blessure
29 mars 2016 § 3 Commentaires
état de spleen de ce jour… seule… le regard interrogeant le ciel… alors j’ai dessiné… j’ai soufflé sur la blessure… dans le train entre Renens et Lausanne…
Finir
Par se pardonner
Jusqu’à la blessure
Faite à la rose.
Guillevic
on n’a jamais dit la haute blessure
le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune
la plaie si douce
et les ténèbres renversées
on n’a jamais dit
tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs
et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer
Zéno Bianu
fascination et disparition
12 mars 2016 § 6 Commentaires
depuis plusieurs mois j’expérimente le dessin en transports publics… je tente de capter l’énergie de ce moment… mon temps de transport s’est allongé jusqu’à mon travail… j’observe les gens… nous sommes ensemble dans la rame du métro mais rien n’est moins sûr… quelque chose fascine… hypnotise même…
moi et mon carnet de dessin … eux et leurs écrans … est-ce pareil ?
Les cris jaune pâle des fous de Bassan
me vieillissent de mille ans
et à chaque résistance
l’ondulation
de chacun de leurs vols
bénit la terre
et bâtit le temple
de la Fascination
Judith Pointejour trouvé ici


le 4 mars dedans
7 mars 2016 § Poster un commentaire
dessiné vendredi passé dans le train en pensant à mon côlon… à l’intérieur de mon ventre le 4 mars… dedans se trouve un vieux souvenir… un passé collant qui m’empêche d’accéder à la lumière…
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– Si tu passes la main hors lisière
tu risques de la perdre,
agrippée par les ébauches
des gestes inassouvis.
– Si tu glisses tes yeux hors lisière
tu risques qu’ils soient piégés
par une nuit cadenassée
la nuit de tout cela
que tu n’auras pas vu
ni voulu voir.
– Faut-il s’enliser in situ
pour habiter du vivant?
– Tu pourrais camper
dans les andains de la géographie,
t’extirper des plaies
par la grille des déchiffrements.
– Mais que sont tes mots,
sinon confusion
ou contusions de la langue?
– Tout le dedans est à exclure,
de l’ordre du dehors
pour rendre le temps réversible.
– Tu es raturé par ce que tu n’es pas
qui veut corriger ce que tu crois être.
– Parfois à l’aube, tu te couvres
du givre,
de ce qui reste informulable.
Charles Dobzynski
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déjà là le 4 février
des mètre d’intestins interminables… des kilomètres de pensées… et après le vide…
Laisser dedans
En attente
La clé de la porte latérale.
Mukai Kyorai
en souvenir de Claude mon père…
œil en tulipe
2 mars 2016 § Poster un commentaire
Chanson d’une dame dans l’ombre
Quand vient la Silencieuse et coupe la tête des tulipes :
Qui gagne ?
Qui perd ?
Qui s’avance vers la fenêtre ?
Qui nomme en premier son nom ?
Il en est un, qui porte mes cheveux
Il les porte comme on porte les morts à bout de bras.
Il les porte comme le ciel portait mes cheveux dans l’année, celle où j’aimais
Ainsi il les portait par vanité
Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne s’avance pas vers la fenêtre
Celui-là ne nomme pas son nom.
Il en est un, qui a mes yeux.
il les a, depuis que les grandes portes se sont refermées.
il les porte comme anneau aux doigts.
Il les porte comme éclats de plaisir et de saphir :
Il était déjà mon frère à l’automne ;
Il compte déjà et les jours et les nuits.
Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne s’avance pas vers la fenêtre
Celui-là nomme son nom en dernier.
Il en est un, qui a ce que j’ai dit.
Il le porte sous le bras comme un paquet.
Il le porte comme l’horloge porte sa plus mauvaise heure.
Il le porte de seuil en seuil, il ne le jette pas au loin.
Celui-là ne gagne pas.
Celui-là perd.
Celui-là s’avance vers la fenêtre
Celui-là nomme son nom en premier.
Celui-là sera décapité avec les tulipes
Paul Celan
entrée en matière … et sortie
26 février 2016 § 3 Commentaires
quelques mots du matin dans le métro … suivis de quelques traits ce soir en sens inverse …
de la même façon que tu es entré en matière
un jour tu en sors
tous ces regards ne pourront te retenir
sans toi les parfums flotteront
flottent encore
un instant suffit
et
résume tout
tu n’es qu’une impression de la vie
atlas
25 février 2016 § 1 commentaire
dessiné dans le tgv en rentrant de Bourgogne ce soir… je suis Atlas… de plus en plus conscient de ce monde et de ses contours, de tous les habitants qui le peuplent… et de son poids…
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En étrange pays
Tu étais là présente parfois double,
En ce pays du jamais revenu
Atlas sans méridien Zone inconnue
Temps sans passé Temps qui n’est plus qu’eau trouble.
Tu étais là. Ramenée en arrière
D’une mer amputée de littoral.
Tu gouvernais ton navire amoral
Vers l’au-delà des vies aventurières.
Tu étais là. Je ne sais depuis quand
De ta mémoire émargée. Péninsule
Où nous étions exilés, nous Consuls
Très surveillés d’au-dessous le volcan.
C’était la zone extrême dévolue
Aux animaux d’une ancienne mémoire
Qui surgissaient portant sur eux les moires
D’une autre mer, d’un monde révolu.
Un soleil maigre à jambes d’antilope
S’imprimait sur le sable à pas légers
Mais tu fuyais de ce site étranger
Comme traquée par son œil de cyclope.
Charles Dobzynski …trouvé chez arbrealettres
au centre
6 février 2016 § 2 Commentaires
Je suis dans mon centre,
Tu es dans le tien.
C’est la rencontre de nos centres,
La permanence de cette rencontre
– Pour tout éclairer –
C’est leur coïncidence
Qui est notre amour.
Guillevic
à qui parler ?
23 janvier 2016 § 8 Commentaires
dessins du métro le 21 janvier 2016…
dans ce moment entre deux territoire distincts, les impressions se bousculent… je les exprime en dessinant et souvent je m’interroge en découvrant ce qui prend forme dans mon carnet…
celui-ci en-dessous m’évoque Frida Kahlo … en version simple ou inversée… diurne ou nocturne… ces promenades dans les méandres de mon imagination sont sans fin… je crois que ma fonction dans ce monde est de m’y adonner…
Entrer enfin
s’enfoncer
dans le verbe
Se perdre
dans la chair
des mots
toute en femme et toute en lumière
Faire
laisser se faire
les gouffres, les ponts
les passages
l’abîme
De jour tu écris le poème
qui écrit
en toi
la nuit
Henry Bauchau
visions en déplacement
31 août 2015 § Poster un commentaire
suite de mon projet « transports en commun »………………… dessins réalisés le temps d’un trajet dans les transports en commun, plus particulièrement les TL de Lausanne…
les deux dessins de ce jour… comme un constat d’impuissance… se laissant juste traverser par une myriade d’étoiles… nous sommes de pauvres hologrammes qui se prennent au sérieux…
de la station Maurice Béjart jusqu’aux Croisettes… ce matin…
Le sentiment d’une solitude déchirante
et d’une certaine incommunicabilité du monde
était parfois donné par la vue d’une brouette vide
vide encore chaude de la fumure transportée.
Le jardinier s’en était allé boire:
il se pouvait qu’il ne revînt jamais.
Je me disais que je lui avais quelques fois parlé.
A bien réfléchir, il se pouvait que je lui aie dit cent mots.
Les oiseaux passaient à tire-d’aile, les horloges sonnaient
et les ombres s’allongeaient sur le sol blanc.
Le jardinier n’était pas mort, il n’avait eu qu’une attaque.
Il ne parlerait plus et resterait sur un banc
devant sa porte et des mouches en pleine vie
marcheraient dans ses mains sur lesquelles tremblerait
l’ombre dentelée des feuilles pacifiques.
Jean Follain
puis ce soir… des Croisettes jusqu’à Bessières…
Transporte-nous, sac infini,
nous Jonas infinitésimaux.
Giovanni Giudici
tant suspendu qu’à la fin…
21 juillet 2015 § 1 commentaire
nés des contrastes thermiques de ces journées caniculaires et la fraîcheur inespérée du métro… quelques croquis rouges entre Croisettes et la Gare de Lausanne…

J’entends que la hache a fleuri,
j’entends que le lieu n’est pas nommable,
j’entends que le pain qui le regarde
guérit le pendu,
le pain que la femme a cuit pour lui,
j’entends qu’ils disent de la vie
qu’elle est le seul havre et recours.
Ich höre, die Axt hat geblüht,
ich höre, der Ort ist nicht nennbar,
ich höre, das Brot, das ihn ansieht,
heilt den Erhängten,
das Brot, das ihm die Frau buk,
ich höre, sie nennen das Leben
die einzige Zuflucht.
I hear that the axe has flowered,
I hear that the place can’t be named,
I hear that the bread which looks at him
heals the hanged man,
the bread baked for him by his wife,
I hear that they call life
our only refuge.
poème de Paul Celan trouvé ici …















