la veillée

2 février 2018 § 3 Commentaires

2017 s’est terminé avec un 500ème article publié ici…
au moment du solstice… je remercie mes suiveurs fidèles pour leur foi
en la Beauté… en un ailleurs transcendé…
puis j’ai pris janvier pour me questionner sur la diffusion de mes dessins, de la direction de ma démarche…
le retour possible d’une nouvelle lumière…
je dis souvent qu’une des questions essentielles à se poser est :
« à quoi ça sert ? » …
tous ces mots… toutes ces images comme une litanie absurde… des yeux fatigués qui cherchent une révélation
et auxquels n’est toujours et encore proposé que d’acheter, d’acquérir, d’incorporer…
toujours plus… encore et encore…
de se développer, de s’améliorer, de se mettre à jour…
comment ?!! j’ai été mise au jour il y a longtemps…
de voyager, de découvrir, d’essayer… de réserver très vite…
je n’ai pas vu la grande muraille, je n’ai pas respiré cette rose à Damas…
ma pensée est alitée :
ce matin est apparu cette veillée…
dessinée sur un sachet de papier du magasin biologique…

Nostalgie sourde

je cherche un bahut de franchise autour de moi
tous les yeux se dérobent en cruelles œillades
j’ai le cœur qui va battant tel un aiglon blessé

Tâter le pouls de la race humaine
m’enrôler dans cette horde matérialiste
de clinquant et d’ordure
m’acclimater m’acclimater
mais j’ai peur que mon rire de flammèche encor vivace
décime détruise
crée au sein de ce bal chahutant
une esclandre de casseurs de veillée

Gemma Tremblay

Éteindre en nous ce feu
Qui mord, qui dévore?
Mais que faire d’autre
Sinon rallumer
Un feu autrement
Plus puissant, plus libre,
Charnel-aérien,
À l’image de
La flamme initiale,
Ne trahissant rien,
Ne réduisant rien,
Mais transformant tout
En veillée
nuptiale.

François Cheng

 

un remerciement tout particulier à Arbrealettres et son merveilleux lexique poétique où je trouve si souvent des mots pour dialoguer avec mes dessins…

Solstice d’hiver

21 décembre 2017 § 3 Commentaires

AU MILIEU DE L’HIVER

Une lumière blême
jaillit de mes habits.
Solstice d’hiver.
Des tambourins de glace cliquetante.
Je ferme les yeux.
Il y a un monde muet
il y a une fissure
où les morts passent la frontière
en cachette.

Tomas Tranströmer

le soleil pèse très peu
dans la balance.
la nuit n’a plus sommeil.

solstice d’hiver.

Katell Antoine

 

 

elle va revenir… il faut qu’elle revienne… jusqu’à ce que je la trouve en moi en n’importe quelle saison… sous le soleil comme dans l’obscurité profonde… en toute matière… en chaque pensée… c’est un souffle sans respiration… la matière du commencement

 

nue comme un flocon 

6 décembre 2017 § Poster un commentaire

dessiné dans le métro ce matin pour  #FATventCalendar … ce pourrait être Dorian Wood …

 

Qui sommes-nous ?

Qui sommes-nous vraiment, au plus intime de notre vacillement
Des grains d’étoiles jetés à l’orée du sens et du non-sens ?
De la poussière d’anciennes lunes en éclipse ?
Des copeaux de mémoires qui saignent ?
Des veilleurs aussi silencieux qu’intarissables ?
Des décrypteurs pulsant une même intensité d’altitude ?
Des voltigeurs d’extase ?

Pour celui qui n’a de cesse de recomposer son propre puzzle
en le tendant vers l’infini
le « qui suis-je » n’est plus une simple question,
mais un état, une implosion créatrice, une profession de foi.

Qui suis-je ?

Rien d’autre que le murmure polyphonique de cela.
Une onde en quête de droitures essentielles.

Zéno Bianu et André Velter

 

 

 

elle rêve encore … 

4 décembre 2017 § Poster un commentaire

saisie dans le métro ce matin… je ne peux voir son regard… de quoi rêve t’elle ? … elle ne s’occupe de personne ni même ne tente seulement de voir… un cocon humain… juste un battement de sac… j’ai la plume à la main et j’attrape vite encore un mystère…
de quoi rêve t’elle ?
une caresse humide… sans sexe défini… ambivalente et universelle… tendresse de gastéropode… lente et tiède… infinie

 

Décide-toi,
Escargot ! A demi chez toi,
Et moitié dehors !

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Make up your mind, Snail!
You arehalf inside your house,
And halfway out!

Richard Wright

 

 

la lune de l’Avent

3 décembre 2017 § Poster un commentaire

Pleine Lune

J’ai ouvert ma fenêtre
et la lune m’a souri
J’ai fermé ma fenêtre
et j’ai entendu un cri
J’ai ouvert ma fenêtre
pour voir tomber la pluie
Et comme c’était dimanche
je me suis rendormi

Philippe Soupault

elle rêve

30 novembre 2017 § 7 Commentaires

saisie dans le métro ce soir… le regard perdu dans un lointain peu prometteur… de quoi rêve t’elle ? … personne autour ne la regarde ni même ne tente seulement de voir… un cocon humain… juste un battement de cils… j’ai la plume à la main et j’ai attrapé inopinément un mystère… de quoi rêve t’elle ?
elle veut la caresse d’une bête… mais pas de celle d’un animal de compagnie… elle veut l’essentiel tendre et éternel d’un être inaccessible…
elle rêve de l’amour tardigrade

Ici
on cherche toujours quelque chose
dans les cafés, les églises, les places
et jusque dans les poubelles
on cherche en l’autre, en soi
dans la cohue des trottoirs
l’accalmie des ponts
dans l’eau stagnante des fontaines
et sur les bancs indiscrets
on cherche en bas, en haut, devant soi
un ticket de métro
une terre ou une femme perdus
un livre qu’on lira
sur un lit d’hôpital ou en prison
une chanson sans titre
un ouvre-boîtes solide
un oiseau qui ne chante que de nuit

On cherche
un regard qui fera basculer votre vie
un graffiti à vous seul adressé
un heurtoir arabe sur une porte italienne
une carte postale que vous avez envoyée il y a vingt ans
et que le destinataire a revendue
votre date de mort inscrite sur un tronc d’arbre
dans un petit parc
que vous ne faites que traverser

Ici
on cherche toujours quelque chose
dans le carrousel délirant
du désir

Abdellatif Laâbi

 

moins seul

19 novembre 2017 § 10 Commentaires

au commencement dans un sillage d’encre

solitude pourpre et silencieuse

Plein d’incertitude
Est l’automne.
Au moindre motif,
Involontairement,
Le cœur – n’est-il pas vrai? –
Se sent dans la tristesse.

Le moine Saigyô

avalé par la bête du temps

 

des années plus tard au réveil

à côté de lui

ajout dessiné de Celeste Cabrita

 

Cette lune sur l’eau
Est-ce toi
Cette lune dans l’eau
Est-ce toi
Est-ce toi reflet et éclat
A toi-même inédits
En ton unique mémoire
Tu regardes
Et tu t’éloignes
Tu souris
Et tu t’éloignes
A jamais proche inaccessible
Dans l’au-delà d’ici
Dans l’au-delà de toi.

François Cheng

détournement de cœur

1 octobre 2017 § 4 Commentaires

il y a peu, je suis allée enfin découvrir l’antre du Tampographe Sardon à côté du Père Lachaise… un endroit fascinant où cet étonnant artiste déploie son art du tampon… j’ai acquis son cœur bichrome qui m’a inspiré quelques détournements inopinés…

Au cœur du cœur

Au cœur de l’espace
Le Chant

Au cœur du chant
Le Souffle

Au cœur du souffle
Le Silence

Au cœur du silence
L’Espoir

Au cœur de l’espoir
L’Autre

Au cœur de l’autre
L’Amour

Au cœur du cœur
Le cœur

Andrée Chedid

Pour calmer mon cœur,
Sur les collines et dans les plaines
De Takamoto
Je suis parti
Promener mes pas.
Mais les fleurs étaient seules
A montrer leur splendeur,
Plus je les regardais,
Plus je pensais à toi,
Comment
Pourrais-je oublier
Ce désir ardent qu’est l’amour ?

Ôtomo no Yakamochi

 

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retrouvez la galerie tampographique ouverte tous les samedis de 11h à 19h, 4 rue du Repos, 75020 Paris

http://le-tampographe-sardon.blogspot.ch/

Life is a Witch 

3 septembre 2017 § 6 Commentaires

une déesse inopinée nécessaire à dimanche soir …

pour Manouche

Divinité

Déesse aux yeux d’or brun, clos ta paupière rose,
Fais des songes d’amour ; que ton sommeil soit doux ;
Que le rêve lointain comme un rayon se pose
Sur ton front languissant et sur tes cheveux flous.

Je voudrais être la nuit, afin de t’étreindre,
Je voudrais te presser sur mon coeur frémissant,
Entendre ton sanglot voluptueux se plaindre
Et retenir l’amour qui sourit en passant.

Renée Vivien

apparitions au café

20 août 2017 § 4 Commentaires

avec ce dimanche matin comme un parfum de souffre …

 

 

 

 

 

 

 

il me semble que quelqu’un me regarde…

Le café c’est un nuage à l’ombre plein de voix
Où le passant se glisse entre l’odeur et le froid
Contre la glace éteinte les têtes se retournent
La nuit suit son chemin
Mais quelqu’un s’en détache et entre
Toutes les têtes se retournent pour deviner le nom
approximatif de ce nouveau visage

Pierre Reverdy

Où suis-je ?

Catégorie poèmes et ailleurs sur journal du dessin rencontre.