du jour

6 juillet 2016 § 2 Commentaires

chacun de nous se laisse aller à la fascination de son propre fantasme… des pieds… un ballon… l’étrange chapelet retrouvé dans un tiroir… et ce dessin fait ce matin dans le bus et le métro…

fascination par Kajan(c)

 

Sur le tard, je n’aime que la quiétude.
Loin de mon esprit la vanité des choses.
Dénué de ressources, il me reste la joie
De hanter encore ma forêt ancienne.

La brise des pins me dénoue la ceinture;
La lune caresse les sons de ma cithare.
Quelle est, demandez-vous, l’ultime vérité?
Chant de pêcheur, dans les roseaux, qui s’éloigne…

Wang Wei

au téléphone

16 mars 2014 § Poster un commentaire

au téléphone ce matin … quelques traits ici et le soleil là…

cerf inopiné par Kajan(c)

Conversation

Comment ça va sur la terre ?
– Ca va ça va, ça va bien.

Les petits chiens sont-ils prospères ?
– Mon Dieu oui merci bien.

Et les nuages ?
– Ca flotte.

Et les volcans ?
– Ca mijote.

Et les fleuves ?
– Ca s’écoule.

Et le temps ?
– Ca se déroule.

Et votre âme ?
– Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.

Jean Tardieu

 

toujours le même thème

4 août 2013 § Poster un commentaire

dans mon carnet par Kajan (c)

“ Imagine-toi que chaque jour est le dernier qui luit pour toi : elle te sera agréable l’heure que tu n’espérais plus. ”
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout. La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir. Le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte. Il n’y a rien de mal en la vie pour celui qui a bien compris que la privation de la vie n’est pas mal.

extrait d’Essais par Michel de Montaigne

 

 

dédié à Perrin Langda qui m’inspire toujours lors de nos rencontres inopinées…

 

 

 

improvisations sur papier végétal

15 avril 2012 § Poster un commentaire

[§] Nous ne nous tenons jamais au présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent, et comme pour le hâter ; ou nous rappelons le passé pour l’arrêter comme trop prompt. Si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas à nous, et ne pensons point au seul qui nous appartient : et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont point, et laissons échapper sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent d’ordinaire nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver.

Que chacun examine sa pensée. Il la trouvera toujours occupée au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre des lumières, pour disposer l’avenir. Le présent n’est jamais notre but. Le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre objet. Ainsi nous ne vivons jamais ; mais nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est indubitable que nous ne le serons jamais, si nous n’aspirons à une autre béatitude qu’à celle dont on peut jouir en cette vie.

[§] Notre imagination nous grossit si fort le temps présent à force d’y faire des réflexions continuelles, et amoindrit tellement l’éternité manque d’y faire réflexion, que nous faisons de l’éternité un néant, et du néant une éternité. Et tout cela a ses racines si vives en nous, que toute notre raison ne nous en peut défendre.

Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets, qui ont esté trouvées après sa mort parmy ses papiers

né de la nuit

5 décembre 2010 § Poster un commentaire

portrait rêvé de l’Ecclésiaste

1

Paroles de l’Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem.

2

Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

3

Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?

4

Une génération s’en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.

5

Le soleil se lève, le soleil se couche ; il soupire après le lieu d’où il se lève de nouveau.

6

Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord ; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.

7

Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est point remplie ; ils continuent à aller vers le lieu où ils se dirigent.

8

Toutes choses sont en travail au delà de ce qu’on peut dire ; l’œil ne se rassasie pas de voir, et l’oreille ne se lasse pas d’entendre.

9

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

10

S’il est une chose dont on dise : Vois ceci, c’est nouveau ! Cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés.

11

On ne se souvient pas de ce qui est ancien ; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.

12

Moi, l’Ecclésiaste, j’ai été roi d’Israël à Jérusalem.

13

J’ai appliqué mon cœur à rechercher et à sonder par la sagesse tout ce qui se fait sous les cieux : c’est là une occupation pénible, à laquelle Dieu soumet les fils de l’homme.

14

J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil ; et voici, tout est vanité et poursuite du vent.

15

Ce qui est courbé ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut être compté.

16

J’ai dit en mon cœur : Voici, j’ai grandi et surpassé en sagesse tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de science.

17

J’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, et à connaître la sottise et la folie ; j’ai compris que cela aussi c’est la poursuite du vent.

18

Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.


Où suis-je ?

Entrées taguées vanité sur journal du dessin rencontre.