laisse le printemps te prendre
20 mars 2017 § Poster un commentaire
Le printemps est là, superbe!
Il est là, le printemps, le superbe printemps!
De longs bateaux légers, le vieux Danube rêve.
Il est là, le printemps, le printemps plein de sève!
Entends…
Et vois le vent d’avril qui roule et qui soulève
Les senteurs de nos prés. Avec elles, joyeux,
Le vent joue au cerceau. Sens-tu son allégresse?
Dis-le! Sais-tu ce que je veux?
Il me faudrait une maîtresse
Sous le venteux éveil,
Une maîtresse au souffle frais, vermeil,
A la carnation de perce-neige.
« Etreins-moi, Belle Biche! Encore! » lui dirai-je.
Chaque enfant est un rire au savoureux solfège.
II est là, le printemps,
Le joyeux cri du ciel! Entends!
II est venu, dis-tu, plus tôt que de coutume?
L’hiver aurait-il existé?
Il n’a jamais été!
Avant de naître, il fut posthume!
Eclose ton grand cœur! Jaillissent les bourgeons
Issus de nos poumons!
Monte le vent d’avril plus léger que la plume!
Attila Jozsef
trouvé chez Arbralettres à qui je souhaite un printemps foisonnant et léger…
dessiné dans le métro aujourd’hui … sève d’équinoxe … vert salvateur et régénérant … douce fraîcheur
détail dans l’atelier
11 mars 2017 § 4 Commentaires
juste saisi maintenant, un peu de lumière sur le dessin accroché au mur de l’atelier… acrylique et crayon sur sac papier pour ordures…
Pour qu’aucune lumière ne nous aime
Ils sont venus
portant drapeaux acérés et pistolets
ont abattu toutes les étoiles et la lune
pour qu’aucune lumière ne nous reste
pour qu’aucune lumière ne nous aime
Alors nous avons enterré le soleil
Ce fut une éclipse sans fin
***
Damit kein Licht uns liebe
Sie kamen
mit scharfen Fahnen und Pistolen
schossen alle Sterne und den Mond ab
damit kein Licht uns bliebe
damit kein Licht uns liebe
Da begruben wir die Sonne
Es war eine unendliche Sonnenfinsternis
Rose Ausländer
apparition au chien
6 mars 2017 § Poster un commentaire
tout ce que révèle l’image du bouvier bernois … comme en chaque image une hallucination… comme en chaque être un mystère…
Un peintre
Il vous dira le jour
Toujours entre deux nuits
Avec des fleurs coupées
Par de claires épées,
Une seule bougie
Eclairant des cerises
Et un papier plié
Par le poids d’un secret,
Sur un fond de feuillage
Bien fait pour épier
D’un regard végétal
Votre propre mystère.
Jules Supervielle
avec le reste du ciel
1 mars 2017 § Poster un commentaire
Atlas féminin
26 février 2017 § 4 Commentaires
ou une autre façon de porter le monde … dessin du jour dans un carnet commencé et l’envie de détourner quelques autocollants didactiques distribués en grande surface…
Un jour au mont Atlas
Un jour au mont Atlas les collines jalouses
Dirent : – Vois nos prés verts, vois nos fraîches pelouses
Où vient la jeune fille, errante en liberté,
Chanter, rire, et rêver après qu’elle a chanté ;
Nos pieds que l’océan baise en grondant à peine,
Le sauvage océan ! notre tête sereine,
A qui l’été de flamme et la rosée en pleurs
Font tant épanouir de couronnes de fleurs !
Mais toi, géant ! – d’où vient que sur ta tête chauve
Planent incessamment des aigles à l’œil fauve ?
Qui donc, comme une branche où l’oiseau fait son nid,
Courbe ta large épaule et ton dos de granit ?
Pourquoi dans tes flancs noirs tant d’abîmes pleins d’ombre ?
Quel orage éternel te bat d’un éclair sombre ?
Qui t’a mis tant de neige et de rides au front ?
Et ce front, où jamais printemps ne souriront,
Qui donc le courbe ainsi ? quelle sueur l’inonde ?… –
Atlas leur répondit : – C’est que je porte un monde.
Victor Hugo
réponse en interrogation
24 février 2017 § Poster un commentaire
un dessin rencontre réalisé hier soir à partir de la carte couleur noire, de la carte du Tarot « le fou » et d’une court extrait de Guillevic…
« Le poème
Nous met au monde. »
à propos du dessin rencontre …
moshi moon
5 février 2017 § Poster un commentaire
Rue Pestre 1
28 janvier 2017 § Poster un commentaire
il y a des mois, le fils de ma voisine du dessus a un peu oublié le robinet d’ho ! … qu’à cela ne tienne ! … le ciel peut me tendre la perche encore une fois…
AUTRE CHÂTEAU
Je ne suis pas, je ne suis pas de braise ardente,
je suis fait de linge et de rhumatismes,
de papiers déchirés, de rendez-vous manqués,
de modestes signes rupestres
sur ce qui fut pierres d’orgueil.
Que reste-t-il du château de la pluie,
de cette adolescence avec ses tristes rêves,
de cette intention entrouverte
d’être aile déployée, d’être un aigle en plein ciel,
une flamme héraldique?
Je ne suis pas, je ne suis pas l’éclair de feu
bleu, planté comme un javelot,
dans le cœur de quiconque échappe à l’amertume.
La vie n’est pas la pointe d’un couteau
ni le heurt d’une étoile,
elle est vieillissement dans une garde-robe,
soulier mille fois répété,
médaille qui se rouille
dans les ténèbres d’un écrin.
Je ne demande ni rose nouvelle ni douleurs,
ni indifférence, elle me consume,
chaque signe a été écrit,
le sel avec le vent effacent l’écriture
et l’âme est maintenant un tambour muet
au bord d’un fleuve, de ce fleuve
qui continuera de couler où il coulait.
Pablo Neruda … le beau poème trouvé sur arbralettres…
merci à Serge pour le titre…











