balance ton homme 

18 octobre 2017 § 1 commentaire

dessiné hier dans le métro…

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extrait du « monde diplomatique »d’octobre 2015 ce texte d’Edgar Morin

Les deux humanismes

Dans la civilisation occidentale, l’humanisme a pris deux visages antinomiques. Le premier est celui de la quasi-divinisation de l’humain, voué à la maîtrise de la nature. C’est en fait une religion de l’homme se substituant au dieu déchu. Il est l’expression des vertus d’Homo sapiens/faber/œconomicus. L’homme, dans ce sens, est mesure de toute chose, source de toute valeur, but de l’évolution. Il se pose comme sujet du monde et, comme celui-ci est pour lui un monde-objet constitué d’objets, il se veut souverain de l’univers, doté d’un droit illimité sur toute chose, dont le droit illimité à la manipulation. C’est dans le mythe de sa raison (Homo sapiens), dans les pouvoirs de sa technique et dans le monopole de la subjectivité qu’il fonde la légitimité absolue de son anthropocentrisme. C’est cette face de l’humanisme qui doit disparaître. Il faut cesser d’exalter l’image barbare, mutilante, imbécile, de l’homme autarcique surnaturel, centre du monde, but de l’évolution, maître de la Nature.

Une sève de fraternité

L’autre humanisme a été formulé par Montaigne en deux phrases : « Je reconnais en tout homme mon compatriote » ; « On appelle barbares les peuples d’autres civilisations ». Montaigne a pratiqué son humanisme dans la reconnaissance de la pleine humanité des indigènes d’Amérique cruellement conquis et asservis et dans la critique de leurs asservisseurs.
Cet humanisme s’est enrichi chez Montesquieu d’une composante éthique, dans le principe que, s’il faut décider entre sa patrie et l’humanité, il faut choisir l’humanité. Enfin, cet humanisme devient militant chez les philosophes du XVIIIe siècle et il trouve son expression universaliste dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Cet humanisme reconnaît dans son principe la pleine qualité humaine à chaque être de notre espèce ; il reconnaît dans tout être humain une identité commune au-delà des différences ; il sous-entend le principe défini par Emmanuel Kant : appliquer à autrui ce que nous souhaitons pour nous-mêmes. Il sous-entend le principe posé par Friedrich Hegel : tout être humain a besoin d’être reconnu dans sa pleine humanité par autrui. Il demande le respect pour ce qu’on appelle la « dignité » de chaque humain, c’est-à-dire de ne pas lui faire subir de traitement indigne. Cet humanisme sera plus tard nourri par une sève de fraternité et d’amour, vertu évangélique laïcisée.
Bien que concernant en principe tous les êtres humains, cet humanisme a été monopolisé par l’homme blanc, adulte, occidental. Ont été exclus primitifs, arriérés, infantiles, qui n’ont pas accédé à la dignité d’Homo sapiens. Ceux-là furent traités en objets et asservis, jusqu’à l’époque récente des décolonisations.

Des impératifs anthropo-éthiques

Nous n’avons pas besoin d’un nouvel humanisme, nous avons besoin d’un humanisme ressourcé et régénéré.
L’humanisme portait en lui l’idée de progrès et était porté par elle. Le progrès, depuis Condorcet, était considéré comme Loi à laquelle obéirait l’histoire humaine. Il semblait que raison, démocratie, progrès scientifique, progrès technique, progrès économique, progrès moral étaient inséparables. Cette croyance, née en Occident, s’y était maintenue et s’était même propagée dans le monde en dépit des terribles démentis apportés par les totalitarismes et les guerres mondiales du XXe siècle. En 1960, l’Ouest promettait un futur harmonieux, l’Est un futur radieux. Ces deux futurs se sont effondrés peu avant la fin du XXe siècle, remplacés par incertitudes et angoisses, et la foi en le progrès doit être non plus dans un futur de promesses, mais dans un futur de possibilités. Dans ce sens, l’humanisme régénéré se propose la poursuite de l’hominisation en humanisation en y introduisant les impératifs anthropo-éthiques. Let us make man (« Faisons l’homme »).
L’humanisme régénéré est essentiellement un humanisme planétaire. L’humanisme antérieur portait en lui un universalisme potentiel. Mais il n’y avait pas cette interdépendance concrète entre tous les humains, devenue communauté de destin, qu’a créée et qu’accroît sans cesse la mondialisation.
Comme l’humanité est désormais menacée de périls mortels (multiplication des armes nucléaires et des guerres civiles internationalisées, déchaînement de fanatismes, dégradation accélérée de la biosphère, crises et dérèglements d’une économie dominée par une spéculation financière incontrôlée), la vie de l’espèce humaine et, inséparablement, celle de la biosphère deviennent une valeur primaire, un impératif prioritaire. Nous devons comprendre alors que si nous voulons que l’humanité puisse survive, elle doit se métamorphoser. Karl Jaspers (1) l’avait dit peu après la seconde guerre mondiale : « Si l’humanité veut continuer à vivre, elle doit changer. » Or, aujourd’hui, le problème primaire de la vie est devenu la priorité d’une nouvelle conscience, qui appelle une métamorphose.L’humanisme régénéré puise consciemment aux sources anthropologiques de l’éthique. Ces sources, présentes dans toute société humaine, sont la solidarité et la responsabilité. La solidarité à l’égard de sa communauté suscite la responsabilité, et la responsabilité suscite la solidarité. Ces sources demeurent présentes, mais en partie taries et asséchées dans notre civilisation, sous l’effet de l’individualisme, de la domination du profit, de la bureaucratisation généralisée. L’humanisme doit montrer la nécessité de revitaliser solidarité et responsabilité pour la poursuite de l’hominisation en humanisation, c’est-à-dire pour tout progrès humain.
Mais alors que le couple solidarité-responsabilité demeure limité à des communautés restreintes ou closes (famille, patrie), déjà l’humanisme d’un Montaigne et d’un Montesquieu leur donnait un sens humain universel. Toutefois, cet universalisme n’a pu devenir concret qu’avec la communauté de destin planétaire. L’humanisme devenu planétaire demande donc que le couple solidarité-responsabilité, sans cesser de s’exercer dans les communautés existantes, soit amplifié à la communauté de destin planétaire.
Plus encore : l’humanisme doit prendre consciemment en charge la grande aspiration qui traverse toute l’histoire humaine, d’autant plus que les communautés tendent à étouffer les individus, que l’individualisme tend à désintégrer les communautés : épanouir sa personne au sein d’une communauté ; épanouir le Je dans l’épanouissement du Nous.
Enfin, la conscience planétaire arrive d’elle-même à l’idée de Terre-patrie, comme je l’ai écrit dans le livre du même nom (2) : « Nous voici, humains minuscules, sur la minuscule pellicule de vie entourant la minuscule planète perdue dans le gigantissime univers. Cette planète est pourtant un monde, le nôtre. Cette planète est en même temps notre maison et notre jardin. Nous découvrons les secrets de notre arbre généalogique et de notre carte d’identité terrienne, qui nous font reconnaître notre matrie terrestre au moment où les sociétés éparses sur le globe sont devenues interdépendantes et où se joue collectivement le destin de l’humanité. » La prise de conscience de la communauté de destin terrestre doit être l’événement clé de notre siècle. Nous sommes solidaires dans et de cette planète. Nous sommes des êtres anthropo-bio-physiques, fils de cette planète. C’est notre Terre-patrie.
L’accomplissement de l’humanité en Humanité, la nouvelle communauté englobante de la Terre-patrie, la métamorphose de l’humanité sont les faces de la nouvelle aventure humaine souhaitable et possible. Certes l’accumulation des périls, la course du vaisseau spatial Terre, dont les moteurs sont les développements incontrôlés de la science, de la technique, de l’économie, rendent l’issue improbable. Mais improbabilité n’est pas impossibilité. Certes, il semble impossible de changer de voie. Mais toutes les voies nouvelles qu’a connues l’histoire humaine ont été inattendues, filles de déviances qui ont pu s’enraciner, devenir tendances et forces historiques. Tant de transformations semblent nécessaires simultanément, tant de réformes économiques, sociales, personnelles, éthiques (3).
Mais un peu partout dans le monde apparaissent des myriades de germinations, ruissellent des myriades de petits courants qui, s’ils se joignent, formeront des ruisseaux qui pourraient confluer en rivières, lesquelles pourraient se réunir en un grand fleuve. Là est l’espoir, fragile mais espoir, et nous devons comprendre que le pari et l’espoir doivent prendre la place des certitudes.
Une symbiose plus intime
Notre devenir actuel porte en lui les germes de deux métamorphoses. La première, nous l’avons indiqué, actuellement improbable, déboucherait sur une société-monde devenant Terre-patrie. La seconde est celle du transhumanisme, qui se fonde sur des probabilités fortes, encore inconnues il y a vingt ans : la prolongation de la vie humaine sans vieillissement grâce aux cellules souches présentes dans l’organisme de chacun de nous ; le développement d’une symbiose de plus en plus intime entre l’homme, les produits de sa technique, notamment les machines informatiques ; la capacité de plus en plus grande des machines à acquérir des caractères humains, y compris peut- être la conscience. Tout cela ouvre un univers de science-fiction où effectivement se métamorphoserait la condition humaine en une surhumanité. Le transhumanisme a même pu se transformer en mythe dans la prédiction que l’homme allait acquérir l’immortalité (4).
Mais ces progrès scientifiques et techniques n’auront de caractère positif que s’ils coïncident avec un progrès humain à la fois intellectuel, éthique, politique, social. La métamorphose de la condition biologique et technique de l’homme, si elle n’est pas accompagnée du progrès humain, aggravera les problèmes, déjà gravissimes. Croissance des inégalités entre riches et puissants, d’une part, pauvres et exclus, d’autre part, les premiers bénéficiant seuls de la prolongation de la vie. Problème de la reconnaissance des droits humains aux robots pensants dès lors que ceux-ci seraient dotés de conscience. La possibilité de la métamorphose technoscientifique transhumaniste appelle nécessairement et instamment la métamorphose psychologique, culturelle et sociale qui naîtrait d’une voie nouvelle nourrie par un humanisme régénéré.
Je conclurai sur un dernier composant de la conscience humaniste telle qu’elle doit à mon avis être présente en chacun de nous. Etre humaniste, ce n’est pas seulement penser que nous faisons partie de cette communauté de destin, que nous sommes tous humains tout en étant tous différents, ce n’est pas seulement vouloir échapper à la catastrophe et aspirer à un monde meilleur ; c’est aussi ressentir au plus profond de soi que chacun d’entre nous est un moment minuscule, une partie minuscule d’une extraordinaire aventure, une aventure incroyable qui, tout en continuant l’aventure de la vie, commence une aventure hominisante il y a sept millions d’années, avec une multiplicité d’espèces se croisant et se succédant jusqu’à l’arrivée de l’Homo sapiens. A l’époque de Cro-Magnon et de ses magnifiques peintures rupestres, celui-ci a déjà le cerveau d’Albert Einstein, de Leonard de Vinci, d’Adolf Hitler, de tous les grands artistes, philosophes et criminels, un cerveau en avance sur son esprit, un cerveau en avance sur ses besoins. Aujourd’hui encore notre cerveau possède sans doute des capacités que nous sommes encore incapables de reconnaître et d’utiliser.

« Je participe à cet infini »

Nous sommes dans une aventure incroyable, avec ses possibilités scientifiques à la fois les plus merveilleuses et les plus terrifiantes. L’humanisme, à mon sens, ne porte pas seulement en lui le sentiment de solidarité humaine, c’est aussi le sentiment d’être à l’intérieur d’une aventure inconnue et incroyable, et de vouloir qu’elle continue vers une métamorphose, d’où naîtrait un devenir nouveau.
Je suis individu, sujet, c’est-à-dire presque tout pour moi et presque rien pour l’univers, fragment infime et infirme de l’anthroposphère et de la noosphère, auxquelles je participe, et quelque chose de fort comme un instinct unit ce qu’il y a de plus intime dans ma subjectivité à cette anthroposphère et à cette noosphère, c’est-à-dire au destin de l’humanité. Je participe à cet infini, à cet inachèvement, à cette réalité si fortement tissée de rêve, à cet être de douleur, de joie et d’incertitude qui est en nous comme nous sommes en lui…
Au sein de cette aventure inconnue, je fais partie d’un grand être avec les sept milliards d’autres humains, comme une cellule fait partie d’un corps parmi des centaines de milliards de cellules, mille fois plus de cellules chez un humain que d’êtres humains sur Terre.

Je fais partie de cette aventure inouïe, insérée au sein de l’aventure elle-même stupéfiante de l’univers. Elle porte en elle son ignorance, son inconnu, son mystère, sa folie dans sa raison, son inconscience dans sa conscience, et je porte en moi l’ignorance, l’inconnu, le mystère, la folie, la raison de l’aventure.
L’aventure est plus que jamais incertaine, plus que jamais terrifiante, plus que jamais exaltante. « Caminante, no hay camino, se hace camino al andar (5) » : Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.

Edgar Morin

(1) Philosophe allemand (1883-1969).(2) Terre-patrie, Points, coll. « Essais », Paris, 2010.
(3) Edgar Morin, La Voie, Fayard, Paris, 2011.(4) Lire Philippe Rivière, « Nous serons tous immortels… en 2100 », Le Monde diplomatique, décembre 2009.
(5) Extrait du poème Caminante, no hay camino, d’Antonio Machado.

apparitions au café

20 août 2017 § 4 Commentaires

avec ce dimanche matin comme un parfum de souffre …

 

 

 

 

 

 

 

il me semble que quelqu’un me regarde…

Le café c’est un nuage à l’ombre plein de voix
Où le passant se glisse entre l’odeur et le froid
Contre la glace éteinte les têtes se retournent
La nuit suit son chemin
Mais quelqu’un s’en détache et entre
Toutes les têtes se retournent pour deviner le nom
approximatif de ce nouveau visage

Pierre Reverdy

pourquoi créer

7 août 2017 § 4 Commentaires

Quel que soit son domaine de création,
le véritable esprit créatif n’est rien d’autre que ça :
une créature humaine née anormalement, inhumainement sensible.
Pour lui, un effleurement est un choc, un son est un bruit, une infortune est une tragédie,
une joie devient extase, l’ami un amoureux, l’amoureux est un dieu,
et l’erreur est la fin de tout.

Ajoutez à cet organisme si cruellement délicat l’impérieuse nécessité de créer, créer, et encore créer
– au point que sans la possibilité de créer de la musique, de la poésie, des livres, des édifices,
ou n’importe quoi d’autre qui ait du sens, il n’a plus de raison d’être.

Il doit créer, il doit se vider de sa créativité.
Par on ne sait quelle étrange urgence intérieure, inconnue,
il n’est pas vraiment vivant à moins qu’il ne soit en train de créer.

……………………………….

The truly creative mind in any field is no more than this :
A human creature born abnormally, inhumanly sensitive.
To him… a touch is a blow, a sound is a noise, a misfortune is a tragedy,
a joy is an ecstasy, a friend is a lover, a lover is a god,
and failure is death.

Add to this cruelly delicate organism the overpowering necessity to create, create, create
— so that without the creating of music or poetry or books or buildings
or something of meaning, his very breath is cut off from him.

He must create, must pour out creation.
By some strange, unknown, inward urgency
he is not really alive unless he is creating.

Pearl Buck

sur la route 

29 juillet 2017 § 2 Commentaires

dessiné hier … l’escargot incandescent à l’arrière de la voiture … le chauffeur est vif … la bête est pressée de retourner dans son jardin … 

la sourcière

26 juin 2017 § Poster un commentaire

 

Où demeurent les sources

J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu
contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots
plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes
offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux
et caressé la vague claire qui dépose à brassée
ses paroles légères comme braise d’un feu
qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins.

J’ai vu le dos luisant des rêves échoués comme blocs
erratiques dans le courant qui marque le passage
de la nuit au jour, sitôt dispersées les eaux profondes
du sommeil dans un flot d’images muettes.

Alain Fabre-Catalan

le boxeur 

17 juin 2017 § 2 Commentaires

dessiné ce matin dans la pénombre au stylo-bille… en écoutant une histoire de corde qui casse et de rencontre dans le noir… Léo nous explique comment il cherche à trouver la détermination consciente…

I am just a poor boy
Though my story’s seldom told
I have squandered my resistance
For a pocketful of mumbles
Such are promises
All lies and jest
Still, a man hears what he wants to hear
And disregards the rest

When I left my home and my family
I was no more than a boy
In the company of strangers
In the quiet of a railway station
Running scared
Laying low, seeking out the poorer quarters
Where the ragged people go
Looking for the places only they would know

Lie-la-lie…

Asking only workman’s wages
I come looking for a job
But I get no offers
Just a come-on from the whores on Seventh Avenue
I do declare there were times when I was so lonesome
I took some comfort there

La-la-la-la-la-la

Lie-la-lie…

Then I’m laying out my winter clothes
And wishing I was gone
Going home
Where the New York City winters aren’t bleeding me
Leading me
To going home

In the clearing stands a boxer
And a fighter by his trade
And he carries the remainders
Of every glove that laid him down
And cut him till he cried out
In his anger and his shame
“I am leaving, I am leaving”
But the fighter still remains
Still remains

Lie-la-lie…

 

clair-obscur

12 juin 2017 § 4 Commentaires

… j’ai fait ces quelques dessins dimanche soir pendant le concert « clair-obscur » évoquant l’ombre lumineuse de Sébastien Castellion …

Sébastien Castellion choqué par la fin tragique de Michel Servet a dit:
« Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle ».

Le 27 octobre 1553, vers deux heures de l’après midi, Michel Servet, condamné par Calvin, est conduit à pied au plateau de Champel à Genève pour y être brûlé vif. Le bûcher est dressé depuis le matin mais il a plu. Effrayé, le condamné promet de donner, contre du bois sec, sa chaîne en or, ses bagues et ses anneaux, restés entre les mains du geôlier. Le bourreau l’attache au poteau avec une chaîne de fer, « La Restitution du Christianisme » à son flanc, et le coiffe d’une couronne soufrée. Michel Servet prononce ces derniers mots : « O Jésus fils du dieu éternel, aie pitié de moi ! ». Il meurt dans d’atroces souffrances, brûlé à petit feu car le bois, humide, se consume avec difficulté. Son agonie dure presque trois quarts-d’heure…

 

 

… je ne sais pas pourquoi, ou peut-être si, ce soir, Michel Servet je pense à toi …

Le feu

C’est si proche la mort
Et sa grande faim des feuilles

Elle est si proche la mort
Et si proche est l’hiver

Il y aura des branches nues comme des bras d’homme
Chaque tronc noir portera le deuil d’un oiseau

Elle est si proche cette mort
Fade comme le repos
Si proche est l’hiver
Traînant le lourd oubli

Feuilles il faut hurler sa couleur
Pour qu’au coeur de la mort
Il y ait un peu d’automne

Et cette couleur qu’elle soit plus aiguë
Que le feu !

Andrée Chedid

adop

Où suis-je ?

Catégorie seulement dessin sur journal du dessin rencontre.