elle rêve

30 novembre 2017 § 7 Commentaires

saisie dans le métro ce soir… le regard perdu dans un lointain peu prometteur… de quoi rêve t’elle ? … personne autour ne la regarde ni même ne tente seulement de voir… un cocon humain… juste un battement de cils… j’ai la plume à la main et j’ai attrapé inopinément un mystère… de quoi rêve t’elle ?
elle veut la caresse d’une bête… mais pas de celle d’un animal de compagnie… elle veut l’essentiel tendre et éternel d’un être inaccessible…
elle rêve de l’amour tardigrade

Ici
on cherche toujours quelque chose
dans les cafés, les églises, les places
et jusque dans les poubelles
on cherche en l’autre, en soi
dans la cohue des trottoirs
l’accalmie des ponts
dans l’eau stagnante des fontaines
et sur les bancs indiscrets
on cherche en bas, en haut, devant soi
un ticket de métro
une terre ou une femme perdus
un livre qu’on lira
sur un lit d’hôpital ou en prison
une chanson sans titre
un ouvre-boîtes solide
un oiseau qui ne chante que de nuit

On cherche
un regard qui fera basculer votre vie
un graffiti à vous seul adressé
un heurtoir arabe sur une porte italienne
une carte postale que vous avez envoyée il y a vingt ans
et que le destinataire a revendue
votre date de mort inscrite sur un tronc d’arbre
dans un petit parc
que vous ne faites que traverser

Ici
on cherche toujours quelque chose
dans le carrousel délirant
du désir

Abdellatif Laâbi

 

balance ton homme 

18 octobre 2017 § 2 Commentaires

dessiné hier dans le métro…

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Life is a Witch 

3 septembre 2017 § 6 Commentaires

une déesse inopinée nécessaire à dimanche soir …

pour Manouche

Divinité

Déesse aux yeux d’or brun, clos ta paupière rose,
Fais des songes d’amour ; que ton sommeil soit doux ;
Que le rêve lointain comme un rayon se pose
Sur ton front languissant et sur tes cheveux flous.

Je voudrais être la nuit, afin de t’étreindre,
Je voudrais te presser sur mon coeur frémissant,
Entendre ton sanglot voluptueux se plaindre
Et retenir l’amour qui sourit en passant.

Renée Vivien

rien à ajouter 

31 juillet 2017 § 4 Commentaires

dessinés pendant les derniers jours de l’exposition …

la sourcière

26 juin 2017 § Poster un commentaire

 

Où demeurent les sources

J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu
contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots
plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes
offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux
et caressé la vague claire qui dépose à brassée
ses paroles légères comme braise d’un feu
qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins.

J’ai vu le dos luisant des rêves échoués comme blocs
erratiques dans le courant qui marque le passage
de la nuit au jour, sitôt dispersées les eaux profondes
du sommeil dans un flot d’images muettes.

Alain Fabre-Catalan

détail dans l’atelier

11 mars 2017 § 4 Commentaires

juste saisi maintenant, un peu de lumière sur le dessin accroché au mur de l’atelier… acrylique et crayon sur sac papier pour ordures… 

Pour qu’aucune lumière ne nous aime

Ils sont venus
portant drapeaux acérés et pistolets
ont abattu toutes les étoiles et la lune
pour qu’aucune lumière ne nous reste
pour qu’aucune lumière ne nous aime

Alors nous avons enterré le soleil
Ce fut une éclipse sans fin

***

Damit kein Licht uns liebe

Sie kamen
mit scharfen Fahnen und Pistolen
schossen alle Sterne und den Mond ab
damit kein Licht uns bliebe
damit kein Licht uns liebe

Da begruben wir die Sonne
Es war eine unendliche Sonnenfinsternis

Rose Ausländer

trouvé chez Arbrealettres… mon pourvoyeur de mots…

effroi

27 janvier 2017 § 3 Commentaires

dessiné au crayon gris inopinément ce matin dans le métro…

leffroi-par-kajanc

–  » est-ce qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale ? … j’ai rêvé qu’il y avait des combats dans la rue en-bas …  »

je la regarde … je réfléchis … que lui dire au juste ? … comment répondre avec honnêteté ? 

– » pas besoin de compter … dans ce monde il y a toujours eu la guerre… « 

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Pendant la guerre
(la mondiale)
nous vivions. Déjà.

On colore de vieux films d’elle

mais l’odeur des ruines
on ne peut la représenter
suffocante.

Mais la faim ne crie pas aux entrailles du spectateur.

C’est comme l’histoire d’une antiquité très ancienne
Qu’un érudit raconterait
à des gens dont le corps, le corps n’est pas
ne peut pas être
de la partie.

Marie-Claire Bancquart

 

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