un signe au tournant de l’année

31 décembre 2016 § Poster un commentaire

asli-liberee-par-kajanc

j’ai découvert Aslı Erdoğan grace à Tieri Briet lorsqu’elle a été emprisonnée et menacée de perpétuité pour collaboration terroriste… j’ai lu ses textes qui m’ont inspirée… c’est une écrivaine puissante dont les mots font jaillir des images sur mon papier à dessin… ce dessin-là je voulais le lui envoyer en prison… c’est ainsi que je l’imaginais attendre le jour de sa libération…  là voici libérée sous conditions… une note d’espoir au tournant de cette année…

 

extrait du Courrier International du 30 décembre 2016 :

L’écrivaine turque a passé 132 jours derrière les barreaux. Accusée de “propagande terroriste”, elle risque toujours la prison à vie.
Je suis une écrivaine, ma raison d’être est de raconter”, avait clamé Aslı Erdoğan face à ses juges à Istanbul, jeudi 29 décembre.
Quelques heures plus tard, l’auteure était autorisée à quitter sa prison après 132 jours de détention provisoire pour “propagande terroriste”, rapporte le site Hürriyet Daily News. Aslı Erdoğan (49 ans) comparaissait aux côtés de huit journalistes et intellectuels, mis en cause comme elle pour avoir collaboré au journal prokurde Özgür Gündem. La publication a été “fermée (depuis) en raison de ses liens supposés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)”.

Tous les prévenus emprisonnés ont été remis en liberté provisoire, à l’exception du journaliste İnan Kızılkaya, qui reste incarcéré. “On m’accuse d’être membre d’une organisation terroriste sur la seule base que mon nom apparaît dans l’ours du journal”, avait dénoncé Erdoğan, dont la comparution a reçu un fort écho dans la presse internationale.

Le sort de la romancière demeure incertain malgré sa libération. Sous contrôle judiciaire, elle et ses coaccusés risquent toujours la prison à vie. Une nouvelle audience doit se tenir le 2 janvier.

 

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Justice et liberté,
Frères ne dites pas
Que l’aurore brille devant nous.
Justice et liberté
Frères osez
Demain nous rosserons le Diable à mort.

Venus des montagnes,
Montés des vallées,
Traînez le poids au pied :
Justice et liberté
Frères ne posez pas de questions
Nous seuls sommes le tribunal du monde.

Vastes terres,
Rues étroites,
Frères, c’est notre foulée.
Pleurer, rire,
Aimer, haïr,
Nous entraînons tous les dieux avec nous.

***

Recht und Freiheit,
Brüder sagt nicht
Vor uns scheint das Morgenrot.
Recht und Freiheit
Brüder wagt es
Morgen schlagen wir den Teufel tot.

Von den Bergen,
Aus den Tälern,
Schleppt am Fuß das Bleigewicht:
Recht und Freiheit
Brüder fragt nicht
Wir nun sind das Weltgericht.

Weite Lnder,
Enge Gassen,
Brüder, das ist unser Schritt.
Weinen, Lachen,
Lieben, Hassen,
Alle Götter ziehn wir mit.

Hannah Arendt

 

avant et après … Avallon

20 septembre 2016 § 4 Commentaires

la bête est apparue pendant la balade dans Avallon … sur le plan de l’office du tourisme … inopinément … 

Les bêtes autrefois
s’arrêtaient dans les clairières
et demeuraient là longtemps
signes lumineux
sur des pavillons d’or.

Mesurées patientes
elles se sont retirées dans l’obscur
et leur absence aujourd’hui
brûle nos yeux.

Jean-Paul Hameury … trouvé chez arbrealettres

 

Keziah et l’ours

25 avril 2016 § Poster un commentaire

Keziah et l'ours par Kajan(c)

un dessin de commande… portrait rêvé de l’enfant… promenade à partir d’une photographie… retrouvailles oniriques…

 

moucharabieh

11 août 2015 § 6 Commentaires

moucharabieh par Kajan(c)

cachée et pourtant visible… lointaine et proche à la fois… multiple et une en même temps… comme cela résonne avec mon présent… ce dessin improvisé dans un cahier de coloriage…

le cahier de coloriage encore vierge...

tombée inopinément sur ce cahier dans une vitrine de la petite ville de province… une mode « nouvelle » le coloriage… remontée de nos enfances… une pratique relaxante… tenterions-nous de poser dans ces cahiers les couleurs qui manquent dehors ?

en transparence par Kajan(c)

ÉLÉGIE

Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?

Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.

Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?

Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.

Tu pleures ?

Eugenio Montale

pleine lune

18 novembre 2013 § Poster un commentaire

improvisation sous la lune d’une carte médecine « le lapin »      ( dessin de départ d’ Angela C. Werneke… )

Lapin shamane par Kajan (c)

Brillante de beauté comme lune d’automne,
qu’en mon esprit la déesse des paroles,
écartant le rideau de ténèbres,
illumine le sens de toutes choses.

extrait de Sahityadarpana de Viswanatha

la nouvelle Eve

30 janvier 2013 § 1 commentaire

la nouvelle Eve n°2 par Kajan(c)

ce dessin né d’un billet de 50 francs suisses… fantasme de valeur… tente de donner le change…

J’ai bu une Gorgée de Vie –
Savez-vous ce que j’ai payé –
Exactement une Existence –
Le prix, ont-ils dit, du marché.

Ils m’ont pesée, grain par grain de Poussière –
Ont mis en balance Peau contre Peau,
Puis m’ont donné la valeur de mon Être –
Une unique Goutte de Ciel!

Emily Dickinson             (merci une fois de plus à Arbrealettres… mon pourvoyeur poétique… )

reprise du processus « le prix du paradis » après une petite parenthèse enchantée et vivifiante à Paris…

fétiche

5 novembre 2012 § Poster un commentaire

à Jean-Luc Verna                                                                                            qui m’a inspiré en rêve ainsi qu’à ma vessie transcendantale

La possession et la contemplation du fétiche provoquent soit l’orgasme sexuel, soit simplement des jouissances sentimentales platoniques.

Les esprits des fleurs

VOYEZ-VOUS de l’or de ces urnes
S’échapper ces esprits des fleurs,
Tout trempés de parfums nocturnes,
Tout vêtus de fraîches couleurs?

Ce ne sont pas de vains fantômes
Créés par un art décevant,
Pour donner un corps aux arômes
Que nos gazons livrent au vent.

Non chaque atome de matière
Par un esprit est habité ;
Tout sent, et la nature entière
N’est que douleur et volupté !

Chaque rayon d’humide flamme
Qui jaillit de vos yeux si doux;
Chaque soupir qui de mon âme
S’élance, et palpite vers vous;

Chaque parole réprimée
Qui meurt sur mes lèvres de feu,
N’osant même à la fleur aimée
D’un nom chéri livrer l’aveu ;

Ces songes que la nuit fait naître
Comme pour nous venger du jour,
Tout prend un corps, une âme, un être,
Visibles, mais au seul amour !

Cet ange flottant des prairies,
Pâle et penché comme ses lis,
une de mes rêveries
Restée aux fleurs que je cueillis.

Et sur ses ailes renversées
Celui qui jouit d’expirer,
Ce n’est qu’une de mes pensées
Que vos lèvres vont respirer.

Alphonse de Lamartine

Où suis-je ?

Catégorie portrait rêvé sur journal du dessin rencontre.