lave
15 septembre 2013 § Poster un commentaire
rêveur rouge
9 septembre 2013 § 5 Commentaires
La folie seule de l’amour
perce le trou par où s’échappe
l’ivresse d’être enfin dans l’azur
ou dans un carnage éclatant.
André Frénaud
trouvé sur Arbrealettres mon fournisseur magique…
besoin de reconnaissance
29 août 2013 § Poster un commentaire
Je ne veux pas de ces masques à moitié creux,
autant la marionnette.
Elle, du moins, est pleine.
Je souffrirai sa carcasse,
le fil aussi
et même son visage de pur semblant.
Ici je suis en face.
Même si s’éteignent les lampes,
même si j’entends dire : fin
– même si, de la scène le vide vient à moi
dans le gris courant d’air,
même si, de mes silencieux ancêtres,
aucun n’est plus assis à mes côtés, aucune femme,
pas même le garçon à l’œil brun qui louchait;
je resterai.
Il y a toujours à voir.
Rainer Maria Rilke
dessin rencontre à la Folie Voltaire
28 août 2013 § Poster un commentaire
dessin improvisé à partir d’un tirage de cartes et d’une phrase, je vous propose quatre rencontres en septembre à la Folie Voltaire dans le magnifique et inspirant parc de Mon Repos à Lausanne
1er, 8, 22 et 29 septembre si le temps est clément…
« Le Trait de Pinceau […] n’est pas une simple ligne ou le simple contour des choses. Né de l’art calligraphique, il comporte de multiples implications. Par son plein et son délié et par le Vide qu’il cerne, il représente forme et volume ; par son « attaque » et sa « poussée », il exprime rythme et mouvement ; par le jeu de l’Encre, il suggère ombre et lumière ; enfin, par le fait que l’exécution en est instantanée et sans retouche, il introduit les souffles vitaux. Plus que la ressemblance extérieure, ce que le Trait cherche à capter, c’est le li « ligne interne » des choses. En même temps il prend en charge les pulsions irrésistibles de l’homme. » François Cheng
« […] le plus souvent nous passons d’un endroit à l’autre, d’un espace à l’autre sans songer à mesurer, à prendre en charge, à prendre en compte ces laps d’espaces. Le problème n’est pas d’inventer l’espace, encore moins de le réinventer […], mais de l’interroger, ou, plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n’est pas évidence, mais opacité : une forme de cécité, une manière d’anesthésie. » Georges Perec
« Car je ne le regarde pas comme on regarde une chose, je ne le fixe pas en son lieu, mon regard erre en lui […], je vois selon ou avec lui plutôt que je ne le vois. » Maurice Merleau-Ponty
carré
25 août 2013 § Poster un commentaire
Avec mes pierres carrées
je t’enfermerai dans une œuvre
car tu es coureur de chagrins
et la règle est d’apprendre à rire
Homme
avant de mourir.
Henry Bauchau
encore merci à Arbrealettres mon pourvoyeur de textes inspirés…
huitante
11 août 2013 § Poster un commentaire
Le philosophe allait sur son âne; prophète,
Prunelle devant l’ombre horrible stupéfaite,
Il allait, il pensait.
Il allait, il pensait. Devin des nations,
Il vendait aux païens des malédictions,
Sans savoir si des mains dans les ténèbres blêmes
S’ouvraient pour recevoir ses vagues anathèmes.
Il venait de Phétor; il allait chez Balac,
Fils des Gomorrhéens qui dorment sous le lac,
Mage d’Assur et roi du peuple moabite.
Il avait quitté l’ombre où l’épouvante habite,
Et le hideux abri des chênes chevelus
Que l’ouragan secoue en ses larges reflux.
Morne, il laissait marcher au hasard sa monture,
Son esprit cheminant dans une autre aventure;
Il se demandait: « Tout est-il vide? et le fond
N’est-il que de l’abîme où des spectres s’en vont?
L’ombre prodigieuse est-elle une personne?
Le flot qui murmure, est-ce une voix qui raisonne?
Depuis quatre-vingts ans, je vis dans un réduit,
Regardant la sueur des antres de la nuit,
Écoutant les sanglots de l’air dans les nuées.
Le gouffre est-il vivant? Larves exténuées,
Qu’est-ce que nous cherchons? Je sais l’assyrien,
L’arabe, le persan, l’hébreu; je ne sais rien.
De quel profond néant sommes-nous les ministres?…»
Ainsi, pâle, il songeait sous les branches sinistres,
Les cheveux hérissés par les souffles des bois.
L’âne s’arrêta court et lui dit: « Je le vois. »
Victor Hugo » Dieu invisible au philosophe »
toujours le même thème
4 août 2013 § 3 Commentaires
“ Imagine-toi que chaque jour est le dernier qui luit pour toi : elle te sera agréable l’heure que tu n’espérais plus. ”
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout. La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir. Le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte. Il n’y a rien de mal en la vie pour celui qui a bien compris que la privation de la vie n’est pas mal.
extrait d’Essais par Michel de Montaigne
dédié à Perrin Langda qui m’inspire toujours lors de nos rencontres inopinées…
à l’eau
29 juillet 2013 § Poster un commentaire
un jour au parc
27 juillet 2013 § Poster un commentaire
ambiances du parc où j’aime rêvasser en sirotant un café napolitain … ou une gazosa aux myrtilles… à la Folie Voltaire…
Paroles
Dans un parc.
Deux femmes assises.
Paroles, on voit bien,
Moins pour le dire,
Que pour s’entendre dire
Et donc se savoir
Un peu présentes
Au jour.
Guillevic
Le parc
Quand nous avons vu que la petite porte était fermée,
Nous sommes restés longtemps à pleurer ;
Quand nous avons compris que ça ne servait pas à grand chose,
Nous avons repris lentement le chemin.
Tout le jour, nous avons longé le mur du jardin,
D’où parfois nous venaient des bruits de voix et de rires ;
Nos pensions qu’il y avait peut-être des fêtes sur l’herbe,
Et cette idée-là nous faisait mélancoliques.
Le soleil vers le soir a rougi les murs du parc ;
Nous ne savions pas ce qui s’y passait, car on ne voyait
Rien que des branches qui, par-dessus le mur, s’agitaient
Et qui laissaient de temps en temps tomber des feuilles.
André Gide
complicité
21 juillet 2013 § 2 Commentaires
le croquis du jour… dessiné sur la terrasse du Salon de la Gare… ce matin… dans l’odeur des pâtisseries orientales…
J’attends et je n’attends plus.
Extrême délicatesse de l’attention
qui ne sait rien, qui écoute et n’entend peut-être rien d’autre
que l’attente elle-même, la vacuité de l’attente.
Il n’y a aucun obstacle,
les labyrinthes semblent fluides, tout devient aérien et flexible.
Je veille. Sera-t-il possible d’atteindre la transparence,
la nudité absolue, inhabitable ?
Jamais la transparence ne se refuse.
Il y a, malgré tout, une irradiation constante
de quelque chose avec quoi je suis en relation.
J’écris à présent dans la blanche complicité
d’une pure orientation qui me dénude…
Serait-ce la vérité ?
La nature de l’Autre est double : elle s’approche et se retire.
Mais elle-même n’est-elle pas soumise, dans cette alternance,
à la pulsation élémentaire d’une nature immuablement simple ?
Il est nécessaire de l’accueillir selon son propre rythme.
(António Ramos Rosa)















