tu me fais tourner la tête

10 novembre 2018 § 5 Commentaires

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

La fente par Jacques Chessex
trouvé en accord parfait ce jour chez mon pourvoyeur de poèmes Arbrealettres

 

Ode to Scott

31 octobre 2018 § Poster un commentaire

depuis tant que je te dessine Scott … je t’ai imaginé tel une icône byzantine entre deux étapes de ta tournée à te broder le coeur …

70 ans

18 mai 2017 § Poster un commentaire

n’est pas l’âge de ce personnage mais celui de l’édition du livre sur lequel je l’ai dessiné au stylo bille …

 

Le bleu
Vient de plus loin
Que la lumière.

Guillevic

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Le firmament
Accueille les chants

Qui de partout
Montent vers lui.

Il les absorbe
Et les transforme en bleu.

Guillevic

 

cœur de ce matin

23 juillet 2016 § 2 Commentaires

1… 2… 3… Pique celle-là ! les battements du mien accélèrent grâce au café … grâce à toi… grâce à la vie…

dessiné ce matin en dégustant mon café portugais…

coeur de pique-celle de base par Kajan(c)

coeur de pique-celle clair par Kajan(c)

coeur de pique-celle par Kajan(c)

Le cœur est un jardin secret
où se cachent des arbres

Il manifeste cent formes,
mais il n’a qu’une seule forme.

C’est un océan immense,
sans limites et sans rives

Cent vagues s’y brisent
les vagues de chaque âme.

Rûmi

 

 

blessure

29 mars 2016 § Poster un commentaire

état de spleen de ce jour… seule… le regard interrogeant le ciel… alors j’ai dessiné… j’ai soufflé sur la blessure… dans le train entre Renens et Lausanne… 

Finir
Par se pardonner

Jusqu’à la blessure
Faite à la rose.

Guillevic

la blessure du 29 mars par Kajan(c)

on n’a jamais dit la haute blessure

le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune

la plaie si douce
et les ténèbres renversées

on n’a jamais dit

tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs

et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer

Zéno Bianu

 

printemps

21 mars 2016 § 3 Commentaires

 

 

printemps par Kajan(c)

 

à Pierre Faa

 

dessiné en fin de journée dans le métro… une graine qui devient une fleur… une décision d’aimer…

***

Avec la brise du printemps
cette vallée, cette autre
quelle agitation
la tête me tourne
ah, ces filles-fleurs, ces garçons-fleurs!

Ko Un    trouvé ici

***

printemps aussi par Kajan(c)

 

animal de compagnies

5 août 2015 § Poster un commentaire

animal de compagnies par Kajan(c) dessin dédié à Michel qui s’est endormi il y a peu, … rejoignant de belles compagnies célestes…

ANIMAL DE LUMIÈRE

Je suis, dans cet illimité sans solitude,
un animal de lumière traqué
par ses erreurs, par son feuillage :
vaste est la forêt : ici mes semblables
pullulent, reculent, trafiquent
tandis que je m’isole avec pour toute compagnie
l’escorte que le temps désigne :
les vagues de la mer, les étoiles nocturnes.

C’est peu, c’est vaste, c’est mince et c’est tout.
Mes yeux ont vu tant d’autres yeux
et ma bouche a reçu tant de baisers
et avalé tant de fumée
de ces trains disparus
– ô vieilles gares inclémentes! -,
elle a humé tant de poussière en d’incessantes librairies,
que l’homme que je suis, le mortel, s’est lassé
de ces yeux, ces baisers, ces fumées, ces chemins,
ces livres plus épais que l’épaisseur terrestre.

Et aujourd’hui, au fond de la forêt perdue
il entend la rumeur de l’ennemi et fuit
non point les autres mais lui-même
et la conversation interminable,
le chœur qui chantait avec nous,
la signification de l’existence.

Car une fois, car une voix, une syllabe
ou le passage d’un silence
ou le son de la mer resté sans sépulture
me laissent face à face avec la vérité,
et il ne reste vraiment rien à déchiffrer,
rien qui puisse encore être dit : il n’y avait rien d’autre :
les portes de la forêt se sont refermées,
le soleil circule en ouvrant les feuilles,
la lune monte dans le ciel comme un fruit blanc
et l’homme se conforme à son destin.

Pablo Neruda

merci à https://arbrealettres.wordpress.com/   …. où je trouve des mots ciselés pour parer mes dessins… 

Où suis-je ?

Catégorie sentimental sur journal du dessin rencontre.