TRANSFIGURATION

31 décembre 2020 § 3 Commentaires

transfiguration par Kajan – feutres et alcool sur compte de jeu


au bord de l’année
au bord ultime
j’entendais parler du brouillard
je découvre la lumière
j’entendais des voix de peur
je trouve l’amour
je suis là
je regarde cette lumineuse étendue
où est le haut ? est-ce le bas ?
je suis en vie
j’aime vivre
ce mystère produit de la chaleur
cette énigme me fait tousser, transpirer, frissonner
je respire

Catherine Jan dite Kajan


Un geste vers le bas
ne trouve pas toujours
un geste vers le haut.
Mais lorsqu’il le trouve
ils vont tous deux vers le haut
ou tous deux vers le bas. Ou peut-être les directions disparaissent
et inaugurent dans le point de rencontre
la transfiguration qui les dispense
d’un mouvement quelconque.
Tout geste est une épiphanie
lorsqu’il n’y a plus de différences
entre le haut et le bas.

Un gesto hacia abajo
no siempre encuentra
un gesto hacia arriba.
Pero cuando lo encuentra
van los dos hacia arriba
o los dos hacia abajo. O quizá se disuelven los sentidos
e inauguran en el punto de encuentro
la transfiguración que los exime
de cualquier movimiento.
Todo gesto es una epifanía,
cuando ya no hay diferencias
entre arriba y abajo.

Roberto Juarroz  
Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

trouvé chez ARBREALETTRES

à quoi ça sert

7 octobre 2015 § 3 Commentaires

     de jeter son mégot parterre ?

le mecgot par Kajan (c)

qu’est-ce que ça veut dire ? à quoi correspond ce désir ? … salir ? marquer son territoire ? laisser un peu de soi consumé ? je consomme et me consume … je suis éteint … 

mégot prostré par Kajan(c)

je me suis posé ces questions en les ramassant dans la rue en-bas de chez moi… je les ai enlevés patiemment d’un bout de terrain planté entre les voitures… et le lendemain tout était comme si je n’avais rien fait …


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Apprentis distants
du plus proche,
connaisseurs de la rose
qui ne peuvent la respirer,
vivants d’une vie
qui se consume en se vivant,
lanceurs d’un filet
qui se retourne et les capture,
voyageurs d’une distance qui n’existe pas.
Pourquoi commencer
si tout débute
où ils finissent ?
Pourquoi ouvrir la porte
ou pourquoi la fermer
s’il y a toujours à sa place quelque chose d’immobile,
une icône impénétrable
qui ne change pas dans l’ouvert et le fermé?
Est-il aussi des roues dont le destin est de ne pas tourner,
de l’eau dont le sens n’est pas de mouiller,
des vents dont l’objet n’est pas de souffler,
du feu dont la fonction n’est pas de brûler?
Si le plus haut consiste
à n’être pas ce qu’on est,
en quel singulier espace
doit-on se séparer de soi-même?
Roberto Juarroz

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fruits du bourdon

10 août 2015 § Poster un commentaire

rose au Bourdon par Kajan(c)

fin de journée au bord du lac du Bourdon… des personnes, des voitures, une chaleur intense, la cabane à frites et ses 35 bières… la sensation d’un ailleurs mais très étouffant… mes pieds peinent à rejoindre le sol et monte en moi comme une angoisse…

je m’assieds, je respire… pas le courage de me baigner… je reste avec cette sensation d’étrangeté et de solitude…

je prends mon cahier… je dessine… sans réfléchir…

le calme revient peu à peu alors que les dessins apparaissent…

loin du Bourdon par Kajan(c)

Un bourdonnement de fond

témoigne de la présence des choses.
Nous avons besoin de la parole et du vent
pour le supporter.

Un bourdonnement de fond
dénonce l’absence des choses.
Nous devons inventer une autre mémoire
pour ne pas devenir fous.

Un bourdonnement de fond
annonce qu’il n’y a rien
qui ne puisse exister.
Nous avons besoin d’un silence doublé de silence
pour admettre que tout existe.

Un bourdonnement de fond
souligne le froid et la mort.
Nous avons besoin de la somme de tous les chants,
du résumé de tous les amours
pour pouvoir apaiser ce bourdonnement.

Ou bien un soir,
sans autre condition que son ajour,
un oiseau viendra se poser sur l’air
comme si l’air était une branche.
Alors cesseront tous les bourdonnements.

Roberto Juarroz    ( trouvé ici )

Or  Bourdon par Kajan(c)

Où suis-je ?

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