céleste botanique
9 Mai 2013 § Poster un commentaire

Le miroir et la petite fille
Le miroir a plus de cent ans.
Sa peau de glace est tachetée
Comme le front ridé des vieilles
– Petite fille magique,
Dit le miroir,
Peux-tu me rendre ma jeunesse?
– Excusez-moi, dit la petite fille,
Vous devez faire erreur.
Dans mon pays,
Ce sont les miroirs qui sont magiques.
Je ne peux rien pour votre jeunesse,
Mais j’aimerais bien devenir princesse.
Michel Luneau
en apparence
29 avril 2013 § Poster un commentaire

L’Univers visible n’est que l’apparence passagère
d’un état de l’Univers invisible.
Camille Flammarion
abîme
16 avril 2013 § Poster un commentaire

retouche au programme
quand la mémoire fait relâche
l’oubli règle son ballet de méduses
Daniel Boulanger

rester au centre silencieusement
14 avril 2013 § Poster un commentaire
Silence soudain dans la maison.
Le dernier pavot s’est défait.
Dans une longue somnolence je me fige
Et j’accueille l’obscurité qui vient trop tôt.
Les portes sont fermées à double tour,
Le soir est noir, le vent se calme.
Où est la gaieté, où le souci?
Où es-tu, mon doux fiancé ?
On n’a pas trouvé la bague secrète,
J’ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon coeur.
Anna Akhmatova
voyage transparent
17 mars 2013 § Poster un commentaire
inspiré par les tribulations de Nico Guerrero Vortex au bord de la terre…

au commencement une image…
A celui qui porte la Lumière
J’existe parce qu’il y a un homme qui me rêve ;
un homme qui dort et me voit agir et vivre et me mouvoir
— et qui rêve en ce moment que je vous parle comme je fais.
Quand il commencera à me rêver, mon existence commencera ;
quand il se réveillera, je cesserai d’être.
Je suis un jeu de son imagination, une création de son esprit,
un hôte de ses longues fantaisies nocturnes.
Le songe de ce quelqu’un a tant de consistance et de durée
que je suis devenu visible même à ceux qui sont éveillés.
Giovani Papini
il t’attend
11 mars 2013 § Poster un commentaire

dans le carnet… sage comme une image… il te tend son regard… il t’attend…

Votre nom ne me dit rien.
Seul votre regard me parle du silence
qui vous déserte ou qui vous hante
Michel Camus
dans mon carnet
26 février 2013 § 3 Commentaires




Irréalité
existence
Se passer la main sur le visage,
la crainte angoissée
de n’y plus trouver ni nez,
ni bouche,
tous traits effacés
comme sur un dessin …
Jacques Rigaut

un regard et soudain une fleur…
18 février 2013 § Poster un commentaire
petit croquis de cet après-midi…

La fleur que tu es je veux, non la fleur que tu me donnes.
Pourquoi donc me refuser ce que je n’exige point ?
Tu auras tout le temps de refuser
Après que tu auras donné.
Fleur, sois cette fleur ! Si te cueille avaricieux
La main de l’omineuse sphinge, alors toi, ombre
Pérenne, absurde tu devras errer,
En quête de la fleur que tu as déniée.
Fernando Pessoa
la nouvelle Eve
30 janvier 2013 § 1 commentaire
ce dessin né d’un billet de 50 francs suisses… fantasme de valeur… tente de donner le change…
J’ai bu une Gorgée de Vie –
Savez-vous ce que j’ai payé –
Exactement une Existence –
Le prix, ont-ils dit, du marché.
Ils m’ont pesée, grain par grain de Poussière –
Ont mis en balance Peau contre Peau,
Puis m’ont donné la valeur de mon Être –
Une unique Goutte de Ciel!
Emily Dickinson (merci une fois de plus à Arbrealettres… mon pourvoyeur poétique… )
reprise du processus « le prix du paradis » après une petite parenthèse enchantée et vivifiante à Paris…
son son
17 décembre 2012 § Poster un commentaire
…improvisé sur le son du saxophone de Leo

Ce Monde n’est pas une Conclusion.
Il y a une Vie au-delà –
Invisible – comme la Musique –
Mais positive – comme le Son –
Elle fait signe, elle déconcerte –
La Philosophie – connaît pas –
Et, à travers une Énigme, enfin –
La Sagacité finit par se faufiler –
La deviner tourmente les clercs –
Pour l’avoir, les Hommes ont enduré
Le mépris des Générations
Et la Crucifixion montré du doigt –
La Foi glisse – et rit reprend des forces –
Rougit, devant témoin –
Tire sur une brindille de Preuve –
Demande à une Girouette, le chemin –
Des grands Gestes, de la Chaire –
Roulent de puissants Alléluias –
Aucun Narcotique pour calmer la Dent
Qui grignote l’âme –
Emily Dickinson » La Dent «




