Gravenstein

30 novembre 2015 § Poster un commentaire

Gravenstein par Kajan(c)

drôle de dessin que celui-ci, apparu dans le métro entre Croisettes et Renens… aujourd’hui…

 

 

ARBRE AU-DEDANS

Dans mon front a poussé un arbre.
il a poussé au-dedans.
Ses racines sont des veines,
des nerfs ses branches,
ses feuillages confus des pensées.
Tes regards l’enflamment
et ses fruits d’ombres
sont oranges de sang,
grenades de lumière.
Le jour se lève
dans la nuit du corps.
Là au-dedans, dans mon front,
l’arbre parle.

Approche, tu l’entends?

Octavio Paz (  trouvé chez Arbrealettres  )

 

Gravenstein schwarz par Kajan©

moucharabieh

11 août 2015 § 6 Commentaires

moucharabieh par Kajan(c)

cachée et pourtant visible… lointaine et proche à la fois… multiple et une en même temps… comme cela résonne avec mon présent… ce dessin improvisé dans un cahier de coloriage…

le cahier de coloriage encore vierge...

tombée inopinément sur ce cahier dans une vitrine de la petite ville de province… une mode « nouvelle » le coloriage… remontée de nos enfances… une pratique relaxante… tenterions-nous de poser dans ces cahiers les couleurs qui manquent dehors ?

en transparence par Kajan(c)

ÉLÉGIE

Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?

Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.

Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?

Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.

Tu pleures ?

Eugenio Montale

la case

26 avril 2014 § 2 Commentaires

casée par Kajan(c)

DANS L’ŒIL DE L’ESPRIT

Autrefois c’était sa fenêtre ;
Et la bougie tout contre
Qui brûlait à l’intérieur
Disait : »Je suis ici ! »

Maintenant je la vois comme alors
Bouger derrière la vitre.
Ah ! ce n’est que son fantôme
Né de mon cerveau !

Dans mes visions sans cesse
Elle est partout présente ;
Que les paysages s’effacent :
Elle demeure avec moi.

O chère ombre douce et timide,
Qui peut te repousser ?
Chère, pas une fois je n’ai
Désiré ton départ.

 

Thomas Hardy

IN THE MIND’S EYE

That was once her casement,
And the taper nigh,
Shining from within there,
Beckoned, `Here am I !’

Now, as then, I see her
Moving at the pane ;
Ah ; ’tis but her phantom
Borne within my brain ! —

Foremost in my vision
Everywhere goes she ;
Change dissolves the landscapes,
She abides with me.

Shape so sweet and shy, Dear,
Who can say thee nay ?
Never once do I, Dear,
Wish thy ghost away.

trouvé ici

 

 

 

il t’attend

11 mars 2013 § Poster un commentaire

regard par Kajan(c)

dans le carnet… sage comme une image… il te tend son regard… il t’attend…

la Karnet de Kajan(c)

Votre nom ne me dit rien.
Seul votre regard me parle du silence
qui vous déserte ou qui vous hante

Michel Camus

 

 

 

 

improvisation colorée

15 décembre 2012 § 2 Commentaires

regard par Kajan (c)

Incandescence à la lisière
d’un ciel bas — la lumière-nid non dévorée
décline vers le minimum vital : du moineau
à l’oiseau sans nom, la distance
est la proie — fumée
qui atténue les braises, contrairement à la secte
d’ailes, où tu palpites, fumée épouse
du rougeoiement — dans la mémoire du moineau
cela parachève le sommeil des nuages.

 

Paul Auster

elle pense par Kajan (c)

improvisation colorée d’une fin de vendredi… avec ce que j’ai sous la main… et juste un peu d’alcool sur le dessin… l’encre file… regard fugace… plaisir improvisé…

fleur de pensée par Kajan(c)

Contre la façade du soir:
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu –
l’ombre
portée par un souffle.

Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même

Paul Auster

 

 

 

 

 

 

souffle

25 novembre 2012 § Poster un commentaire

Là où ni pensée ni souffle ne circulent, là ou ni soleil ni lune pénètrent, là même, insensé, mets ta conscience en repos. Tel l’enseignement que profère Saraha.

Où la pensée meurt, le souffle s’arrête… réside la suprême et grande Béatitude. Elle ne se trouve pas ailleurs dit Saraha .

La pensée aussi instable que le vent et le cheval, abandonnez-la. Prenez conscience de la nature propre du Spontané et d’elle-même la pensée s’immobilisera.

Là, l’intelligence se défait, la pensée succombe, l’orgueil vole en éclats. Telle est la suprême kala identique à l’illusion. Pourquoi s’y lier par la méditation ?

Regardez, écoutez, touchez, mangez, sentez, marchez, restez assis, levez-vous, [mais] renoncez au bavardage de la vie courante. Abandonnez la pensée, ne vous écartez pas de l’Un.

Suprêmement libre d’être et de non-être, c’est en Lui que s’engloutit le monde entier. Quand la pensée s’arrête, immobile, on se libère alors du cycle du devenir !

En elle, il rend toute forme égale à l’espace infini, il affermit la pensée elle aussi dans la nature propre de [cette] égalité spatiale, celui qui rend sa pensée sans pensée se réjouit de la suprême nature propre du Spontané.

Saraha, co-fondateur de l’école tantrique Sahajiya, (début du VIIe siècle)
 (Dohakosa de Saraha,  par André Padoux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard)

luné

16 septembre 2012 § Poster un commentaire

J’étais entouré de solitude ce soir-là et lisais un livre.
Mon coeur se desséchait, il me semblait que la beauté était façonnée par des marchands de paroles.
Je fermai le livre avec lassitude et soufflai la chandelle.
En un instant la chambre s’emplit de lune.

Esprit de Beauté, comment pouvais-tu,
toi dont l’éclat inonde le ciel,
rester caché derrière une minuscule flamme de bougie ?
Comment quelques vains mots d’un livre
pouvaient-ils monter comme une brume et te voiler,
toi dont la voix apporte au coeur de la terre un calme ineffable ?

(Rabindranath Tagore)

Où suis-je ?

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