rien à ajouter
31 juillet 2017 § 4 Commentaires
la sourcière
26 juin 2017 § Poster un commentaire
Où demeurent les sources
J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu
contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots
plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes
offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux
et caressé la vague claire qui dépose à brassée
ses paroles légères comme braise d’un feu
qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins.
J’ai vu le dos luisant des rêves échoués comme blocs
erratiques dans le courant qui marque le passage
de la nuit au jour, sitôt dispersées les eaux profondes
du sommeil dans un flot d’images muettes.
Alain Fabre-Catalan
détail dans l’atelier
11 mars 2017 § 4 Commentaires
juste saisi maintenant, un peu de lumière sur le dessin accroché au mur de l’atelier… acrylique et crayon sur sac papier pour ordures…
Pour qu’aucune lumière ne nous aime
Ils sont venus
portant drapeaux acérés et pistolets
ont abattu toutes les étoiles et la lune
pour qu’aucune lumière ne nous reste
pour qu’aucune lumière ne nous aime
Alors nous avons enterré le soleil
Ce fut une éclipse sans fin
***
Damit kein Licht uns liebe
Sie kamen
mit scharfen Fahnen und Pistolen
schossen alle Sterne und den Mond ab
damit kein Licht uns bliebe
damit kein Licht uns liebe
Da begruben wir die Sonne
Es war eine unendliche Sonnenfinsternis
Rose Ausländer
effroi
27 janvier 2017 § 3 Commentaires
dessiné au crayon gris inopinément ce matin dans le métro…
– » est-ce qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale ? … j’ai rêvé qu’il y avait des combats dans la rue en-bas … »
je la regarde … je réfléchis … que lui dire au juste ? … comment répondre avec honnêteté ?
– » pas besoin de compter … dans ce monde il y a toujours eu la guerre… «
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Pendant la guerre
(la mondiale)
nous vivions. Déjà.
On colore de vieux films d’elle
mais l’odeur des ruines
on ne peut la représenter
suffocante.
Mais la faim ne crie pas aux entrailles du spectateur.
C’est comme l’histoire d’une antiquité très ancienne
Qu’un érudit raconterait
à des gens dont le corps, le corps n’est pas
ne peut pas être
de la partie.
Marie-Claire Bancquart
moléculaire quotidien
24 janvier 2017 § 1 commentaire
dessinés dans le métro aujourd’hui…
loin de l’idée du rendez-vous, de l’échéance, de la course effrénée des secondes, de la prochaine station, du dernier coup de frein… il me vient une vision, une sensation que nos amas moléculaires se côtoient comme se fréquentent les galaxies… je suis juste suspendue entre le premier mouvement et l’anti-matière… plus rien ne peut être plus important que de danser la danse du cosmos…
un silence d’une multitude d’étincelles… une impression de rien profond…
un regard ultime sur la fenêtre de mon fantasme infini…
tache
27 décembre 2016 § Poster un commentaire
le cœur de Noël
25 décembre 2016 § 2 Commentaires
Ce vide au cœur de l’amour est une chose merveilleuse,
il n’existe pas pour être comblé, c’est lui qui comble.
Comme la musique aboutit au silence,
tout tend vers cet instant où les mains tombent.
Plus rien à donner, plus rien à prendre.
Le monde est perçu en son origine,
et le temps n’est qu’un rêve de l’espace.
Heather Dohollau
pour Gisèle
papiers ruminés
12 décembre 2016 § 2 Commentaires
aperçus de mon travail en cours ( voir dessins mâchés ) dans l’atelier bourguignon … des dessins sur des formes préfabriquées … tentative poétique désespérée quand le but premier de l’objet est de décorer … de remplir le gouffre vertigineux de l’ennui ménager …
Sur le papier tout dort…
…Neige de l’être
Qui fond
Où les couleurs affleurent
Errements de l’œil
Sur les pentes du visible
Bleu du ciel
Se posant dans un souffle
Sur le corps de la beauté…
Heather Dohollau chez Arbrealettres
There is a need for a reader for a gesture for a piece of paper
For a mirror You are face my leaf my indentation
I am the cloth so that you can be your void The surface
So that the hand rumples The fjord where the water hones itself
Root where the ground shudders Your white my black
The hollow for my difficulty the white so that I may be
This drawing that I would not be You are skin for
My alphabet I was the air so that you will not congest
Aveolus so that you may be arcade
Michel Deguy
spleen dominical
13 novembre 2016 § 2 Commentaires
sous forme d’apparition élégamment écorchée …
Spleen
Tout m’ennuie aujourd’hui. J’écarte mon rideau.
En haut ciel gris rayé d’une éternelle pluie,
En bas la rue où dans une brume de suie
Des ombres vont, glissant parmi les flaques d’eau.
Je regarde sans voir fouillant mon vieux cerveau,
Et machinalement sur la vitre ternie
Je fais du bout du doigt de la calligraphie.
Bah! sortons, je verrai peut-être du nouveau.
Pas de livres parus. Passants bêtes. Personne.
Des fiacres, de la boue, et l’averse toujours…
Puis le soir et le gaz et je rentre à pas lourds…
Je mange, et bâille, et lis, rien ne me passionne…
Bah! Couchons-nous. — Minuit. Une heure. Ah! chacun dort!
Seul, je ne puis dormir et je m’ennuie encor.
Jules Laforgue
un regard
24 octobre 2016 § 13 Commentaires











