la nouvelle Eve
30 janvier 2013 § 1 commentaire
ce dessin né d’un billet de 50 francs suisses… fantasme de valeur… tente de donner le change…
J’ai bu une Gorgée de Vie –
Savez-vous ce que j’ai payé –
Exactement une Existence –
Le prix, ont-ils dit, du marché.
Ils m’ont pesée, grain par grain de Poussière –
Ont mis en balance Peau contre Peau,
Puis m’ont donné la valeur de mon Être –
Une unique Goutte de Ciel!
Emily Dickinson (merci une fois de plus à Arbrealettres… mon pourvoyeur poétique… )
reprise du processus « le prix du paradis » après une petite parenthèse enchantée et vivifiante à Paris…
art gentiment
20 janvier 2013 § Poster un commentaire
aperçus du projet « le prix du paradis »…
en cours… de la monnaie… à changer…

par Christophe inspiré…

par Nathalie
TABLEAU À MESSAGES
DENGONBAN
— Je pars en premier. J’ai déjà attendu deux heures. A.
Des amants? Ou simplement des amis?
— Je pars en premier Je pars en premier
Moi aussi j’attendais quelque chose mais
À la fin me voici parvenu à cet âge avec une chose qui n’est pas arrivée
Ce n’est pas la gloire. Ce n’est pas la révolution
Bien entendu ce n’est pas l’argent
J’attendais quelque chose qui ne se dit pas avec les lèvres
Maintenant au grand ciel infini j’écris
Avec la plume d’un blanc nuage blanc J’écris
— je pars en premier

cinquante transfiguré
31 décembre 2012 § Poster un commentaire

dessin préparatoire du projet « le prix du Paradis »…
peut-être aussi une façon symbolique d’entrer dans la cinquantième…

Limites
Il est une ligne de Verlaine dont je ne vais plus me souvenir,
Il est une rue proche interdite à mes pas,
Il est un miroir qui m’a vu pour la dernière fois,
Il est une porte que j’ai fermée jusqu’à la fin du monde.
Parmi les livres de ma bibliothèque (je les vois)
Il en est un que je n’ouvrirai plus.
Cet été, je vais avoir cinquante ans;
La mort me ronge et me ruine, incessante.
Jorge Luis Borges

Est-ce qu’il pleuvait? certainement.
Mais est-ce que l’eau mouillait, il y a cinquante ans?
Ernest Lavisse
merci à Arbrealettres, ma bibliothèque poétique virtuelle…………..
son son
17 décembre 2012 § Poster un commentaire
…improvisé sur le son du saxophone de Leo

Ce Monde n’est pas une Conclusion.
Il y a une Vie au-delà –
Invisible – comme la Musique –
Mais positive – comme le Son –
Elle fait signe, elle déconcerte –
La Philosophie – connaît pas –
Et, à travers une Énigme, enfin –
La Sagacité finit par se faufiler –
La deviner tourmente les clercs –
Pour l’avoir, les Hommes ont enduré
Le mépris des Générations
Et la Crucifixion montré du doigt –
La Foi glisse – et rit reprend des forces –
Rougit, devant témoin –
Tire sur une brindille de Preuve –
Demande à une Girouette, le chemin –
Des grands Gestes, de la Chaire –
Roulent de puissants Alléluias –
Aucun Narcotique pour calmer la Dent
Qui grignote l’âme –
Emily Dickinson » La Dent «
improvisation colorée
15 décembre 2012 § 2 Commentaires
Incandescence à la lisière
d’un ciel bas — la lumière-nid non dévorée
décline vers le minimum vital : du moineau
à l’oiseau sans nom, la distance
est la proie — fumée
qui atténue les braises, contrairement à la secte
d’ailes, où tu palpites, fumée épouse
du rougeoiement — dans la mémoire du moineau
cela parachève le sommeil des nuages.
Paul Auster
improvisation colorée d’une fin de vendredi… avec ce que j’ai sous la main… et juste un peu d’alcool sur le dessin… l’encre file… regard fugace… plaisir improvisé…
Contre la façade du soir:
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu –
l’ombre
portée par un souffle.
Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même
Paul Auster
about sax
3 décembre 2012 § Poster un commentaire
pour Leo

Lorsque l’esprit, tel un instrument de musique,
est accordé avec l’univers,
le chant du monde y éveille en tout point
des vibrations compréhensives.
Rabindranath Tagore
souffle
25 novembre 2012 § Poster un commentaire

Là où ni pensée ni souffle ne circulent, là ou ni soleil ni lune pénètrent, là même, insensé, mets ta conscience en repos. Tel l’enseignement que profère Saraha.
Où la pensée meurt, le souffle s’arrête… réside la suprême et grande Béatitude. Elle ne se trouve pas ailleurs dit Saraha .
La pensée aussi instable que le vent et le cheval, abandonnez-la. Prenez conscience de la nature propre du Spontané et d’elle-même la pensée s’immobilisera.
Là, l’intelligence se défait, la pensée succombe, l’orgueil vole en éclats. Telle est la suprême kala identique à l’illusion. Pourquoi s’y lier par la méditation ?
Regardez, écoutez, touchez, mangez, sentez, marchez, restez assis, levez-vous, [mais] renoncez au bavardage de la vie courante. Abandonnez la pensée, ne vous écartez pas de l’Un.
Suprêmement libre d’être et de non-être, c’est en Lui que s’engloutit le monde entier. Quand la pensée s’arrête, immobile, on se libère alors du cycle du devenir !
En elle, il rend toute forme égale à l’espace infini, il affermit la pensée elle aussi dans la nature propre de [cette] égalité spatiale, celui qui rend sa pensée sans pensée se réjouit de la suprême nature propre du Spontané.
Saraha, co-fondateur de l’école tantrique Sahajiya, (début du VIIe siècle)
(Dohakosa de Saraha, par André Padoux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard)
Lumière
19 novembre 2012 § Poster un commentaire
pour ceux qui se sentent seuls, pour ceux qui souffrent…
Sache que, même si ton âme est cachée dans l’obscurité, elle demeure une étincelle de la flamme véritable.
Elle est une avec la plus grande de toutes les lumières. Trouve dans cette Lumière la source, le sens de ta quête.
La Lumière est la vie; sans la Lumière rien ne peut exister.
Que ce soit au cœur de la matière la plus dense ou enchaînée dans les ténèbres, la Lumière est toujours présente.
Hermès Trismégiste
J’ai vu l’ordre émerger du chaos,
La lumière émerger de l’ordre,
La vie émerger de la lumière.
exercice de style
13 novembre 2012 § Poster un commentaire

pour soutenir ma fille dans un interminable devoir en arts visuels où elle devait dessiner cette maison (cf la maison de Rose Seidler… j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une œuvre du Corbusier)…
Silence soudain dans la maison.
Le dernier pavot s’est défait.
Dans une longue somnolence je me fige
Et j’accueille l’obscurité qui vient trop tôt.
Les portes sont fermées à double tour,
Le soir est noir, le vent se calme.
Où est la gaieté, où le souci?
Où es-tu, mon doux fiancé ?
On n’a pas trouvé la bague secrète,
J’ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon coeur.
(Anna Akhmatova)
trouvé chez http://arbrealettres.wordpress.com/
fétiche
5 novembre 2012 § Poster un commentaire
à Jean-Luc Verna
qui m’a inspiré en rêve ainsi qu’à ma vessie transcendantale

La possession et la contemplation du fétiche provoquent soit l’orgasme sexuel, soit simplement des jouissances sentimentales platoniques.
Les esprits des fleurs
Voyez-vous de l’or de ces urnes
S’échapper ces esprits des fleurs,
Tout trempés de parfums nocturnes,
Tout vêtus de fraîches couleurs?
Ce ne sont pas de vains fantômes
Créés par un art décevant,
Pour donner un corps aux arômes
Que nos gazons livrent au vent.
Non chaque atome de matière
Par un esprit est habité ;
Tout sent, et la nature entière
N’est que douleur et volupté !
Chaque rayon d’humide flamme
Qui jaillit de vos yeux si doux;
Chaque soupir qui de mon âme
S’élance, et palpite vers vous;
Chaque parole réprimée
Qui meurt sur mes lèvres de feu,
N’osant même à la fleur aimée
D’un nom chéri livrer l’aveu ;
Ces songes que la nuit fait naître
Comme pour nous venger du jour,
Tout prend un corps, une âme, un être,
Visibles, mais au seul amour !
Cet ange flottant des prairies,
Pâle et penché comme ses lis,
une de mes rêveries
Restée aux fleurs que je cueillis.
Et sur ses ailes renversées
Celui qui jouit d’expirer,
Ce n’est qu’une de mes pensées
Que vos lèvres vont respirer.
Alphonse de Lamartine




