dans le sac
27 Mai 2018 § Poster un commentaire

Il faut toute la puissance d’un graphisme exotique pour évoquer les arômes d’un café ougandais contenu désormais dans une capsule en aluminium…
quelqu’un l’a laissé sur ma table ce sac haut en couleurs… j’y ai soudainement entrevu l’esprit d’un shamane…
je crois qu’il appelle afin de nous réveiller…
croyons-nous pouvoir encore longtemps dissimuler des cris sous une cosmétique impeccable?
j’entends des murmures sauvages nous appeler…
saurons-nous y répondre? …
le café, cette belle plante tropicale devrait pourtant stimuler notre système nerveux… nous inspirer ? …
La créole qui danse
Encore à minuit
dansera jusqu’à l’aurore
jusqu’à midi et jusqu’à l’autre nuit
Les seins bandés
Et les yeux clos
Elle parcourt un beau pays
où la tendresse se mêle à la colère
Elle sera toute surprise
après la danse après l’ivresse
de retrouver la rue froide
La nuit précoce et les draps froids
Comme une Vénus inconnue
Surgissant de la conque blanche du lit
Elle reposera son beau corps
En rêvant d’un Olympe noir comme elle
Et des anges noirs comme du charbon
soulevant cette déesse de couleur
l’emporteront vers un pays de ténèbres
où brille un soleil éclatant et bleu
Là les amants sont tendres et méchants
Et ils comprennent ses chansons
L’amour ne les fatigue pas
Et la mer a le parfum des corps virils
Voilà la vie de la créole qui danse
Qui danse encore à minuit
Qui dansera jusqu’à l’aurore
Jusqu’à demain midi et toute l’autre nuit.
Robert Desnos
le gribouillage transfiguré
19 mars 2018 § Poster un commentaire
une apparition au stylo bille sur le coloriage bleu de ma nièce Clara il y a une année déjà…
j’ai ce besoin irrépressible de transformer les images… peut-être que je cherche ainsi à me consoler de ne pouvoir transformer le monde…
L’acte de poésie est éminemment un acte de transformation ;
il est donc indispensable que la poésie se fournisse
dans le « pas encore transformé ».
Charles-Ferdinand Ramuz
un … deux … trois … rencontre !
6 mars 2018 § Poster un commentaire
trois intervenants … trois couleurs … trois paroles …
trois dessins inspirés par cette rencontre à l’atelier l’Eveil à Lausanne …


Les trois cercles
J’aurai vu.
J’aurai saisi, à force, les trois cercles:
le commun, le propre et celui de l’arcane.
J’aurai su le désir et le vide.
Parfois, trop proche de comprendre,
j’aurai baisé les lèvres de l’abîme.
Quelques chances m’auront sauvé.
Il me faudra beaucoup d’esprit,
à la dernière passe,
pour rire de l’infime chemin parcouru.
Franck André Jamme
transjuranne
20 février 2018 § Poster un commentaire
sur la route entre la Suisse et la Bourgogne, détournement inopiné de la boîte à vacherin…
LE SILENCE
Un parapluie, une poire sur la table.
Et le personnage ici présent doit être le silence.
Mais ce morceau de fromage veut encore confirmer ce silence.
Eh bien, c’est trop.
Quand il est question de silence,
il ne faut pas le crier si haut ni le répéter avec du fromage.
Norge

oubliée
16 février 2018 § 2 Commentaires

oubliée dans le carnet
retrouvée inopinément
belle dans le chaos
Quand je passe près d’une ombre
claquant comme un linge au vent
elle souffle à mon regard :
je suis à toi tu me prends
la muraille qui m’enchaîne
m’a préparée pour te plaire.
Jean Tardieu
Solstice d’hiver
21 décembre 2017 § 3 Commentaires
AU MILIEU DE L’HIVER
Une lumière blême
jaillit de mes habits.
Solstice d’hiver.
Des tambourins de glace cliquetante.
Je ferme les yeux.
Il y a un monde muet
il y a une fissure
où les morts passent la frontière
en cachette.
Tomas Tranströmer
le soleil pèse très peu
dans la balance.
la nuit n’a plus sommeil.
solstice d’hiver.
Katell Antoine
elle va revenir… il faut qu’elle revienne… jusqu’à ce que je la trouve en moi en n’importe quelle saison… sous le soleil comme dans l’obscurité profonde… en toute matière… en chaque pensée… c’est un souffle sans respiration… la matière du commencement
moins seul
19 novembre 2017 § 10 Commentaires
au commencement dans un sillage d’encre
solitude pourpre et silencieuse
Plein d’incertitude
Est l’automne.
Au moindre motif,
Involontairement,
Le cœur – n’est-il pas vrai? –
Se sent dans la tristesse.
Le moine Saigyô
avalé par la bête du temps
des années plus tard au réveil
à côté de lui
Cette lune sur l’eau
Est-ce toi
Cette lune dans l’eau
Est-ce toi
Est-ce toi reflet et éclat
A toi-même inédits
En ton unique mémoire
Tu regardes
Et tu t’éloignes
Tu souris
Et tu t’éloignes
A jamais proche inaccessible
Dans l’au-delà d’ici
Dans l’au-delà de toi.
François Cheng
Life is a Witch
3 septembre 2017 § 6 Commentaires
une déesse inopinée nécessaire à dimanche soir …
pour Manouche
Divinité
Déesse aux yeux d’or brun, clos ta paupière rose,
Fais des songes d’amour ; que ton sommeil soit doux ;
Que le rêve lointain comme un rayon se pose
Sur ton front languissant et sur tes cheveux flous.
Je voudrais être la nuit, afin de t’étreindre,
Je voudrais te presser sur mon coeur frémissant,
Entendre ton sanglot voluptueux se plaindre
Et retenir l’amour qui sourit en passant.
Renée Vivien
apparitions au café
20 août 2017 § 4 Commentaires
avec ce dimanche matin comme un parfum de souffre …
il me semble que quelqu’un me regarde…
Le café c’est un nuage à l’ombre plein de voix
Où le passant se glisse entre l’odeur et le froid
Contre la glace éteinte les têtes se retournent
La nuit suit son chemin
Mais quelqu’un s’en détache et entre
Toutes les têtes se retournent pour deviner le nom
approximatif de ce nouveau visage
Pierre Reverdy


















