Gravenstein
30 novembre 2015 § Poster un commentaire

drôle de dessin que celui-ci, apparu dans le métro entre Croisettes et Renens… aujourd’hui…
ARBRE AU-DEDANS
Dans mon front a poussé un arbre.
il a poussé au-dedans.
Ses racines sont des veines,
des nerfs ses branches,
ses feuillages confus des pensées.
Tes regards l’enflamment
et ses fruits d’ombres
sont oranges de sang,
grenades de lumière.
Le jour se lève
dans la nuit du corps.
Là au-dedans, dans mon front,
l’arbre parle.
Approche, tu l’entends?
Octavio Paz ( trouvé chez Arbrealettres )

bas les masques
29 septembre 2015 § Poster un commentaire
quelques traits vite faits sur ma banquette de métro… quelque part entre la gare et le terminus… est-ce si différent d’être là à dessiner plutôt qu’à m’hypnotiser aux ondes virtuelles de mon téléphone dit intelligent ?
le masque sourd du visage
mime le visage
délaisse le visage
le masque sourd de la page vide
déguise le vide
lui qui n’est que vide
Yang Lian
rêver …
est-ce ici ou ailleurs ?
D’un et de deux, de tous
Je suis le spectateur et l’acteur et l’auteur
Je suis la femme et son mari et leur enfant
Et le premier amour et le dernier amour
Et le passant furtif et l’amour confondu
Et de nouveau la femme et son lit et sa robe
Et ses bras partagés et le travail de l’homme
Et son plaisir en flèche et la houle femelle
Simple et double ma chair n’est jamais en exil
Car où commence un corps, je prends forme et conscience
Et même quand un corps se défait dans la mort
Je gis en son creuset j’épouse son tourment
Son infamie honore et mon cœur et la vie.
Paul Eluard

parfois même je me demande qui dessine ? …
visions en déplacement
31 août 2015 § Poster un commentaire
suite de mon projet « transports en commun »………………… dessins réalisés le temps d’un trajet dans les transports en commun, plus particulièrement les TL de Lausanne…
les deux dessins de ce jour… comme un constat d’impuissance… se laissant juste traverser par une myriade d’étoiles… nous sommes de pauvres hologrammes qui se prennent au sérieux…
de la station Maurice Béjart jusqu’aux Croisettes… ce matin…
Le sentiment d’une solitude déchirante
et d’une certaine incommunicabilité du monde
était parfois donné par la vue d’une brouette vide
vide encore chaude de la fumure transportée.
Le jardinier s’en était allé boire:
il se pouvait qu’il ne revînt jamais.
Je me disais que je lui avais quelques fois parlé.
A bien réfléchir, il se pouvait que je lui aie dit cent mots.
Les oiseaux passaient à tire-d’aile, les horloges sonnaient
et les ombres s’allongeaient sur le sol blanc.
Le jardinier n’était pas mort, il n’avait eu qu’une attaque.
Il ne parlerait plus et resterait sur un banc
devant sa porte et des mouches en pleine vie
marcheraient dans ses mains sur lesquelles tremblerait
l’ombre dentelée des feuilles pacifiques.
Jean Follain
puis ce soir… des Croisettes jusqu’à Bessières…
Transporte-nous, sac infini,
nous Jonas infinitésimaux.
Giovanni Giudici
éléments
21 août 2015 § 1 commentaire
pour Sophie à Moscou …
je planche ces temps sur un projet inspiré du tableau de Mendeleïev… le tableau périodique des éléments… et dans ma rêverie dans le métro j’ai imaginé la table des ailes aimants …
ces ailes aimants nous destinent à retrouver notre essence angélique… à notre corps défendant… de par leur nature aimantée… les pièces seront enfin rassemblées…

où sont les anges ? on ne les reconnait pas souvent… mon regard se perd de rêveries en traits… pourtant ils sont là tout près… pourtant je peux les sentir…

il faudrait se retourner vite
n’importe comment
n’importe où
surprendre l’ange et le domaine
Jean Cocteau

L’ANGE
Une fois l’ange passe aussi
Tout près de toi
C’est un lundi matin pluvieux
Tu te sens plus vieux que le monde
Les souliers mal cirés
Et le cœur rouillé
Mais l’ange de ton destin passe
T’inondant de bonté
Et d’un sourire rose:
Retiens-le!
Retourne-toi!
Avant qu’il ne ressemble au vent!
Yvan Goll
tant suspendu qu’à la fin…
21 juillet 2015 § 1 commentaire
nés des contrastes thermiques de ces journées caniculaires et la fraîcheur inespérée du métro… quelques croquis rouges entre Croisettes et la Gare de Lausanne…

J’entends que la hache a fleuri,
j’entends que le lieu n’est pas nommable,
j’entends que le pain qui le regarde
guérit le pendu,
le pain que la femme a cuit pour lui,
j’entends qu’ils disent de la vie
qu’elle est le seul havre et recours.
Ich höre, die Axt hat geblüht,
ich höre, der Ort ist nicht nennbar,
ich höre, das Brot, das ihn ansieht,
heilt den Erhängten,
das Brot, das ihm die Frau buk,
ich höre, sie nennen das Leben
die einzige Zuflucht.
I hear that the axe has flowered,
I hear that the place can’t be named,
I hear that the bread which looks at him
heals the hanged man,
the bread baked for him by his wife,
I hear that they call life
our only refuge.
poème de Paul Celan trouvé ici …
transports en commun
1 juillet 2015 § Poster un commentaire
du transport singulier à celui collectif… dessins réalisés ce soir en rentrant en métro… le M2 de Lausanne… improviser pour trouver une autre fenêtre… une autre voie…
Ne dites pas que je vous aime
lorsque je vous aime au printemps.
L’Oiseau Bleu résout ce problème:
je vous aime en vous inventant.
Paul Fort
Plutôt être ensemble – ballotés sur la houle –
Qu’un Havre – non partagé par toi.
Plutôt la Cargaison – à bord – ici –
Que les « îles aux épices » –
Et toi – absent –
Emily Dickinson
aller et retour …
1 juin 2015 § 1 commentaire
des dessins réalisés le temps d’un trajet de métro … inspirées dans la rame … apparitions inopinées
Itinérants
Il était très tard et très tôt,
le métro roulait vers la porte de la Chapelle.
Il n’y avait personne sauf deux
et la première personne parlait à la seconde personne
d’une troisième personne qui était,
à l’entendre, un oiseau.
Elles descendirent à la Trinité
et sur le quai, sans la saluer,
croisèrent une autre personne
qui avait une queue et des cornes
et devait descendre à la Fourche.
drôle de rame
27 avril 2015 § 5 Commentaires
je me suis rendue compte qu’il m’était possible de dessiner dans le métro… alors… le temps d’un trajet, j’ai saisi l’inspiration ambiante que voici… après tout ce n’est pas pour rien que l’on dit transport en commun… non ?
un nouvel exercice donc : un dessin le temps d’un trajet… un voyage dans le voyage…
Portraits
Quand il eut regardé de bien près tous les monstres
Et vu qu’ils étaient faits tous de la même étoupe,
Il put s’asseoir tranquille dans une chambre claire
Et voir l’espace.
Guillevic












