le dernier rêve

5 juillet 2016 § 3 Commentaires

celui de la nuit passée… ce matin j’ai pu m’envoler…

en tant qu'oiseau par Kajan(c)

 

Les espaces du sommeil

Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles
du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
Il y a toi.

Dans la nuit il y a le pas du promeneur
et celui de l’assassin et celui du sergent de ville
et la lumière du réverbère
et celle de la lanterne du chiffonnier.
Il y a toi.

Dans la nuit passent les trains et les bateaux
et le mirage des pays où il fait jour.
Les derniers souffles du crépuscule
et les premiers frissons de l’aube.
Il y a toi.

Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Un horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
Il y a vous, vous que j’attends.

Parfois d’étranges figures naissent
à l’instant du sommeil et disparaissent.
Quand je ferme les yeux,
des floraisons phosphorescentes apparaissent
et se fanent et renaissent comme des feux d’artifice charnus.
Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.

Et l’âme palpable de l’étendue.
Et les parfums du ciel et des étoiles
et le chant du coq d’il y a 2000 ans
et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.

Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde
et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
Il y a toi sans doute que je ne connais pas,
que je connais au contraire.

Mais qui, présents dans mes rêves,
Obstinés à s’y laisser deviner sans y paraître.
Toi qui restes insaisissable
dans la réalité et dans le rêve.

Toi qui m’appartiens de par ma volonté
de te posséder en illusion
mais qui n’approches ton visage du mien
que mes yeux clos aussi bien au rêve qu’à la réalité.

Toi qu’en dépit d’un rhétorique facile
où le flot meurt sur les plages,
où la corneille vole dans des usines en ruines,
où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.

Toi qui es à la base de mes rêves
et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses
et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
Dans la nuit il y a les étoiles
et le mouvement ténébreux de la mer,
des fleuves, des forêts, des villes, des herbes,
des poumons de millions et millions d’êtres.

Dans la nuit il y a les merveilles du mondes.
Dans la nuit il n’y a pas d’anges gardiens
mais il y a le sommeil.
Dans la nuit il y a toi

Dans le jour aussi.

 
Robert Desnos ( trouvé )

parfum pour dimanche

12 juin 2016 § 2 Commentaires

des fleurs au milieu des fleurs… je dessine… je dessine… pour un ouvrage où personne ne sera montré… pour que la guérison fleurisse au milieu des villes et des maisons… le doux parfum de soi-même enfin retrouvé… 

s

Encore
Un dimanche à rêver
Sur les collines
Encore
Au jardin
L’ombre du frêne
Et la longue lecture
Des riches heures
De l’été
Quand le monde à notre porte
Nous verse en milliers d’éclats
Sa beauté.
Hélène Cadou

voir rouge

29 Mai 2016 § 2 Commentaires

un florilège de dessins et d’images écarlates issus de ce journal… avant de devenir gris…

cliquer sur un dessin puis faites défiler…

 

Dérive en rouge

Parce que chaque mot cache une fin du monde
et que l’ombre rend plus vive la lumière
la vie belle de sa blessure rouge
flamboie de tristesses éparpillées
Un rouge exubérant à en mourir
un rouge à aimer sans prendre souffle
à boire comme un merveilleux poison

Le rouge de mon amour me brûle si fort
Le flamboyant rouge au silence violent
feu de joie ou sacrifice sanglant
le flamboyant carnivore suce le sang de l’été
mon coeur en fait autant, j’en suis maculée
Nous sommes comme des amants voraces

Qui me dira qu’il n’est pas beau de pleurer
qui me dira de me livrer dans l’instant vermeil
et pourquoi le sang tenace de l’été renaît
dans l’orgasme du flamboyant

Un pétale deux pétales trois pétales
rouge sang rouge vulve rouge Ogou
Tu dérives ma fille, tu dérives et t’emmêles
point de garde fou dans la saison du flamboyant
La passion est rouge, rouge et mouvante
elle exulte au coeur de l’été en chute libre

Et mon désir sans aucune honte me colle au corps
omniprésent omnivore affamé d’instants multicolores
Le rouge flamboyant dans mes veines réclame son dû
comme les lèvres dévorantes d’un été scandaleux

Kettly Mars …………..trouvé ici

fille est … fait mère

22 Mai 2016 § Poster un commentaire

un dessin de Celeste ma fille, en miroir d’un de mes dessins… dialogue rouge… lien de sang…

moléculaire par Celeste(c)

moléculaire par Celeste

je contemple du dehors

cet assemblage prodigieux de molécules

que je suis pour quelques temps encore

Celeste

moléculaire par Kajan(c)

moléculaire par Kajan

Poésie, fille-mère du silence,
son âme sœur et son chant d’amour
dans la toute-clémence du néant

Michel Camus

 

 

 

collaboration inopinée

20 Mai 2016 § Poster un commentaire

sur le mode je te passe mon dessin et tu me files tes mots… une rencontre récente sur les chemins inspirés de la virtualité…

délicatement par Kajan©

Délicatement
D’un geste presque amoureux
Il lui posa
En une joyeuse métaphore
Ses deux couilles bien pendantes
Au sommet déclinant de son crâne
Convaincu ainsi
De l’esthétique excellence
D’une telle galéjade
Quoiqu’au rire univoque
De laquelle il dût admettre
Certes non sans mal
L’excès flagrant de ses intentions ambiguës
A l’égard d’une si vénérable
Et fameuse altesse
Se reconnaissant depuis toujours
En la personne de la Poésie.

poème de OGHR à trouver ici…

fais ce qu’il te plaît

2 Mai 2016 § Poster un commentaire

pour Lili et Corinne
premier mai … café … muguet … copines dans une cuisine … et la Seine

premier mais par Kajan(c)

 

Par une nuit où la lune brille sur la neige, on se sent soi aussi transparent.

Par un jour où souffle une brise printanière, on sent son esprit vibrer à l’unisson.

                      « propos sur la racine des légumes » HONG Zicheng

 

premier mais revu par Kajan(c)

Ouvre tes mains pour voir
Si tu caresses quelque chose

Où va s’incarner
Le nouvel instant

Que tu épouseras
Durablement.

L’instant tel que jamais
Il n’y en eut.

Guillevic

Keziah et l’ours

25 avril 2016 § Poster un commentaire

Keziah et l'ours par Kajan(c)

un dessin de commande… portrait rêvé de l’enfant… promenade à partir d’une photographie… retrouvailles oniriques…

 

journée de la terre

22 avril 2016 § Poster un commentaire

dessin 22avril2016 par Kajan(c)

blessure

29 mars 2016 § 3 Commentaires

état de spleen de ce jour… seule… le regard interrogeant le ciel… alors j’ai dessiné… j’ai soufflé sur la blessure… dans le train entre Renens et Lausanne… 

Finir
Par se pardonner

Jusqu’à la blessure
Faite à la rose.

Guillevic

la blessure du 29 mars par Kajan(c)

on n’a jamais dit la haute blessure

le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune

la plaie si douce
et les ténèbres renversées

on n’a jamais dit

tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs

et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer

Zéno Bianu

 

printemps

21 mars 2016 § 3 Commentaires

 

 

printemps par Kajan(c)

 

à Pierre Faa

 

dessiné en fin de journée dans le métro… une graine qui devient une fleur… une décision d’aimer…

***

Avec la brise du printemps
cette vallée, cette autre
quelle agitation
la tête me tourne
ah, ces filles-fleurs, ces garçons-fleurs!

Ko Un    trouvé ici

***

printemps aussi par Kajan(c)

 

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