au bistrot

15 août 2018 § 1 commentaire

en rentrant de ma campagne profonde, je me suis arrêtée à Dijon et dans ce bistrot typo particulier j’ai eu besoin de transformer l’alphabète du set de table …

 

 

le set de table avant vision en quelques lettres …

là-bas un cow-boy amoureux, sa passion aboie comme un chien rouge… ici des gens qui mangent vite, qui attendent des tables tout aussi pressées… la danse des serveurs… courir… manger… là-bas un lecteur est plongé dans un recueil de poésie, se souvient de sa mère devenue cosmonaute… un cerf, un bélier, un horizon prometteur de non-sens plus beau que tout ce qui se passe autour de moi…
une urgence…
un seul mot d’ordre…


Rêver toujours !

 

 

 

Que la Terre ne sache pas que je vis !
Qu’elles ne sentent pas, les mers, que je navigue !
Qu’il ne comprenne pas, le ciel, que je le regarde !
Qu’à son horloge le temps ne me découvre pas
ni que l’air ne s’agite, si je respire !
Je suis tout juste un visiteur, je ne reste pas,
je quitte le monde sans y être venu…
Mais c’est en vain : le soleil frappe mon corps
et mon ombre lui sert de témoin.

    *

Soy visitante

¡Que la tierra no sepa que estoy vivo!
¡Que no sientan, los mares, que navego!
¡Que no comprenda, el cielo, que le miro!
¡No me descubra en su reloj el tiempo
y no se agite el aire, si respiro!
Soy visitante apenas, no me quedo,
me voy del mundo sin haber venido…
Pero es en vano: el sol toca mi cuerpo
y mi sombra le sirve de testigo.

***

Ricardo Paseyro (1924-2009) – En la alta mar del aire y Mortal amor de la batalla (1965) – Dans la haute mer de l’air et Mortel amour de la bataille (Editions de Corlevour, 2003) – Traduit de l’espagnol (Uruguay) par Yves Roullière.

ce poème trouvé ici … merci à BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

 

 

j’emballe

20 juin 2018 § 2 Commentaires

je recycle …
les emballages et les mauvaises nouvelles …
les papiers et les plastiques …
je dessine des anges …
je révèle des anges …
partout …
j’espère que vous les verrez …
ici et ailleurs …
j’espère que vous les trouverez …
enfin

sur ma chaîne Youtube découvrez un peu de mon univers …

ANGE VIGILANT

Je croyais qu’il suffisait d’un sourire pour se faire entendre
même quand on se tait

Le jour où j’ai su que c’était impossible
j’ai tapé
tapé comme un sourd

Dans l’ignorance du bien et du mal

Sous mes pieds des fleurs de pissenlit
mais qu’y avait-il au-dessus de ma tête ?

Je piétinais tout ce qui est au sol
et j’adorais tout ce qui est au ciel

Dans l’ignorance du bien et du mal

L’ange ? Il n’a fait que regarder ailleurs

Tanikawa Shuntarô ( trouvé chez Arbrealettres )

 

regards en covoiturage

4 juin 2018 § Poster un commentaire

 

deux apparitions en dessin pendant mon retour en covoiturage hier… l’autoroute
puis la traversée du jura… deux présences soudaines dont les regards sont intenses…

J’aime dessiner sans me poser de question… laisser le trait courir tout seul…
découvrir ce qui traverse ma pensée sans intention consciente… dans la voiture cet exercice est périlleux…
les vibrations ajoutent au mouvement des effets inattendus… 

 

 

Tu regardes un caillou ramassé par hasard
A l’abri d’un buisson

Et puis tu t’aperçois
Que plus tu le regardes
Et plus sa force est grande

A t’éclater les yeux que tant de choses appellent
Et que l’ombre choisit

Quand le soleil est cet œil lourd
Clamant midi.

Guillevic

 

 

 

 

dans le sac

27 mai 2018 § Poster un commentaire

Il faut toute la puissance d’un graphisme exotique pour évoquer les arômes d’un café ougandais contenu désormais dans une capsule en aluminium…
quelqu’un l’a laissé sur ma table ce sac haut en couleurs… j’y ai soudainement entrevu l’esprit d’un shamane…
je crois qu’il appelle afin de nous réveiller…

 

croyons-nous pouvoir encore longtemps dissimuler des cris sous une cosmétique impeccable?
j’entends des murmures sauvages nous appeler…
saurons-nous y répondre? …
le café, cette belle plante tropicale devrait pourtant stimuler notre système nerveux… nous inspirer ? … 

La créole qui danse
Encore à minuit
dansera jusqu’à l’aurore
jusqu’à midi et jusqu’à l’autre nuit

Les seins bandés
Et les yeux clos
Elle parcourt un beau pays
où la tendresse se mêle à la colère

Elle sera toute surprise
après la danse après l’ivresse
de retrouver la rue froide
La nuit précoce et les draps froids

Comme une Vénus inconnue
Surgissant de la conque blanche du lit
Elle reposera son beau corps
En rêvant d’un Olympe noir comme elle

Et des anges noirs comme du charbon
soulevant cette déesse de couleur
l’emporteront vers un pays de ténèbres
où brille un soleil éclatant et bleu

Là les amants sont tendres et méchants
Et ils comprennent ses chansons
L’amour ne les fatigue pas
Et la mer a le parfum des corps virils

Voilà la vie de la créole qui danse
Qui danse encore à minuit
Qui dansera jusqu’à l’aurore
Jusqu’à demain midi et toute l’autre nuit.

Robert Desnos

 

la folle échappée

20 mai 2018 § Poster un commentaire

une fois de plus échappée … envolée de la soirée … mon hôte est resté bouche bée … tout ça à cause du marché du lard … mes cheveux bien dressés ont libéré mes idées … noires ou bleues comme l’encre de mon stylo bille courant sur le carton … sauvée

cordial

24 avril 2018 § Poster un commentaire

cœur de ce jour, le mien est lourd mais plein d’espoir, d’amour …
pour Amandine

CŒUR

Il ne sait pas mon nom
Ce cœur dont je suis l’hôte,
Il ne sait rien de moi
Que des régions sauvages.
Hauts plateaux faits de sang,
Épaisseurs interdites,
Comment vous conquérir
Sans vous donner la mort?
Comment vous remonter,
Rivières de ma nuit
Retournant à vos sources
Rivières sans poissons
Mais brillantes et douces.
Je tourne autour de vous
Et ne puis aborder,
Bruits de plages lointaines,
O courants de ma terre
Vous me chassez au large
Et pourtant je suis vous,
Et je suis vous aussi
Mes violents rivages,
Écumes de ma vie.

Beau visage de femme,
Corps entouré d’espace,
Comment avez-vous fait,
Allant de place en place,
Pour entrer dans cette lie
Où je n’ai pas d’accès
Et qui m’est chaque jour
Plus sourde et insolite,
Pour y poser le pied
Comme en votre demeure,
Pour avancer la main
Comprenant que c’est l’heure
De prendre un livre ou bien
De fermer la croisée.
Vous allez, vous venez,
Vous prenez votre temps
Comme si vous suivaient
Seuls les yeux d’un enfant.

Sous la voûte charnelle
Mon cœur qui se croit seul
S’agite prisonnier
Pour sortir de sa cage.
Si je pouvais un jour
Lui dire sans langage
Que je forme le cercle
Tout autour de sa vie!
Par mes yeux bien ouverts
Faire descendre en lui
La surface du monde
Et tout ce qui dépasse,
Les vagues et les deux,
Les têtes et les yeux!
Ne saurais-je du moins
L’éclairer à demi
D’une mince bougie
Et lui montrer dans l’ombre
Celle qui vit en lui
Sans s’étonner jamais.

Jules Supervielle

quelques cœurs glanés dans ce journal virtuel… cliquez pour faire défiler les images

chienne

20 avril 2018 § 9 Commentaires

dessiné dans le métro ce soir en rentrant…

 

Quand ma chienne me regarde
ses yeux se posent en vérité
dans mon dos sur le vaisselier
ou sur la ligne des arbres
par la fenêtre ouverte.
Elle me regarde
comme à travers une porte en perles
et c’est l’au-delà qu’elle voit
et par moments qui l’inquiète.

Gérard Le Gouic
découvert grâce à Arbrealettres

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