écriture

27 octobre 2013 § Poster un commentaire

écriture par Kajan(c)

 

Au plus juste
Au plus fort
Dépouillé
Là où la douleur s’ouvre
A l’innocence

Tandis que nous quittent les parfums
Floconne l’écriture
Sous les paupières

Alors s’éveiller
De soi inconnu

Compact de solitude ?

 

Jamel Eddine Bencheikh

 

 

présence en spirales

1 octobre 2013 § 3 Commentaires

profil en spirales par Kajan(c)

L’air grisâtre est bruissant et moite;
On se sent bien et à l’abri dans la forêt.
Docile je vais porter une fois encore
La croix légère des promenades solitaires.

Et de nouveau, vers l’indifférente patrie,
Le reproche, comme l’oiseau, monte en spirale.
Je participe à la vie ténébreuse,
Je suis innocent de ma solitude.

Un coup de feu. Sur le lac assoupi
Les ailes des canards pèsent lourd à présent.
Les troncs des sapins sont hypnotisés
Par le reflet d’une double existence.

Ciel vitreux à l’étrange miroitement,
De l’univers la brumeuse douleur —
Ô permets-moi d’être pareillement brumeux,
Permets-moi de ne pas t’aimer.

Ossip Mandelstam

 

merci une fois de plus Arbrealettres

 

 

ensemble

26 septembre 2013 § 5 Commentaires

ensemble par Kajan(c)

Ensemble

Il y aura une fois
Une ou deux fois
Toutes les fois

Du bonheur pour tous
Rien que du bonheur
Sur toute la terre

Si nous le voulons
Si nous le faisons

Si nous nous y mettons
Tous aujourd’hui
Ensemble.

Jean Rousselot

quelques dessins saisis au cours d’une rencontre avec un coach d’équipe… un processus nommé « team building »… consolidation de lien entre les collaborateurs d’un service… discussion… expression… émotion… espoir…


ces croquis témoignent de ma perception du moment…

les textes proviennent d’ arbrealettres … mon pourvoyeur de mots inspirés qui dialoguent avec mes dessins… merci pour son époustouflant travail et son goût inspiré…

lave

15 septembre 2013 § Poster un commentaire

Je te vois,

Je ne te vois pas

Dans une pénombre
En instance de volcan.

Guillevic

cerf volcanique par Kajan(c)

Comme la lave
Rampe sous la terre,
Se rassemble,
Arrive à l’ouverture,
Se donne,
Fait la place
A d’autres laves.

Guillevic

 

dessin hommage à Nico

 

 

 

 

 

 

rêveur rouge

9 septembre 2013 § 5 Commentaires

rêveur rouge par Kajan(c)

La folie seule de l’amour
perce le trou par où s’échappe
l’ivresse d’être enfin dans l’azur
ou dans un carnage éclatant.

 

André Frénaud

 

trouvé sur Arbrealettres mon fournisseur magique…

 

 

 

 

 

besoin de reconnaissance

29 août 2013 § Poster un commentaire

bien séance par Kajan(c)

Je ne veux pas de ces masques à moitié creux,
autant la marionnette.
Elle, du moins, est pleine.
Je souffrirai sa carcasse,
le fil aussi
et même son visage de pur semblant.

Ici je suis en face.
Même si s’éteignent les lampes,
même si j’entends dire : fin
– même si, de la scène le vide vient à moi
dans le gris courant d’air,
même si, de mes silencieux ancêtres,
aucun n’est plus assis à mes côtés, aucune femme,
pas même le garçon à l’œil brun qui louchait;
je resterai.

Il y a toujours à voir.

Rainer Maria Rilke

carré

25 août 2013 § Poster un commentaire

carré par Kajan (c)

Avec mes pierres carrées
je t’enfermerai dans une œuvre
car tu es coureur de chagrins
et la règle est d’apprendre à rire
Homme
avant de mourir.

Henry Bauchau

 

 

encore merci à Arbrealettres mon pourvoyeur de textes inspirés…

 

 

huitante

11 août 2013 § Poster un commentaire

50+30 par Kajan (c) vice

50+30 par Kajan(c) versa

 

Le philosophe allait sur son âne; prophète,
Prunelle devant l’ombre horrible stupéfaite,
Il allait, il pensait.

Il allait, il pensait. Devin des nations,
Il vendait aux païens des malédictions,
Sans savoir si des mains dans les ténèbres blêmes
S’ouvraient pour recevoir ses vagues anathèmes.

Il venait de Phétor; il allait chez Balac,
Fils des Gomorrhéens qui dorment sous le lac,
Mage d’Assur et roi du peuple moabite.
Il avait quitté l’ombre où l’épouvante habite,
Et le hideux abri des chênes chevelus
Que l’ouragan secoue en ses larges reflux.
Morne, il laissait marcher au hasard sa monture,
Son esprit cheminant dans une autre aventure;
Il se demandait: « Tout est-il vide? et le fond
N’est-il que de l’abîme où des spectres s’en vont?
L’ombre prodigieuse est-elle une personne?
Le flot qui murmure, est-ce une voix qui raisonne?
Depuis quatre-vingts ans, je vis dans un réduit,
Regardant la sueur des antres de la nuit,
Écoutant les sanglots de l’air dans les nuées.
Le gouffre est-il vivant? Larves exténuées,
Qu’est-ce que nous cherchons? Je sais l’assyrien,
L’arabe, le persan, l’hébreu; je ne sais rien.
De quel profond néant sommes-nous les ministres?…»
Ainsi, pâle, il songeait sous les branches sinistres,
Les cheveux hérissés par les souffles des bois.
L’âne s’arrêta court et lui dit: « Je le vois. »

Victor Hugo                » Dieu invisible au philosophe »

 

 

 

 

 

toujours le même thème

4 août 2013 § 3 Commentaires

dans mon carnet par Kajan (c)

“ Imagine-toi que chaque jour est le dernier qui luit pour toi : elle te sera agréable l’heure que tu n’espérais plus. ”
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout. La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir. Le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte. Il n’y a rien de mal en la vie pour celui qui a bien compris que la privation de la vie n’est pas mal.

extrait d’Essais par Michel de Montaigne

 

 

dédié à Perrin Langda qui m’inspire toujours lors de nos rencontres inopinées…

 

 

 

à l’eau

29 juillet 2013 § Poster un commentaire

50+18 ondine par Kajan(c)

en toi faible
un chant de mondes
coïncide

Jean Cocteau

 

 

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Catégorie seulement dessin sur journal du dessin rencontre.