elle veille

26 octobre 2017 § Poster un commentaire

et tu ne la vois pas…

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Ô toi qui considères le monde comme existant en dehors de toi, écoute!
Ces montagnes et ces déserts, ces océans et ces pierres,
Ce monde des couleurs et des parfums, sont notre bouquet,
Étrangers à nous et cependant intimement liés à nous.
Un seul regard du moi a réuni
La terre et le ciel, le soleil et la lune.

Notre cœur possède vers eux une voie d’accès secrète
Car tout être n’existe que par la grâce du regard.
Si nul ne le voit, le monde est sans valeur,
Si quelqu’un le voit, il devient montagnes et océans.
Le monde n’est précieux que parce que nous le voyons.
Son arbre croit en même temps que nous.
Le problème du sujet et de l’objet est un mystère;
De chaque atome s’élève une prière :

« Ô toi qui vois, fais de moi ton objet,
Fais-moi exister par la vertu de ton regard. »

La perfection pour une chose c’est d’être là,
Son imperfection, de n’être pas devant nos yeux,
De ne pas être illuminée par notre conscience.
Le monde n’est que notre manifestation
Car sans nous ce spectacle de sons et de lumières n’existerait pas.

Mohammad Iqbal

 

un regard

24 octobre 2016 § 13 Commentaires

sorti de mes archives … en commençant à préparer une exposition pour le prochain été … et un calendrier … 
un regard par Kajan(c)

derrière ton regard
un double de lumière
qui sourit

Zéno Bianu

ambiance d’atelier … 

18 octobre 2016 § 1 commentaire

juste maintenant au moment où la lumière baisse …

DEMEURE DU REGARD

Tu vas au-dedans de toi-même et l’infime reflet qui serpente et te conduit
n’est pas le dernier regard jeté par tes yeux en se fermant ni le soleil timide taquinant tes paupières :
c’est un ruisseau secret, il n’est pas fait d’eau mais de pulsations :
appels, réponses, appels,
filet de clartés entre les hautes herbes et les bêtes tapies dans la conscience à l’aveuglette.
Tu suis la rumeur de ton sang dans cette contrée inconnue inventée par tes yeux
et tu gravis un escalier de verre et d’eau qui te conduit sur une terrasse.
Faite de la matière impalpable des échos et des bourdonnements,
la terrasse, suspendue en l’air, est un quadrilatère de lumière, un ring magnétique
qui se love, s’élève, s’envole et se plante dans le êirque de l’oeil,
geyser lunaire, tige de vapeur, feuillage d’étincelles, grand arbre qui s’allume, s’éteint, se rallume :
tu es à l’intérieur des reflets, dans la demeure du regard,
tu as fermé les yeux et tu vas de toi-même à toi-même, tu entres et tu sors par un pont de pulsations :

LE CŒUR EST UN ŒIL

Tu es dans la demeure du regard, les miroirs ont caché tous leurs spectres,
il n’y a personne, il n’y a rien à voir, les choses ont quitté leur corps,
ce ne sont plus des choses ni des idées, mais des tirs qui fusent, verts, jaunes, rouges, bleus,
essaims qui tournoient et tournoient, spirales de légions désincarnées,
tourbillon des formes qui n’ont pas encore trouvé leur forme,
ton regard est l’hélice qui propulse et brasse les multitudes incorporelles,
ton regard est l’idée fixe qui taraude le temps, la statue rivée sur la place de l’insomnie,
ton regard tisse et défisse les fils de la trame de l’espace,
ton regard frotte une idée contre l’autre et allume une lampe dans le temple de ton crâne,
passage de l’énonciation à l’annonciation, de la conception à l’assomption,
  l’œilest une main, la main un œil multiple, le regard a deux mains,
nous sommes dans la demeure du regard et il n’y a rien à voir, il faut repeupler la maison de l’œil,
il faut que l’œil peuple le monde, il nous faut être fidèles à la vue, il faut

CRÉER POUR VOIR

L’idée fixe taraude chaque minute, la pensée tisse et détisse la trame,
va-et-vient entre l’infini du dehors et ton propre infini,
tu es un fil de la trame et une pulsation de la minute, l’œil qui taraude et l’œil tisserand,
quand tu rentres en toi-même tu ne quines pas le monde, fleuves et volcans peuplent ton corps, fourmis et planètes,
dans ton sang voguent des empires, il y a des turbines, des bibliothèques, des jardins,
il y a des animaux, des plantes, des créatures d’autres mondes, les galaxies gravitent dans tes neurones,
quand tu rentres en toi-même tu entres dans ce monde et dans tous les autres,
tu vois ce que l’astronome a vu dans son télescope, le mathématicien dans ses équations :
le désordre et la symétrie, l’accident et la rime, la duplication et la mutation,
la danse de Saint-Guy de l’atome et de ses particules, les cellules récidivistes, les inscriptions stellaires.

L’extérieur est l’intérieur, nous pénétrons où nous ne sommes jamais allés,
le point de fusion entre ceci et cela est ici même et maintenant,
nous sommes l’intersection, l’X, la fabuleuse croix de saint André qui nous multiplie et nous interroge,
la croix qui en tournant dessine le zéro, idéogramme du monde et de tout un chacun.
Comme le corps astral de Bruno et de Cornelius Agrippa, comme les grands transparents de Breton,
véhicules de matière subtile, câbles tendus de ce côté à l’autre,
nous sommes. la charnière entre ça et là, le signe double et singulier, V et Λ,
pyramides superposées, unies dans un angle pour former l’X de la Croix,
terre et ciel, air et vague, plaine et mont, lac et lave, homme et femme,
la carte du ciel transparaît dans le miroir de la musique,
où l’œil s’abolit surgissent des mondes :

LA PEINTURE A UN PIED DANS L’ARCHITECTURE ET UN AUTRE DANS LE SONGE

La terre est un homme, as-tu dit, mais l’homme n’est pas la terre,
l’homme n’est pas ce monde ni les autres mondes qu’il y a sur terre et ailleurs,
l’homme est cet instant où la terre doute d’elle-même, où le monde n’est plus sûr de lui,
l’homme est la bouche qui embue le miroir des similitudes et des analogies,
l’animal qui sait dire non et invente ainsi d’autres affinités et dit oui,
le funambule aux yeux bandés qui danse sur la corde légère d’un sourire,
le miroir universel qui réfléchit l’autre monde en restituant
celui-ci, le miroir qui transfigure ce qu’il dédouble,
l’homme n’est pas ce qu’il est, cellule ou petit dieu, mais celui qui est toujours au-delà.
Nos passions ne sont pas l’accouplement des substances aveugles,
mais la lutte et l’étreinte des éléments riment avec nos désirs et nos faims,
peindre c’est chercher la rime secrète, esquisser l’écho, dessiner le chaînon:
Le vertige d’Éros est la vapeur de la rose bercée sur l’ossuaire,
l’apparition de la nageoire sur la mer à la nuit tombante est le scintillement de l’idée,
tu as peint l’amour derrière un rideau d’ondes flamboyantes

POUR COUVRIR LA TERRE D’UNE ROSÉE NOUVELLE

Dans le miroir de la musique, les constellations se contemplent avant de se dissiper,
le miroir s’abîme en lui-même, noyé dans la clarté, jusqu’à disparaître dans un reflet,
les espaces glissent et se précipitent sous le regard du temps pétrifié,
les présences sont des flammes, les flammes sont des tigres et les tigres des vagues,
cascade de transfigurations et de répétitions, pièges et trappes du temps :
il faut donner à la nature affamée sa ration de flammes,
il faut agiter le grelot des rimes pour tromper le temps et réveiller l’âme,
il faut planter des yeux sur la place, arroser les parcs d’un rire solaire et lunaire,
il faut apprendre le refrain d’Adam, le solo de la flûte-fémur,
il faut bâtir sur cet espace instable la demeure du regard,
la demeure d’air et d’eau où la musique dort, où le feu veille, où peint le poète.

Octavio Paz …trouvé ici

le 4 mars dedans

7 mars 2016 § Poster un commentaire

4 mars dedans par Kajan(c)

dessiné vendredi passé dans le train en pensant à mon côlon… à l’intérieur de mon ventre le 4 mars… dedans se trouve un vieux souvenir… un passé collant qui m’empêche d’accéder à la lumière…

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– Si tu passes la main hors lisière
tu risques de la perdre,
agrippée par les ébauches
des gestes inassouvis.

– Si tu glisses tes yeux hors lisière
tu risques qu’ils soient piégés
par une nuit cadenassée
la nuit de tout cela
que tu n’auras pas vu
ni voulu voir.

– Faut-il s’enliser in situ
pour habiter du vivant?

– Tu pourrais camper
dans les andains de la géographie,
t’extirper des plaies
par la grille des déchiffrements.

– Mais que sont tes mots,
sinon confusion
ou contusions de la langue?

– Tout le dedans est à exclure,
de l’ordre du dehors
pour rendre le temps réversible.

– Tu es raturé par ce que tu n’es pas
qui veut corriger ce que tu crois être.

– Parfois à l’aube, tu te couvres
du givre,
de ce qui reste informulable.

Charles Dobzynski

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déjà là le 4 février

4 février pour Sylvie par Kajan(c)

des mètre d’intestins interminables… des kilomètres de pensées… et après le vide…

simple dessin par Kajan(c)

Laisser dedans
En attente
La clé de la porte latérale.

Mukai Kyorai

en souvenir de Claude mon père…

un ange passe

3 janvier 2016 § 4 Commentaires

anges par Celeste et Kajan(c)

partons de la bonne aile… revenons comme un seul ange…

dessiné ce soir avec ma fille Celeste…

bel envol 2016 à vous …

 

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Que ton poème soit
comme l’aile du fou

puissante et claire
dans son essor

portant le corps embrasé
vers la grande lumière

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Let your poem
be as the gannet’s wing

with power and clarity
in its wheeling

bearing erotic flesh
to the ecstasy of being

Kenneth White trouvé chez arbrealettres

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Gravenstein

30 novembre 2015 § Poster un commentaire

Gravenstein par Kajan(c)

drôle de dessin que celui-ci, apparu dans le métro entre Croisettes et Renens… aujourd’hui…

 

 

ARBRE AU-DEDANS

Dans mon front a poussé un arbre.
il a poussé au-dedans.
Ses racines sont des veines,
des nerfs ses branches,
ses feuillages confus des pensées.
Tes regards l’enflamment
et ses fruits d’ombres
sont oranges de sang,
grenades de lumière.
Le jour se lève
dans la nuit du corps.
Là au-dedans, dans mon front,
l’arbre parle.

Approche, tu l’entends?

Octavio Paz (  trouvé chez Arbrealettres  )

 

Gravenstein schwarz par Kajan©

moucharabieh

11 août 2015 § 6 Commentaires

moucharabieh par Kajan(c)

cachée et pourtant visible… lointaine et proche à la fois… multiple et une en même temps… comme cela résonne avec mon présent… ce dessin improvisé dans un cahier de coloriage…

le cahier de coloriage encore vierge...

tombée inopinément sur ce cahier dans une vitrine de la petite ville de province… une mode « nouvelle » le coloriage… remontée de nos enfances… une pratique relaxante… tenterions-nous de poser dans ces cahiers les couleurs qui manquent dehors ?

en transparence par Kajan(c)

ÉLÉGIE

Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?

Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.

Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?

Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.

Tu pleures ?

Eugenio Montale

Où suis-je ?

Entrées taguées regard sur journal du dessin rencontre.