2014

3 janvier 2014 § Poster un commentaire

le dessin collectif amorcé le 31 décembre …

dessin collectif 2014

pour la troisième fois une étincelle dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier… avec la participation de Wladd Muta , de Natascha Plum et de Jean-Luc Marbot…

Wladd maître du centre noir

Wladd pose l’acte fondateur en maître du cœur noir…

Natascha au coeur du dessin

Natascha pose quelques tuteurs à la floraison chaotique…

Jean-Luc et le rêve

Jean-Luc nourrit délicatement le rêve…

une histoire à suivre, à continuer ces prochains mois… comme en 2012 et en 2013…

Demain tous ces mots en lesquels je t’aime
seront vivants, toi morte.
Corps, tu étais en vie pour ne plus l’être,
Si belle ! Seuls demeurent ces vers.
Fernando Pessoa

au matin du premier janvier...

au commencement...

 

 

 

 

 

un regard et soudain une fleur…

18 février 2013 § Poster un commentaire

petit croquis de cet après-midi…

fleurs de carnet par Kajan(c)

La fleur que tu es je veux, non la fleur que tu me donnes.
Pourquoi donc me refuser ce que je n’exige point ?
Tu auras tout le temps de refuser
Après que tu auras donné.
Fleur, sois cette fleur ! Si te cueille avaricieux
La main de l’omineuse sphinge, alors toi, ombre
Pérenne, absurde tu devras errer,
En quête de la fleur que tu as déniée.

Fernando Pessoa

 

 

lucide

11 septembre 2012 § 4 Commentaires

Passe un papillon devant moi
Et pour la première fois dans l’Univers je remarque
Que les papillons n’ont pas plus de couleur que de mouvement,
De même que les fleurs n’ont pas plus de parfum que de couleur.
C’est la couleur qui a de la couleur sur les ailes du papillon,
Dans le mouvement du papillon c’est le mouvement qui se meut,
C’est le parfum qui a du parfum dans le parfum de la fleur.
Le papillon, est, sans plus, papillon,
Et la fleur, fleur, sans plus.

(Fernando Pessoa)

 

dessin rencontre de ce jour

me révélant

…parce que j’aime tellement ça…

quelle couleur a cette rencontre

quel mouvement dessine mon pinceau

 

mouvement et couleur…  spectre du papillon

 

à Fabrice

 

traits tirés

7 mai 2012 § 2 Commentaires

SONNET VIII

Combien de masques portons-nous, et de masques
Sous le masque, sur la figure de notre âme, et quand,
Si pour son propre amusement l’âme elle-même se démasque,
Sait-elle qu’est tombé le dernier et qu’enfin son visage

Est nu ? Le vrai masque ne sent rien en deçà du masque,
Mais regarde à travers le masque avec des yeux masqués
Aussi. Quelque conscience qui entreprenne la tâche,
Œuvrer à cette tâche au sommeil l’attache.

Comme un enfant effrayé par le reflet de son visage,
Nos âmes, qui sont des enfants – car elles égarent leurs pensées,
Remettent de la différence sur leurs trop visibles grimaces

Et gagnent tout un monde en oubliant leurs causes.
Et quand une pensée démasquerait notre âme se masquant,
Même elle n’irait pas sans masque démasquer.

FERNANDO PESSOA     35 Sonnets   (original en anglais)

How many masks wear we, and undermasks,
Upon our countenance of soul, and when,
If for self-sport the soul itself unmasks,
Knows it the last mask off and the face plain?
The true mask feels no inside to the mask
But looks out of the mask by co-masked eyes.
Whatever consciousness begins the task
The task’s accepted use to sleepness ties.
Like a child frighted by its mirrored faces,
Our souls, that children are, being thought-losing,
Foist otherness upon their seen grimaces
And get a whole world on their forgot causing;
And, when a thought would unmask our soul’s masking,
Itself goes not unmasked to the unmasking.


souvenir réel ou rêve virtuel?

29 février 2012 § 7 Commentaires

 

L’enfant que je fus pleure sur la route.
Je l’y laissais quand je vins être qui je suis;
Mais aujourd’hui, voyant que ce que je suis n’est rien,
Je veux aller chercher qui je fus là où il est resté.

Ah, comment faire pour le rencontrer? Qui s’est
Trompé en venant, au retour se trompera.
Et je ne sais plus d’où je suis venu ni où
Je me trouve. Ignorance où mon âme est en panne.

Que ne m’est-il donné d’atteindre en ces parages
Une élévation, d’où je puisse enfin voir
De mes yeux mes oublis, pour les remémorer!

Car, dans l’absence au moins, j’aurai de moi nouvelle:
Oui me voyant tel que je fus dans le lointain,
Trouver en moi un peu de quand j’étais ainsi!

 

Fernando Pessoa (Cancioneiro)

treize

14 avril 2011 § Poster un commentaire

Se déployant

Se déployant devant l’ensemble fictif des cieux constellés,

La splendeur du sens inexistant de la vie…

Jouez dans une kermesse ma propre marche funèbre!

Je veux en finir sans me soucier des conséquences…

Je veux aller à la mort comme à une fête au crépuscule.

Fernando Pessoa

Saudoso

24 février 2011 § 2 Commentaires

Saudoso já deste verão que veio,
Lágrimas para as flores dele emprego
Na lembrança invertida
De quando hei de perdê-las.
Transpostos os portais irreparáveis
De cada ano, me antecipo a sombra
Em que hei de errar, sem flores,
No abismo rumoroso.
E colho a rosa porque a sorte manda.
Marcenda, guardo-a; murche-se comigo
Antes que com a curva
Diurna da ampla terra.

 

Ricardo Reis



Où suis-je ?

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