10 ans de journal et des fleurs …

3 juillet 2019 § Poster un commentaire

comme le temps passe…
le 2 juillet 2009 je publiais le premier article de ce blog :

que dire et que montrer
en ce lieu étrange dit virtuel

qui serait alors comme l’illusion de l’illusion
et cela pourrait il ressembler à la réalité
que tous ces mots
et toutes ces images semblent dissimuler

 

Les fleurs sont tombées –
nos esprits maintenant
sont en paix

Koyû-Ni

Entre Mon Pays – et les Autres –
S’étend un Océan –
Mais – en Ambassadrices – les Fleurs –
Entre nous négocient.

***

Between My Country – and the Others –
There is a Sea –
But Flowers – negociate between us –
As Ministry.

Emily Dickinson

 

Poussière nous sommes et serons.

Ni air, ni feu, ni eau
mais
terre,
seulement terre
nous serons
et peut-être
des fleurs jaunes.

Pablo Neruda

un merci particulier à Arbrealettres chez qui j’ai découvert tant de merveilles poétiques qui ont accompagné mes dessins …

 

la cueilleuse

15 mai 2019 § Poster un commentaire

« la déesse des cueilleuses de fraises »
est apparue dans un cageot de fraises d’Espagne
en hommage aux femmes qui travaillent si dur
en tant que saisonnières agricoles…  

la cueilleuse par Kajan(c)

extrait de France Info du 8 février 2018 :

«Pendant environ cinq mois, ces ouvrières vont vivre en terre inconnue, séparées de leurs enfants et accomplissant un travail physiquement exigeant avec un seul objectif en tête: gagner le plus d’argent possible pour retourner au Maroc et aider à soutenir leurs familles», détaille Le Desk. 

Selon l’agence de presse espagnole EFE, 13.000 femmes, principalement issues du milieu rural marocain défavorisé, faisaient la queue cette semaine dans cinq villes du Maroc dans l’espoir de décrocher un emploi de saisonnier dans la récolte de fraises à Huelva, dans le sud de l’Espagne. Selon le site Huelva informacion, cité par Espacemre, la demande des producteurs serait de 16.000 saisonnières et non de 13.000. 

La préférence irait vers les mères de famille pour garantir le retour au pays à l’expiration du contrat. Le salaire brut journalier des ouvrières agricoles marocaine, en 2016, était de 39,48 euros. Elles perçoivent le même salaire que les travailleuses issues d’autres pays, notamment des pays de l’Est membres de l’UE, comme la Roumanie. Les Espagnols délaissent de plus en plus les emplois saisonniers, jugés trop pénibles, au profit des Marocains, Roumains ou Équatoriens. (…)

dérive
rien ne semble s’être méfait
la paysanne
à qui l’on vient de refuser
le troc de ses œufs
n’a même pas l’air triste
et ceux qui dans la boutique
détournent le regard
ignorent encore
qu’ils dérivent aussi
vers la même lésion du temps
Hédi Kaddour

présentées à Aperti XIII le 18 et 19 mai 2019

plus de détails sur www.aperti.ch

rhinocérose

8 septembre 2018 § 7 Commentaires

rhinoCeleste

je suis tombée il y a quelques temps sur une annonce qui proposait de peindre un grand rhinocéros en résine sur le toit du bar Le Rhino Féroce dans le quartier festif de Lausanne… sans trop réfléchir j’ai dit à ma fille : – on le fait ? … ouiiiiiiii ! m’a-t’elle répondu joyeusement !
et nous voilà embarquées dans le projet Collectif CosmiK !
un rhinocéros à se partager … une face chacune …

rhinoKajan

ce rhinocéros comme une licorne des temps actuels …
en début d’année disparaissait le dernier rhinocéros blanc …
je ne peux m’empêcher de faire un lien
comme si l’esprit de Sudan appelait soudain depuis le toit de la ville …
tant d’animaux disparus appellent …
les entendez-vous derrière les tintements des verres à champagne ?

Collectif CosmiK présente le rhino féminin de la sélection

alors
votez pour nous jusqu’au 13 septembre sur https://rhinoferoce.ch/vote/

 

Chaque animal sait prendre une autre forme
et pour cela son poète est choisi.
Les chants des geais, des rossignols s’entendent
et tout poème est bestiaire ardent.

Suis-je l’oiseau, le lion, la panthère
ou la fourmi ? D’amours zoologiques,
je suis épris sans savoir si je rampe
ou si je nage ou si je marche ou vole,

mais que je sois de pelage ou de plumes,
insecte ou ver, ingénument licorne,
hibou, saumon, rhinocéros, abeille,
je vois partout l’ombre du Grand Chasseur.

Robert Sabatier

 

 

un bonheur simple comme un cafezinho

6 juin 2017 § 6 Commentaires

dessiné en-bas de chez moi samedi 27 mai devant la boulangerie portugaise où je vais boire mon petit café … les belles images sont de Luis Henkes (c) … merci à Mena et à tous ceux qui ont apporté leurs coups de pinceau …

Tout ce que je fais apparaître
Dans mon silence
Est prêt à se donner
Avec un sourire
Porteur du bonheur de silence.
(Guillevic)

ce dessin est le point d’orgue de toute une rêverie commencée en début d’année dans mes vœux et les petites histoires dessinées sur les sachets de sucre

accrochage virtuel

13 février 2016 § Poster un commentaire

Voici les trois dessins que j’ai présentés à Accrochage 2016peut-être un peu naïvement… et qui n’ont pas été retenus… je vous les livre donc ici… ils ont été réalisés avec Serge Sautereau « à quatre mains » dans la continuité d’un travail commencé avec Nicolas Favre sur le Kamasutra… toutefois ces dessins ont pris un autre chemin… régressif, onirique et passionnant…

dessins de Kajan et Serge Sautereau – crayon de couleurs format 50×70 cm

rouge à deux par Kajan(c) et Sautereau(c)

régression par Kajan(c) et Sautereau(c)

régression à deux par Kajan(c) et Sautereau(c)

MATRICE ET RÊVE

Choses imperceptibles, taillées
chaque nuit :
souffle, traversée
souterraine de l’hiver : mots-puits
tombant dans la lumière minée
de ruisselet-berceuse
et gouffre.

Tu passes.
Entre peur et mémoire,
l’agate
de ton pas devient
pourpre
dans la poussière de l’enfance.

Soif : et coma : et feuille —
des bribes
de ce qu’on ne sait plus : le message non signé
enfoui dans mon corps.

Le linge blanc
étendu sur la corde. L’armoise
écrasée
dans le champ.

L’odeur de menthe
venant des ruines.

Paul Auster

en spirale

19 septembre 2015 § Poster un commentaire

recherche actuelle

pour un ensemble musical qui propose des concerts à domicile… http://www.leconcertdepoche.ch

clé de fa d'or par Kajan(c)

la musique et ses infinies spirales … ou une allusion à la clé de fa…

coquillage par Kajan(c)

Coquillage cassé
Sur les sables endormis
Dans les bras de la haute mer
Ce gîte ancien
Qui fut le mien peut-être
N’est plus qu’une moitié
De sa spirale première
Au nacre rose
Et je sais que le sable
Remué par la marée prochaine
Emplira parfaitement
Ce trou d’absence
Je sais le vent n’y fera même plus
Ce bruit de grève et rêve
Dont mes oreilles
Orgueilleusement refermées
N’ont cependant pas sacrifié encore
A la clameur du temps
La monodie mélancolique

Coquillage cassé
Sur les sables lointains
De la haute mer
Où donc est passée
La limace
La limace ourlée et fragile
Qui t’habitait ?

S’est-elle exhalée vers
Les rives imaginaires du ciel d’été
Soudain lassée de ta géométrie ?
Coquillage cassé
Sur les sables
Aux confins de la mer
Je ne saurais te dire
Un tel adieu

Gilles Vigneault

vide… grenier du jour…

29 août 2015 § 1 commentaire

sur le flanc de la surface commerciale… côté obscur du marché… dans un square aux bancs rouges… où se croisent aux diverses heures du jour et de la nuit des populations pas toujours compatibles… du moins en apparence… des jeux, des livres, des lampes et des biscuits au citron, des poupées et de la vaisselle, plein d’objets, de souvenirs… le soleil… peu de passants… ils préfèrent acheter où il fait frais… le cours des figurines de plastique est en chute libre… moins de 10 fois leur valeur d’achat… il faut appâter le chaland… comment… ma voisine est agacée… la chaleur ravive  des odeurs de merde de chien… en face les pâtisseries restent appétissantes… des sourires et des mots amicaux… quelques sous en poche et de la sueur… reliques de notre monde consommateur

sous l'arbre par Kajan(c)

Dans quelques coins du grenier
j’ai trouvé des ombres vivantes
qui remuent.

Pierre Reverdy

la buvette parasol par Kajan(c)

Ultimes moulins et greniers

Où demeurent, cherchés par l’enfance,
les ultimes moulins et greniers,
les ultimes auberges qu’habite
la science ignorée par les livres?

Jean-Claude Renard

les cartons par Kajan(c)

BOITES

On peut tout mettre dans les boîtes
Des cancrelats et des savates
Ou des oeufs durs à la tomate
Et des objets compromettants
On peut y mettre aussi des gens
Et même les gens bien vivants
Et intelligents
Oui oui décidément la boîte
Est bien le plus indispensable
Des progrès faits depuis les temps
Que l’on nomme préhistoriques
Faute d’un terme plus subtil
Pour désigner la vague époque
Où le dinosaure dînait
Dans les marais de l’Orénoque
Où le brontosaure brutal
Broutait des brouets brépugnants
Où le ptérodactyle enfin
Ancêtre extrêmement voisin
Du sténodactyle ordinaire
Ouvrait pareil à Lucifer
Des ailes de vieux cuir de veau
Dans un crépuscule indigo
En faisant claquer ses mâchoires
Pour effrayer nos grands-parents
Différence fondamentale
Avec notre vie d’aujourd’hui
La boîte, messeigneurs, n’existait pas encore.

BOITES

Je vous aime toutes, je vous aime
Vous vous suffisez à vous-mêmes
Et jamais ne nous encombrez.

Car pour ranger les BOITES
les BOITES
les BOITES
On les met dans des BOITES
Et on peut les garder.

Boris Vian

Où suis-je ?

Catégorie manifestation sur journal du dessin rencontre.