fascination et disparition
12 mars 2016 § 6 Commentaires
depuis plusieurs mois j’expérimente le dessin en transports publics… je tente de capter l’énergie de ce moment… mon temps de transport s’est allongé jusqu’à mon travail… j’observe les gens… nous sommes ensemble dans la rame du métro mais rien n’est moins sûr… quelque chose fascine… hypnotise même…
moi et mon carnet de dessin … eux et leurs écrans … est-ce pareil ?
Les cris jaune pâle des fous de Bassan
me vieillissent de mille ans
et à chaque résistance
l’ondulation
de chacun de leurs vols
bénit la terre
et bâtit le temple
de la Fascination
Judith Pointejour trouvé ici


le 4 mars dedans
7 mars 2016 § Poster un commentaire
dessiné vendredi passé dans le train en pensant à mon côlon… à l’intérieur de mon ventre le 4 mars… dedans se trouve un vieux souvenir… un passé collant qui m’empêche d’accéder à la lumière…
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– Si tu passes la main hors lisière
tu risques de la perdre,
agrippée par les ébauches
des gestes inassouvis.
– Si tu glisses tes yeux hors lisière
tu risques qu’ils soient piégés
par une nuit cadenassée
la nuit de tout cela
que tu n’auras pas vu
ni voulu voir.
– Faut-il s’enliser in situ
pour habiter du vivant?
– Tu pourrais camper
dans les andains de la géographie,
t’extirper des plaies
par la grille des déchiffrements.
– Mais que sont tes mots,
sinon confusion
ou contusions de la langue?
– Tout le dedans est à exclure,
de l’ordre du dehors
pour rendre le temps réversible.
– Tu es raturé par ce que tu n’es pas
qui veut corriger ce que tu crois être.
– Parfois à l’aube, tu te couvres
du givre,
de ce qui reste informulable.
Charles Dobzynski
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déjà là le 4 février
des mètre d’intestins interminables… des kilomètres de pensées… et après le vide…
Laisser dedans
En attente
La clé de la porte latérale.
Mukai Kyorai
en souvenir de Claude mon père…
quelque part
2 mars 2016 § Poster un commentaire
il doit exister
quelque part dans l’univers
en bordure d’un trou noir peut-être
une expression pure
qui n’évoque rien
à laquelle j’aspire
je sens qu’elle est proche
quand le fracas des hommes est intense
évidente quand je reconnais
une rime sans voix
une poésie sans visage
dessin inspiré par les oeuvres et la démarche d’Emma Kunz… et ces quelques mots frais de ce jour…
atlas
25 février 2016 § 1 commentaire
dessiné dans le tgv en rentrant de Bourgogne ce soir… je suis Atlas… de plus en plus conscient de ce monde et de ses contours, de tous les habitants qui le peuplent… et de son poids…
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En étrange pays
Tu étais là présente parfois double,
En ce pays du jamais revenu
Atlas sans méridien Zone inconnue
Temps sans passé Temps qui n’est plus qu’eau trouble.
Tu étais là. Ramenée en arrière
D’une mer amputée de littoral.
Tu gouvernais ton navire amoral
Vers l’au-delà des vies aventurières.
Tu étais là. Je ne sais depuis quand
De ta mémoire émargée. Péninsule
Où nous étions exilés, nous Consuls
Très surveillés d’au-dessous le volcan.
C’était la zone extrême dévolue
Aux animaux d’une ancienne mémoire
Qui surgissaient portant sur eux les moires
D’une autre mer, d’un monde révolu.
Un soleil maigre à jambes d’antilope
S’imprimait sur le sable à pas légers
Mais tu fuyais de ce site étranger
Comme traquée par son œil de cyclope.
Charles Dobzynski …trouvé chez arbrealettres
le square
20 février 2016 § 2 Commentaires
dessiné inopinément en hommage à Julien et sa cyclopitude…
Le désespoir est assis sur un banc
Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l’écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l’entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l’écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d’aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l’homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s’envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.
Jacques Prévert
le titre
9 février 2016 § 2 Commentaires
» le titre « dessin créé sur la base du tableau de Mendeleïev …
Ce dessin est le fruit d’une commande et accueille désormais les collaborateurs et les visiteurs de l’Unité de toxicologie et chimie forensiques (UTCF) du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML) au Chalet-à-Gobet sur Lausanne. Je suis depuis longtemps fascinée par les représentations de l’univers qu’a tenté l’homme: ce tableau est pour moi une sorte de mandala scientifique. Ce qu’il représente est en toute chose et ainsi nous lie.
La titrimétrie ou titrage est une technique de dosage utilisée en chimie analytique afin de déterminer la concentration d’une espèce chimique en solution … ou titre d’une solution.
dans la galerie ci-dessous quelques images reflets de ces moments de création collective… (cliquez sur l’image pour ouvrir la galerie)
Encore des lettres aujourd’hui
toutes sortes de phrases
mêlées aux vôtres
Parfois je réponds et parfois non
C’est comme le téléphone
il sonne je le regarde sonner
il y a des jours
où je ne suis pas dans mon nom
pas dans mon sang pas dans mes yeux
des jours des semaines des mois
je laisse
les lettres parler le téléphone hurler
C’est une affaire de bon sens
Je ne peux répondre qu’en ma présence
Seulement voilà que faire
quand je n’y suis pas
Christian Bobin
merci à Marc pour cette aventure… merci à tous
au centre
6 février 2016 § 2 Commentaires
Je suis dans mon centre,
Tu es dans le tien.
C’est la rencontre de nos centres,
La permanence de cette rencontre
– Pour tout éclairer –
C’est leur coïncidence
Qui est notre amour.
Guillevic
mélancolie du jour
2 février 2016 § Poster un commentaire
deux dessins réalisés en transports en commun… aujourd’hui…
autour de moi des gens émus… par la mort soudaine de ce cuisinier au regard brillant… l’impossible communication des couples millésimés… un message de Moscou pour me rappeler qu’il n’est plus là… déjà six mois… une vengeance à base d’excréments projetés sur la façade… trop de travail… comment faire… je ne dormirai pas avec toi ce soir…
alors tristesse… puis dessin… il fallait bien la sortir sur le quai de la gare…
dessins mâchés
31 janvier 2016 § 5 Commentaires
improvisation
sur une chouette en papier mâché trouvée au rayon bricolage… joli prétexte pour inventer des histoires…
Là,
au croisement d’une chouette
et d’un rossignol,
se trouve ma croix.
Yannis Ritsos
La chouette en plein jour
ouvre grand les yeux
ne voit rien
Attends !
Ta nuit viendra à coup sûr
Ko Un
retouche à la chouette
syncope de l’ombre
on a touché la moelle de la nuit
Daniel Boulanger
merci aux mots trouvés chez Arbrealettres…
à qui parler ?
23 janvier 2016 § 8 Commentaires
dessins du métro le 21 janvier 2016…
dans ce moment entre deux territoire distincts, les impressions se bousculent… je les exprime en dessinant et souvent je m’interroge en découvrant ce qui prend forme dans mon carnet…
celui-ci en-dessous m’évoque Frida Kahlo … en version simple ou inversée… diurne ou nocturne… ces promenades dans les méandres de mon imagination sont sans fin… je crois que ma fonction dans ce monde est de m’y adonner…
Entrer enfin
s’enfoncer
dans le verbe
Se perdre
dans la chair
des mots
toute en femme et toute en lumière
Faire
laisser se faire
les gouffres, les ponts
les passages
l’abîme
De jour tu écris le poème
qui écrit
en toi
la nuit
Henry Bauchau


































