dans les cahiers …

5 novembre 2018 § 2 Commentaires

2 dessins inspirés par les mots de Lev Rubinstein …
pour rappel, le dessin rencontre est un dessin improvisé et inspiré par la rencontre
et un tirage de carte(s) et de mots au hasard
à expérimenter pour faire le point sur le moment présent,

s’échapper d’un maintenant pesant,
pour changer de point de vue,
pour sonder ce qui est exprimé sans mot…

Lev Rubinstein n’est pas un poète. Il a beau connaître ses classiques par cœur, il a beau avoir commencé à écrire ses propres vers, dès 1975, l’ancien bibliothécaire soviétique refuse d’être désigné comme tel. « Interrogé sur ce qu’il fait, il parlera de la nécessaire réflexivité de l’art, de la connivence de principe entre les arts graphiques et ceux du langage, de son intérêt pour tout texte qui n’est pas fiction », explique Hélène Henry, qui a traduit une anthologie de ses écrits, publiée aux éditions Le Tripode.
Dans l’URSS des années 1970 et du stalinisme mou de Brejnev, le bibliothécaire saisit les mots au vol. Il attrape les paroles ordinaires des passants, les mots de la langue de bois bureaucrate, façonnée par une philosophie qui tressaute sur place comme un disque rayé, il se saisit des vers de Pouchkine ou d’une littérature créée sur mesure selon les mots d’ordre des Maisons des Écrivains. Et patiemment, il les découpe, les décortique, les désassemble, dans ses bureaux de l’Institut Pédagogique de Moscou. Pour finalement les noter sur ses petites fiches de bibliothécaire.
De cette écriture sur fiche, il fait un genre à part entière. Chaque expression est cataloguée, classée, rangée. Chacune de ces fiches devient une strophe, soigneusement numérotée. Empilées, elles deviennent un poème, fantasque, une poésie transformée en un objet que l’on peut tenir dans sa main, un tas de fiches attachées par un élastique pour ne pas s’éparpiller. On déclame ces textes ainsi, fiche par fiche, et à chaque fois revient le claquement sec de la strophe que l’on pose brusquement sur la table, pour révéler la suivante.

Ode to Scott

31 octobre 2018 § Poster un commentaire

depuis tant que je te dessine Scott … je t’ai imaginé tel une icône byzantine entre deux étapes de ta tournée à te broder le coeur …

d’un regard

5 octobre 2018 § Poster un commentaire

poème et dessin au mentaliste

aujourd’hui j’étais sans regard
les yeux avaient déserté mon visage
en faisant des tours de passe
j’attendais une révélation
comment retrouver la vue
quand tant d’épines ont poussé devant moi
je sais que les cartes sont là
dans le parfum soudain d’une rose
je comprends que c’est elle qui voit

 

 

rhinocérose

8 septembre 2018 § 7 Commentaires

rhinoCeleste

je suis tombée il y a quelques temps sur une annonce qui proposait de peindre un grand rhinocéros en résine sur le toit du bar Le Rhino Féroce dans le quartier festif de Lausanne… sans trop réfléchir j’ai dit à ma fille : – on le fait ? … ouiiiiiiii ! m’a-t’elle répondu joyeusement !
et nous voilà embarquées dans le projet Collectif CosmiK !
un rhinocéros à se partager … une face chacune …

rhinoKajan

ce rhinocéros comme une licorne des temps actuels …
en début d’année disparaissait le dernier rhinocéros blanc …
je ne peux m’empêcher de faire un lien
comme si l’esprit de Sudan appelait soudain depuis le toit de la ville …
tant d’animaux disparus appellent …
les entendez-vous derrière les tintements des verres à champagne ?

Collectif CosmiK présente le rhino féminin de la sélection

alors
votez pour nous jusqu’au 13 septembre sur https://rhinoferoce.ch/vote/

 

Chaque animal sait prendre une autre forme
et pour cela son poète est choisi.
Les chants des geais, des rossignols s’entendent
et tout poème est bestiaire ardent.

Suis-je l’oiseau, le lion, la panthère
ou la fourmi ? D’amours zoologiques,
je suis épris sans savoir si je rampe
ou si je nage ou si je marche ou vole,

mais que je sois de pelage ou de plumes,
insecte ou ver, ingénument licorne,
hibou, saumon, rhinocéros, abeille,
je vois partout l’ombre du Grand Chasseur.

Robert Sabatier

 

 

au bistrot

15 août 2018 § 1 commentaire

en rentrant de ma campagne profonde, je me suis arrêtée à Dijon et dans ce bistrot typo particulier j’ai eu besoin de transformer l’alphabète du set de table …

 

 

le set de table avant vision en quelques lettres …

là-bas un cow-boy amoureux, sa passion aboie comme un chien rouge… ici des gens qui mangent vite, qui attendent des tables tout aussi pressées… la danse des serveurs… courir… manger… là-bas un lecteur est plongé dans un recueil de poésie, se souvient de sa mère devenue cosmonaute… un cerf, un bélier, un horizon prometteur de non-sens plus beau que tout ce qui se passe autour de moi…
une urgence…
un seul mot d’ordre…


Rêver toujours !

 

 

 

Que la Terre ne sache pas que je vis !
Qu’elles ne sentent pas, les mers, que je navigue !
Qu’il ne comprenne pas, le ciel, que je le regarde !
Qu’à son horloge le temps ne me découvre pas
ni que l’air ne s’agite, si je respire !
Je suis tout juste un visiteur, je ne reste pas,
je quitte le monde sans y être venu…
Mais c’est en vain : le soleil frappe mon corps
et mon ombre lui sert de témoin.

    *

Soy visitante

¡Que la tierra no sepa que estoy vivo!
¡Que no sientan, los mares, que navego!
¡Que no comprenda, el cielo, que le miro!
¡No me descubra en su reloj el tiempo
y no se agite el aire, si respiro!
Soy visitante apenas, no me quedo,
me voy del mundo sin haber venido…
Pero es en vano: el sol toca mi cuerpo
y mi sombra le sirve de testigo.

***

Ricardo Paseyro (1924-2009) – En la alta mar del aire y Mortal amor de la batalla (1965) – Dans la haute mer de l’air et Mortel amour de la bataille (Editions de Corlevour, 2003) – Traduit de l’espagnol (Uruguay) par Yves Roullière.

ce poème trouvé ici … merci à BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

 

 

le retour du dessin rencontre

26 juillet 2018 § Poster un commentaire

inopinément …

pour ceux qui l’ignorent, le dessin rencontre est un dessin intuitif inspiré par un tirage de cartes et d’une phrase au hasard … voici ceux-ci apparus hier soir sous une lune ascendante …

en passant

22 juillet 2018 § 2 Commentaires

juste quelques mots … en passant
et aussi quelques traits …
quelques points de suspension …
quelques soupirs …
là-bas Tieri nage face vers le ciel
trop de mots sont enterrés dans la bibliothèque
trop d’hommes meurent
Tieri parle aux oiseaux
parce que trop souvent il n’y a que ça à faire
et que les oiseaux comprennent tout …

 

je reste ici
je réfléchis trop
pour finalement ne rien comprendre
vite !
un café bien noir sur le balcon …

à Tieri Briet et à ses luttes poétiques …