chienne

20 avril 2018 § 5 Commentaires

dessiné dans le métro ce soir en rentrant…

 

Quand ma chienne me regarde
ses yeux se posent en vérité
dans mon dos sur le vaisselier
ou sur la ligne des arbres
par la fenêtre ouverte.
Elle me regarde
comme à travers une porte en perles
et c’est l’au-delà qu’elle voit
et par moments qui l’inquiète.

Gérard Le Gouic
découvert grâce à Arbrealettres

Rhinocéros

21 mars 2018 § Poster un commentaire

la dernière victime de l’hiver des hommes…

Sudan, le dernier rhinocéros blanc mâle du Nord, est mort à l’âge de 45 ans au Kenya, ainsi que l’ont annoncé les responsables de l’Ol Pejeta Conservancy et le zoo Dvůr Králové. 
Dans un communiqué empli d’émotion diffusé sur son compte Twitter, la réserve pour animaux sauvages qui abritait Sultan a fait part de sa « grande tristesse », expliquant que l’animal était mort des suites de complications dues à son âge. Suite à d’importants problèmes musculaires et à une série de blessures ouvertes, Sudan ne pouvait plus se lever et souffrait énormément, ce qui a poussé les responsables de la réserve à prendre la décision de l’euthanasier.
Une décision d’autant plus compliquée que Sudan était le dernier représentant mâle de l’espèce des rhinocéros blancs du Nord. Trois spécimens de cette espèce ces trois dernières années, et en octobre 2014, le dernier spécimen mâle apte à la reproduction naturelle était décédé. Il ne reste aujourd’hui que des spécimens de rhinocéros blancs du Nord au monde, la femelle Najin et sa fille Fatu, qui vivent dans la même réserve que celle où s’est éteint Sudan. Les seuls espoirs de sauver l’espèce reposent donc sur des tentatives de fécondation in vitro grâce à la semence de rhinocéros blanc du Nord précédemment récoltée. (communiqué de presse mars 2018)

 

CHAQUE ANIMAL

Chaque animal sait prendre une autre forme
et pour cela son poète est choisi.
Les chants des geais, des rossignols s’entendent
et tout poème est bestiaire ardent.

Suis-je l’oiseau, le lion, la panthère
ou la fourmi ? D’amours zoologiques,
je suis épris sans savoir si je rampe
ou si je nage ou si je marche ou vole,

mais que je sois de pelage ou de plumes,
insecte ou ver, ingénument licorne,
hibou, saumon, rhinocéros, abeille,
je vois partout l’ombre du Grand Chasseur.

Robert Sabatier

 

le gribouillage transfiguré

19 mars 2018 § Poster un commentaire

une apparition au stylo bille sur le coloriage bleu de ma nièce Clara il y a une année déjà…
j’ai ce besoin irrépressible de transformer les images… peut-être que je cherche ainsi à me consoler de ne pouvoir transformer le monde…

L’acte de poésie est éminemment un acte de transformation ;
il est donc indispensable que la poésie se fournisse
dans le « pas encore transformé ».
Charles-Ferdinand Ramuz

un … deux … trois … rencontre !

6 mars 2018 § Poster un commentaire

trois intervenants … trois couleurs … trois paroles …
trois dessins inspirés par cette rencontre à l’atelier l’Eveil à Lausanne …

Les trois cercles

J’aurai vu.
J’aurai saisi, à force, les trois cercles:
le commun, le propre et celui de l’arcane.
J’aurai su le désir et le vide.

Parfois, trop proche de comprendre,
j’aurai baisé les lèvres de l’abîme.
Quelques chances m’auront sauvé.
Il me faudra beaucoup d’esprit,
à la dernière passe,
pour rire de l’infime chemin parcouru.

Franck André Jamme

 

à propos de la rencontre à l’atelier l’Eveil …

 

l’amour en Bourgogne

24 février 2018 § 8 Commentaires

si l’escargot ne bavait pas,
il serait une étoile

René Daumal

PAR L’INFLUENCE DU PRINTEMPS

Dans le vase de cristal
il y a des fleurs nouvelles. Cette nuit,
il y eut une pluie de baisers.
Elle réveilla un faune bicorne
à la poursuite d’une âme émotive.
Nombre de fleurs exprimèrent leur parfum.
Dans la passionnelle syrinx
grandirent sept voix
qui dans sept roseaux furent placées
par Pan.

D’anciens rites païens
se renouvelèrent. L’étoile
de Vénus brilla, plus limpide
et diamantine. Les fraises
des bois rendirent leur sang.
Le nid se mit en fête.
Un rêve florentin
refleurit de printemps,
de façon qu’en chair vive
resurgirent les aspirations perdues.
Imaginez un chêne
donnant une rose fraîche ;

un bon ægipan latin
avec une bacchante grecque
et parisienne. Une musique
magnifique. Une suprême
inspiration primitive,
emplie de choses modernes.
Un vaste orgueil viril
que parfume l’odor di femina ;
un trône de pierre où
repose un lys.

Divine Saison ! Divine
Saison ! L’aube sourit
plus tendrement. La traîne
du paon exalte
son prestige. Le soleil augmente
son intime influence, et la harpe
nerveuse vibre seule.
Ô Printemps sacré !
Ô jouissance du don sacré
de la vie ! Ô palme superbe
sur nos fronts ! Cou
du cygne ! Colombe blanche !
Rose rouge ! Pallium bleu !
Et tout pour toi, ô mon âme !
Et pour toi, mon corps, et pour toi,
idée qui les relies.
Et pour Toi, que nous cherchons
et jamais ne trouverons —
jamais !

Rubén Darío
Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

les mots trouvés chez Arbrealettres… mon pourvoyeur de Poésie

 

transjuranne

20 février 2018 § Poster un commentaire

sur la route entre la Suisse et la Bourgogne, détournement inopiné de la boîte à vacherin…

LE SILENCE

Un parapluie, une poire sur la table.
Et le personnage ici présent doit être le silence.
Mais ce morceau de fromage veut encore confirmer ce silence.
Eh bien, c’est trop.
Quand il est question de silence,
il ne faut pas le crier si haut ni le répéter avec du fromage.

Norge

oubliée

16 février 2018 § 2 Commentaires

oubliée dans le carnet
retrouvée inopinément
belle dans le chaos

Quand je passe près d’une ombre
claquant comme un linge au vent
elle souffle à mon regard :
je suis à toi tu me prends
la muraille qui m’enchaîne
m’a préparée pour te plaire.

Jean Tardieu