regards en covoiturage

4 juin 2018 § Poster un commentaire

 

deux apparitions en dessin pendant mon retour en covoiturage hier… l’autoroute
puis la traversée du jura… deux présences soudaines dont les regards sont intenses…

J’aime dessiner sans me poser de question… laisser le trait courir tout seul…
découvrir ce qui traverse ma pensée sans intention consciente… dans la voiture cet exercice est périlleux…
les vibrations ajoutent au mouvement des effets inattendus… 

 

 

Tu regardes un caillou ramassé par hasard
A l’abri d’un buisson

Et puis tu t’aperçois
Que plus tu le regardes
Et plus sa force est grande

A t’éclater les yeux que tant de choses appellent
Et que l’ombre choisit

Quand le soleil est cet œil lourd
Clamant midi.

Guillevic

 

 

 

 

chienne

20 avril 2018 § 9 Commentaires

dessiné dans le métro ce soir en rentrant…

 

Quand ma chienne me regarde
ses yeux se posent en vérité
dans mon dos sur le vaisselier
ou sur la ligne des arbres
par la fenêtre ouverte.
Elle me regarde
comme à travers une porte en perles
et c’est l’au-delà qu’elle voit
et par moments qui l’inquiète.

Gérard Le Gouic
découvert grâce à Arbrealettres

transjuranne

20 février 2018 § Poster un commentaire

sur la route entre la Suisse et la Bourgogne, détournement inopiné de la boîte à vacherin…

LE SILENCE

Un parapluie, une poire sur la table.
Et le personnage ici présent doit être le silence.
Mais ce morceau de fromage veut encore confirmer ce silence.
Eh bien, c’est trop.
Quand il est question de silence,
il ne faut pas le crier si haut ni le répéter avec du fromage.

Norge

Emily sous l’arbre de Paul

6 août 2017 § 3 Commentaires

dessiné dans le train à grande vitesse sur l’emballage de ma baguette poulet salade… s’échapper du wagon poulailler mais comment ?… saisir mon crayon baguette magique… transformer la formule prête à manger… ne reste que l’arbre intérieur car ceux dehors passent trop vite… Emily pourra venir s’y reposer… je l’ai rencontrée à mon retour et une telle présence rend possible toute révélation… 

« 

Elle est comme la Lumière – Délice
Sans artifice –
Mélodie sans âge – à l’oreille –
Comme l’Abeille –

Elle est comme les Forêts – secrète –
Sans phrases – comme la Brise –
Mais elle agite
Les Arbres les plus fiers –

Elle est comme le Matin – parfaite –
Une fois accomplie –
Et que l’Horloge Eternelle –
Carillonne – Midi!

»                                                    Emily Dickinson

Qui n’a pas – ici-bas – trouvé le Paradis
En haut ne le trouvera pas plus –
Car les Anges louent la Maison suivant la nôtre,
Que nous déménagions n’importe où –

………………

Who has not found the Heaven – below –
Will fail of it above –
For Angels rent the House next ours,
Wherever we remove –

Emily Dickinson

Nos vies sont Suisses –
Si calmes – si Tièdes –
Mais un après-midi étrange
Les Alpes oublient leurs Voilages
Et nous voyons plus loin!

L’Italie est là-bas!
Mais toujours faisant le guet –
Les Alpes graves –
Les Alpes fatales
En interdisant l’accès!

Emily Dickinson

Emily Dickinson a passé ses jours et ses nuits dans la prunelle de Dieu :
invisible et voyant tout.          Christian Bobin

 

effroi

27 janvier 2017 § 3 Commentaires

dessiné au crayon gris inopinément ce matin dans le métro…

leffroi-par-kajanc

–  » est-ce qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale ? … j’ai rêvé qu’il y avait des combats dans la rue en-bas …  »

je la regarde … je réfléchis … que lui dire au juste ? … comment répondre avec honnêteté ? 

– » pas besoin de compter … dans ce monde il y a toujours eu la guerre… « 

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Pendant la guerre
(la mondiale)
nous vivions. Déjà.

On colore de vieux films d’elle

mais l’odeur des ruines
on ne peut la représenter
suffocante.

Mais la faim ne crie pas aux entrailles du spectateur.

C’est comme l’histoire d’une antiquité très ancienne
Qu’un érudit raconterait
à des gens dont le corps, le corps n’est pas
ne peut pas être
de la partie.

Marie-Claire Bancquart

 

moléculaire quotidien

24 janvier 2017 § 1 commentaire

orange-moleculaire-par-kajanc

dessinés dans le métro aujourd’hui…

loin de l’idée du rendez-vous, de l’échéance, de la course effrénée des secondes, de la prochaine station, du dernier coup de frein… il me vient une vision, une sensation que nos amas moléculaires se côtoient comme se fréquentent les galaxies… je suis juste suspendue entre le premier mouvement et l’anti-matière… plus rien ne peut être plus important que de danser la danse du cosmos…   

vert-moleculaire-par-kajanc

un silence d’une multitude d’étincelles… une impression de rien profond…

mauve-moleculaire-par-kajanc

un regard ultime sur la fenêtre de mon fantasme infini…

double sens

13 juillet 2016 § Poster un commentaire

comme le métro dans lequel je me déplaçais aujourd’hui en dessinant des esprits avec esprit alors qu’ « est-ce pris ? » tu m’as dit… et ce prix ? chair… très chair… 

double sens par Kajan(c)JPG

double sens renversé par Kajan(c)

 

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