l’oiseau du retour

5 janvier 2017 § 5 Commentaires

dessiné dans le train qui me ramène de Paris … hommage aux splendides oiseaux dramatiques rencontrés à l’exposition fascinante de Jean-Luc Verna au MacVal

oiseau-noir-par-kajanc

Like a bird on the wire,
like a drunk in a midnight choir
I have tried in my way to be free.
Like a worm on a hook,
like a knight from some old fashioned book
I have saved all my ribbons for thee.
If I, if I have been unkind,
I hope that you can just let it go by.
If I, if I have been untrue
I hope you know it was never to you.

Like a baby, stillborn,
like a beast with his horn
I have torn everyone who reached out for me.
But I swear by this song
and by all that I have done wrong
I will make it all up to thee.
I saw a beggar leaning on his wooden crutch,
he said to me, « You must not ask for so much. »
And a pretty woman leaning in her darkened door,
she cried to me, « Hey, why not ask for more? »

Oh like a bird on the wire,
like a drunk in a midnight choir
I have tried in my way to be free.

Leonard Cohen

un signe au tournant de l’année

31 décembre 2016 § Poster un commentaire

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j’ai découvert Aslı Erdoğan grace à Tieri Briet lorsqu’elle a été emprisonnée et menacée de perpétuité pour collaboration terroriste… j’ai lu ses textes qui m’ont inspirée… c’est une écrivaine puissante dont les mots font jaillir des images sur mon papier à dessin… ce dessin-là je voulais le lui envoyer en prison… c’est ainsi que je l’imaginais attendre le jour de sa libération…  là voici libérée sous conditions… une note d’espoir au tournant de cette année…

 

extrait du Courrier International du 30 décembre 2016 :

L’écrivaine turque a passé 132 jours derrière les barreaux. Accusée de “propagande terroriste”, elle risque toujours la prison à vie.
Je suis une écrivaine, ma raison d’être est de raconter”, avait clamé Aslı Erdoğan face à ses juges à Istanbul, jeudi 29 décembre.
Quelques heures plus tard, l’auteure était autorisée à quitter sa prison après 132 jours de détention provisoire pour “propagande terroriste”, rapporte le site Hürriyet Daily News. Aslı Erdoğan (49 ans) comparaissait aux côtés de huit journalistes et intellectuels, mis en cause comme elle pour avoir collaboré au journal prokurde Özgür Gündem. La publication a été “fermée (depuis) en raison de ses liens supposés avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)”.

Tous les prévenus emprisonnés ont été remis en liberté provisoire, à l’exception du journaliste İnan Kızılkaya, qui reste incarcéré. “On m’accuse d’être membre d’une organisation terroriste sur la seule base que mon nom apparaît dans l’ours du journal”, avait dénoncé Erdoğan, dont la comparution a reçu un fort écho dans la presse internationale.

Le sort de la romancière demeure incertain malgré sa libération. Sous contrôle judiciaire, elle et ses coaccusés risquent toujours la prison à vie. Une nouvelle audience doit se tenir le 2 janvier.

 

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Justice et liberté,
Frères ne dites pas
Que l’aurore brille devant nous.
Justice et liberté
Frères osez
Demain nous rosserons le Diable à mort.

Venus des montagnes,
Montés des vallées,
Traînez le poids au pied :
Justice et liberté
Frères ne posez pas de questions
Nous seuls sommes le tribunal du monde.

Vastes terres,
Rues étroites,
Frères, c’est notre foulée.
Pleurer, rire,
Aimer, haïr,
Nous entraînons tous les dieux avec nous.

***

Recht und Freiheit,
Brüder sagt nicht
Vor uns scheint das Morgenrot.
Recht und Freiheit
Brüder wagt es
Morgen schlagen wir den Teufel tot.

Von den Bergen,
Aus den Tälern,
Schleppt am Fuß das Bleigewicht:
Recht und Freiheit
Brüder fragt nicht
Wir nun sind das Weltgericht.

Weite Lnder,
Enge Gassen,
Brüder, das ist unser Schritt.
Weinen, Lachen,
Lieben, Hassen,
Alle Götter ziehn wir mit.

Hannah Arendt

 

tache 

27 décembre 2016 § Poster un commentaire

tache par Kajan(c)un reste de peinture acrylique au fond du récipient … une pensée … une présence … rien …

le cœur de Noël

25 décembre 2016 § 2 Commentaires

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Ce vide au cœur de l’amour est une chose merveilleuse,
il n’existe pas pour être comblé, c’est lui qui comble.
Comme la musique aboutit au silence,
tout tend vers cet instant où les mains tombent.

Plus rien à donner, plus rien à prendre.
Le monde est perçu en son origine,
et le temps n’est qu’un rêve de l’espace.

Heather Dohollau

pour Gisèle

l’énergie du temps

29 novembre 2016 § 4 Commentaires

éclipse par Kajan(c)

une version plus rouge de ce dessin inspiré par Emma Kunz se trouve dans notre calendrier

 

avant, j’étais une planète
avec une atmosphère dense, bien à elle.
Les rayons du dehors s’y brisaient en arcs-en-ciel.
Des orages permanents faisaient rage là-dedans, là-dedans.

Maintenant, je suis éteint et sec et ouvert.
Je n’ai plus à présent l’énergie de l’enfance.
J’ai un côté brûlant et un côté glacé.

Plus d’arcs-en-ciel.

Tomas Tranströmer

 

me laissant ses yeux

26 novembre 2016 § 2 Commentaires

encore un texte d’Aslı Erdoğan, femme écrivain emprisonnée à Istanbul depuis plus de 90 jours …

me-laissant-ses-yeux-par-kajanc

Autrefois, j’ai aimé quelqu’un. Il est parti en me laissant ses yeux. Il n’avait personne à me laisser. Aimer… Ce mot-là, je l’ai trouvé en fouillant dans mon cœur, en sondant inlassablement ces épaisses ténèbres. Mais personne ne m’a dit que « chacun tue celui qu’il aime » ! Nous étions ensemble dans l’édifice de pierre. J’ai longtemps prêté l’oreille aux bruits. Quand mon tour est venu, le jour n’était pas encore levé. Bien sûr, vous ne me croyez pas. Vous pensez que ce bâtiment est issu de mon rêve ? Mais nos rêves ne sont-ils pas le levain de la pâte dont nous sommes pétris ? Finalement, l’aube va naître, des trainées rouge sang vont apparaître à l’horizon… Dans le ciel tendu, terne, tout plat, les étoiles vont se solidifier et disparaître l’une après l’autre. La dernière laissera pendre une corde vers le bas, vers nous. Ta nuit muette, tes mots coupés en deux et ensanglantés, tes ombres errantes, privées de leur maître, tes rêves couleur de cœur dont personne ne veut, tes mots ailés vont pouvoir y grimper… Tous tes rêves, venus vivre parmi nous et repartis sans crier gare, vont pouvoir se hisser vers les profondeurs… Dans les tréfonds où se perdent tout homme et toute chose… Mais vous ne m’entendez pas ? J’aurais peut-être dû faire mon récit au passé. J’ai attaqué ma chanson dans le mauvais sens, par la mauvaise note.

extrait du Bâtiment de pierre d’ Aslı Erdoğan (Taş Bina ve Diğerleri)

Vous pouvez écrire à Asli Erdogan en prison, pour la soutenir, pour matérialiser cet intérêt international par un courrier abondant :
Sayin Asli ERDOGAN
Bakırköy Kadın Kapalı Cezaevi C 9 Koğuşu
Bakırköy İstanbul
(TURQUIE)

j’entends mon sang

19 novembre 2016 § Poster un commentaire

asli-rouge-par-kajanc

 

spleen dominical

13 novembre 2016 § 2 Commentaires

sous forme d’apparition élégamment écorchée … 

Spleen

Tout m’ennuie aujourd’hui. J’écarte mon rideau.
En haut ciel gris rayé d’une éternelle pluie,
En bas la rue où dans une brume de suie
Des ombres vont, glissant parmi les flaques d’eau.

Je regarde sans voir fouillant mon vieux cerveau,
Et machinalement sur la vitre ternie
Je fais du bout du doigt de la calligraphie.
Bah! sortons, je verrai peut-être du nouveau.

Pas de livres parus. Passants bêtes. Personne.
Des fiacres, de la boue, et l’averse toujours…
Puis le soir et le gaz et je rentre à pas lourds…

Je mange, et bâille, et lis, rien ne me passionne…
Bah! Couchons-nous. — Minuit. Une heure. Ah! chacun dort!
Seul, je ne puis dormir et je m’ennuie encor.

Jules Laforgue

jardin forêt ou forêt jardin

2 novembre 2016 § 2 Commentaires

dessiné pendant un stage intense de permaculture donné par Jérémie Ancelet la semaine passée …

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°°°

Viens, printemps, audacieux amant de la terre,
fais palpiter le cœur de la forêt, impatient de s’exprimer!
Viens en rafales d’inquiétude au milieu des feuilles et des fleurs pressées d’éclore.

Telle une lumineuse révolte, élance-toi dans la nuit,
dans l’obscurité de l’eau, dessous la terre,
crie la liberté des semences prisonnières!

Comme le rire de la foudre, le hurlement de la tempête, éclate dans la ville bruyante;
libère la parole étouffée, l’effort tombé en léthargie,
renforce notre combat alangui, sois vainqueur de la mort!

Rabindranath Tagore

°°°

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Une des techniques phares en permaculture, est la forêt comestible, dont le concept, bien que très ancien dans certains pays des tropiques doit sa première introduction au monde occidental à un anglais, Robert Hart. Son coup de génie aura été de non seulement étudier des modèles de forets nourricières tropicale, mais d’expérimenter ensuite leur transposition en climat tempéré, en Angleterre, dès le début des années 60.

« Personne ne fertilise ou n’irrigue une forêt. La forêt est autonome. Si vous êtes capable de recréer une forêt nourricière alors votre principal effort sera d’en récolter les fruits. »

Grâce à cette méthode, l’effort est moindre. L’énergie à fournir est importante au départ, mais une fois le système établi, il n’en nécessite quasiment plus. La dernière étape de la succession écologique sous nos latitudes : le climax, est la forêt, la nature tend donc à retrouver cet état en permanence. Travailler « avec la nature et non contre elle » irait donc dans le sens de créer une forêt comestible.      ( trouvé ici )

 

un regard

24 octobre 2016 § 13 Commentaires

sorti de mes archives … en commençant à préparer une exposition pour le prochain été … et un calendrier … 
un regard par Kajan(c)

derrière ton regard
un double de lumière
qui sourit

Zéno Bianu

Où suis-je ?

Catégorie seulement dessin sur journal du dessin rencontre.