hygiène et sécurité

10 décembre 2019 § Poster un commentaire

la peur m’a confinée à une étrange solitude
tremblante dans l’illusion de ce monde injuste
je peux enfin crier
je ne veux plus me défendre
contre tous les dangers que j’ai moi-même inventés
je suis fatiguée
pourtant je sais
quelque part
m’attend une douce lumière
une belle chaleur
comme une musique des âges célestes
j’écoute les battements de mon cœur

CJdK

LA CELLULE DE MOI-MÊME
emplie d’étonnement
La muraille peinte à la chaux de mon secret
J’ouvre la porte avec ma main vide
Un peu de sang blessé dans la paume

Pierre Jean Jouve

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Nos corps ne connaissent pas l’adieu
Rencontre est le nom
de chacune de nos cellules

Adonis

Deux bouddhas de pierre au bord du chemin
Nus, mal nourris, se font face
Sans protection contre le vent, la pluie,
la neige et le givre
Je les envie pourtant, car ils ignorent
La douleur de la séparation

Chông Chôl

 

rayon vert

1 décembre 2019 § Poster un commentaire

à côté de chez moi, à la gare, une immense grue construit le rayon vert,une passerelle végétalisée qui franchit les voies…
cela se passe la nuit après avoir arrêté les derniers trains et débarrassé les curieux des quais…
derrière le jura, un jeune président a dit il n’y a pas si longtemps sur un ton péremptoire qu’il suffit de traverser la route pour trouver du travail…
je me demande ce que je pourrai trouver en franchisant les voies sur ce rayon vert…
j’espère m’y retrouver enfin… peut-être…
quelle drôle d’idée cette passerelle ainsi nommée au milieu des édifices de béton qui poussent tellement plus vite que les arbres…
un peu plus loin le pont bleu déjà s’était élevé l’année d’avant dans les bras d’une grue géante, la plus grande m’avait-on chuchoté…
aux urbains ne restent que des métaphores, des aspirations, des fantasmes de couleurs… tout plutôt qu’une nature sensuelle, qu’une verdure apaisante…
les routes et les chemins sont agrandis pour que tous atteignent leur lieu de travail ou leur université… 
pour que tous atteignent leurs objectifs, répondent à leurs besoins,
avec efficacité et bienveillance…
moi je regarde la grande grue avec fascination déplacer un segment au milieu de la nuit…
bientôt je franchirai les voies sur ce rayon…
qu’il soit de conscience !

Te dire jamais
jamais comme borne à l’univers connu
à la normalité merveilleuse de l’humain
jamais comme si on pouvait former des décrets
à partir de l’observation de la Nature

Je ne le dirai pas
Jamais n’est pas un mot de la réalité
jamais est un mot-lunette pour ceux comme toi
qui ont besoin de certitudes extérieures
Je n’en ai pas besoin moi

L’avenir s’étend couleur béton ciré
grande esplanade où je pourrai courir
Le vent est frais la lune et le soleil bien accrochés
Je fais des roulades sauts périlleux athlète papillon
plaisir fou de l’accord
avec le vent la lune et le soleil

Aya Cheddadi

 

à la fin de ce jour

26 novembre 2019 § 2 Commentaires

Je veux entrer
Mais je ne sais
Ni où ni dans quoi.
Il semblerait que ce soit là
Où je me confondrais
Avec la source de ce
Dont j’ai toujours eu besoin. 

Guillevic

 

apparition à l’arbre … acrylique et stylo sur sachet de boulangerie

il est encore dit
dans le village d’où je viens
que les arbres aussi versent des larmes
lorsque perdure
l’absence des oiseaux
sur leurs branches

Alain Mabanckou

clin d’oeil à Arbrealettres

Julian

19 novembre 2019 § Poster un commentaire

j’ai crié « au feu »! …
je voyais les flammes …
j’ai marché sur les cendres …
j’ai appelé ! j’ai appelé ! j’ai pleuré …
et voilà qu’ils me regardent tous : ils croient que je l’ai allumé !

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Hier soir j’ai rêvé que j’entendais
Dieu me crier : Alerte!
C’était ensuite Dieu qui dormait
et moi je criais : Réveille-toi!

Antonio Machado

comme un fantôme

5 octobre 2019 § Poster un commentaire

après un concert incantatoire de Susheela Raman

en découvrant son dernier album où les gamelans résonnent en chœurs d’ailleurs

Susheela portrait apparition sur un sachet de récupération

elle est arrivée dans une robe étonnante … un mélange d’armure, de combinaison spatiale avec des accents pharaoniques … Shusheela Raman chante et enchante mais sans complaisance, avec une exigence, une aspiration à nous emmener loin, loin de la consommation facile, loin des effets gratuits, au monde où les esprits nous renvoient à ce que nous sommes …

GHOST CHILD

hawk rising
circles the empty sky
she is being
as I,just being
someone somewhere
somehow become
the frayingedge of a picture
of a fledgeling
on a highledge loooking down

the ghost of a child
echoes on the wind
i have returned
in older skin

(:::)

Susheela Raman
extrait de son dernier album Ghost Gamelan

merci à Renens pour son audacieuse programmation et son engagement à faire découvrir d’autres sentiers …

 

juste là

2 août 2019 § Poster un commentaire

parce que

c’est le bon moment …

10 ans de journal et des fleurs …

3 juillet 2019 § Poster un commentaire

comme le temps passe…
le 2 juillet 2009 je publiais le premier article de ce blog :

que dire et que montrer
en ce lieu étrange dit virtuel

qui serait alors comme l’illusion de l’illusion
et cela pourrait il ressembler à la réalité
que tous ces mots
et toutes ces images semblent dissimuler

 

Les fleurs sont tombées –
nos esprits maintenant
sont en paix

Koyû-Ni

Entre Mon Pays – et les Autres –
S’étend un Océan –
Mais – en Ambassadrices – les Fleurs –
Entre nous négocient.

***

Between My Country – and the Others –
There is a Sea –
But Flowers – negociate between us –
As Ministry.

Emily Dickinson

 

Poussière nous sommes et serons.

Ni air, ni feu, ni eau
mais
terre,
seulement terre
nous serons
et peut-être
des fleurs jaunes.

Pablo Neruda

un merci particulier à Arbrealettres chez qui j’ai découvert tant de merveilles poétiques qui ont accompagné mes dessins …

 

Où suis-je ?

Entrées taguées Kajan sur journal du dessin rencontre.