrument
paraissant dialoguer avec ailleurs
la dimension intime du son
à l’aube de la musique

les amours étranges du thérémine et du lutrin
cherchent toujours
à se faire du pied

je regarde Thierry
et ses mains qui dansent dans l’air
parfois le pincent ou semblent indiquer
quelques directions kabbalistiques
et il y a ce son vibrant
je me souviens des mouvements
des mains des danseuses indiennes
elles aussi semblaient dialoguer avec ailleurs
la beauté en suspension dans l’espace
serait ainsi révélée par quelques gestes mystérieux

 

la musique

Il est en elle une flamme miraculeuse,
En sa présence le reste s’estompe.
Elle seule parle avec moi
Quand les autres ont peur de m’approcher.
Quand le dernier ami a détourné ses yeux,
Elle a été avec moi dans ma tombe
Et elle a chanté comme le premier orage
Ou comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.

Anna Akhmatova

la veillée

2 février 2018 § 3 Commentaires

2017 s’est terminé avec un 500ème article publié ici…
au moment du solstice… je remercie mes suiveurs fidèles pour leur foi
en la Beauté… en un ailleurs transcendé…
puis j’ai pris janvier pour me questionner sur la diffusion de mes dessins, de la direction de ma démarche…
le retour possible d’une nouvelle lumière…
je dis souvent qu’une des questions essentielles à se poser est :
« à quoi ça sert ? » …
tous ces mots… toutes ces images comme une litanie absurde… des yeux fatigués qui cherchent une révélation
et auxquels n’est toujours et encore proposé que d’acheter, d’acquérir, d’incorporer…
toujours plus… encore et encore…
de se développer, de s’améliorer, de se mettre à jour…
comment ?!! j’ai été mise au jour il y a longtemps…
de voyager, de découvrir, d’essayer… de réserver très vite…
je n’ai pas vu la grande muraille, je n’ai pas respiré cette rose à Damas…
ma pensée est alitée :
ce matin est apparu cette veillée…
dessinée sur un sachet de papier du magasin biologique…

Nostalgie sourde

je cherche un bahut de franchise autour de moi
tous les yeux se dérobent en cruelles œillades
j’ai le cœur qui va battant tel un aiglon blessé

Tâter le pouls de la race humaine
m’enrôler dans cette horde matérialiste
de clinquant et d’ordure
m’acclimater m’acclimater
mais j’ai peur que mon rire de flammèche encor vivace
décime détruise
crée au sein de ce bal chahutant
une esclandre de casseurs de veillée

Gemma Tremblay

Éteindre en nous ce feu
Qui mord, qui dévore?
Mais que faire d’autre
Sinon rallumer
Un feu autrement
Plus puissant, plus libre,
Charnel-aérien,
À l’image de
La flamme initiale,
Ne trahissant rien,
Ne réduisant rien,
Mais transformant tout
En veillée
nuptiale.

François Cheng

 

un remerciement tout particulier à Arbrealettres et son merveilleux lexique poétique où je trouve si souvent des mots pour dialoguer avec mes dessins…

Solstice d’hiver

21 décembre 2017 § 3 Commentaires

AU MILIEU DE L’HIVER

Une lumière blême
jaillit de mes habits.
Solstice d’hiver.
Des tambourins de glace cliquetante.
Je ferme les yeux.
Il y a un monde muet
il y a une fissure
où les morts passent la frontière
en cachette.

Tomas Tranströmer

le soleil pèse très peu
dans la balance.
la nuit n’a plus sommeil.

solstice d’hiver.

Katell Antoine

 

 

elle va revenir… il faut qu’elle revienne… jusqu’à ce que je la trouve en moi en n’importe quelle saison… sous le soleil comme dans l’obscurité profonde… en toute matière… en chaque pensée… c’est un souffle sans respiration… la matière du commencement

 

nue comme un flocon 

6 décembre 2017 § Poster un commentaire

dessiné dans le métro ce matin pour  #FATventCalendar … ce pourrait être Dorian Wood …

 

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous vraiment, au plus intime de notre vacillement
Des grains d’étoiles jetés à l’orée du sens et du non-sens ?
De la poussière d’anciennes lunes en éclipse ?
Des copeaux de mémoires qui saignent ?
Des veilleurs aussi silencieux qu’intarissables ?
Des décrypteurs pulsant une même intensité d’altitude ?
Des voltigeurs d’extase ?

Pour celui qui n’a de cesse de recomposer son propre puzzle
en le tendant vers l’infini
le « qui suis-je » n’est plus une simple question,
mais un état, une implosion créatrice, une profession de foi.

Qui suis-je ?

Rien d’autre que le murmure polyphonique de cela.
Une onde en quête de droitures essentielles.

Zéno Bianu et André Velter