détail dans l’atelier

11 mars 2017 § 4 Commentaires

juste saisi maintenant, un peu de lumière sur le dessin accroché au mur de l’atelier… acrylique et crayon sur sac papier pour ordures… 

Pour qu’aucune lumière ne nous aime

Ils sont venus
portant drapeaux acérés et pistolets
ont abattu toutes les étoiles et la lune
pour qu’aucune lumière ne nous reste
pour qu’aucune lumière ne nous aime

Alors nous avons enterré le soleil
Ce fut une éclipse sans fin

***

Damit kein Licht uns liebe

Sie kamen
mit scharfen Fahnen und Pistolen
schossen alle Sterne und den Mond ab
damit kein Licht uns bliebe
damit kein Licht uns liebe

Da begruben wir die Sonne
Es war eine unendliche Sonnenfinsternis

Rose Ausländer

trouvé chez Arbrealettres… mon pourvoyeur de mots…

effroi

27 janvier 2017 § 3 Commentaires

dessiné au crayon gris inopinément ce matin dans le métro…

leffroi-par-kajanc

–  » est-ce qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale ? … j’ai rêvé qu’il y avait des combats dans la rue en-bas …  »

je la regarde … je réfléchis … que lui dire au juste ? … comment répondre avec honnêteté ? 

– » pas besoin de compter … dans ce monde il y a toujours eu la guerre… « 

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Pendant la guerre
(la mondiale)
nous vivions. Déjà.

On colore de vieux films d’elle

mais l’odeur des ruines
on ne peut la représenter
suffocante.

Mais la faim ne crie pas aux entrailles du spectateur.

C’est comme l’histoire d’une antiquité très ancienne
Qu’un érudit raconterait
à des gens dont le corps, le corps n’est pas
ne peut pas être
de la partie.

Marie-Claire Bancquart

 

moléculaire quotidien

24 janvier 2017 § 1 commentaire

orange-moleculaire-par-kajanc

dessinés dans le métro aujourd’hui…

loin de l’idée du rendez-vous, de l’échéance, de la course effrénée des secondes, de la prochaine station, du dernier coup de frein… il me vient une vision, une sensation que nos amas moléculaires se côtoient comme se fréquentent les galaxies… je suis juste suspendue entre le premier mouvement et l’anti-matière… plus rien ne peut être plus important que de danser la danse du cosmos…   

vert-moleculaire-par-kajanc

un silence d’une multitude d’étincelles… une impression de rien profond…

mauve-moleculaire-par-kajanc

un regard ultime sur la fenêtre de mon fantasme infini…

tache 

27 décembre 2016 § Poster un commentaire

tache par Kajan(c)un reste de peinture acrylique au fond du récipient … une pensée … une présence … rien …

le cœur de Noël

25 décembre 2016 § 2 Commentaires

coeur-de-noe%cc%88l-par-kajanc

Ce vide au cœur de l’amour est une chose merveilleuse,
il n’existe pas pour être comblé, c’est lui qui comble.
Comme la musique aboutit au silence,
tout tend vers cet instant où les mains tombent.

Plus rien à donner, plus rien à prendre.
Le monde est perçu en son origine,
et le temps n’est qu’un rêve de l’espace.

Heather Dohollau

pour Gisèle

papiers ruminés

12 décembre 2016 § 2 Commentaires

aperçus de mon travail en cours ( voir dessins mâchés ) dans l’atelier bourguignon … des dessins sur des formes préfabriquées … tentative poétique désespérée quand le but premier de l’objet est de décorer …  de remplir le gouffre vertigineux de l’ennui ménager …

Sur le papier tout dort…

…Neige de l’être
Qui fond
Où les couleurs affleurent

Errements de l’œil
Sur les pentes du visible
Bleu du ciel

Se posant dans un souffle
Sur le corps de la beauté…

Heather Dohollau chez Arbrealettres

There is a need for a reader for a gesture for a piece of paper
For a mirror You are face my leaf my indentation
I am the cloth so that you can be your void The surface
So that the hand rumples The fjord where the water hones itself
Root where the ground shudders Your white my black
The hollow for my difficulty the white so that I may be
This drawing that I would not be You are skin for
My alphabet I was the air so that you will not congest
Aveolus so that you may be arcade

Michel Deguy

spleen dominical

13 novembre 2016 § 2 Commentaires

sous forme d’apparition élégamment écorchée … 

Spleen

Tout m’ennuie aujourd’hui. J’écarte mon rideau.
En haut ciel gris rayé d’une éternelle pluie,
En bas la rue où dans une brume de suie
Des ombres vont, glissant parmi les flaques d’eau.

Je regarde sans voir fouillant mon vieux cerveau,
Et machinalement sur la vitre ternie
Je fais du bout du doigt de la calligraphie.
Bah! sortons, je verrai peut-être du nouveau.

Pas de livres parus. Passants bêtes. Personne.
Des fiacres, de la boue, et l’averse toujours…
Puis le soir et le gaz et je rentre à pas lourds…

Je mange, et bâille, et lis, rien ne me passionne…
Bah! Couchons-nous. — Minuit. Une heure. Ah! chacun dort!
Seul, je ne puis dormir et je m’ennuie encor.

Jules Laforgue

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