méditation pour dimanche soir

13 décembre 2015 § Poster un commentaire

que je dédie à Anne Monbaron

Gangrène du dimanche par Kajan(c)

DIMANCHE

C’est dimanche aujourd’hui.
Pour la première fois, aujourd’hui
ils m’ont laissé sortir au soleil
et moi
pour la première fois dans ma vie,
j’ai regardé le ciel sans bouger
m’étonnant qu’il soit si loin de moi
qu’il soit si bleu
qu’il soit si vaste
Je me suis assis par terre
plein de respect
et j’ai collé mon dos contre le mur blanc.
Il n’est pas question en cet instant
de me jeter dans les vagues.
Pas de combat en cet instant
Pas de liberté et pas de femme
Terre, soleil et moi
Je suis un homme heureux.

Nâzim Hikmet

regard au delà

17 mai 2011 § 4 Commentaires

« Les chants des hommes sont plus beaux qu’eux-mêmes,
plus lourds d’espoir, plus tristes, plus durables.

Plus que les hommes j’ai aimé leurs chants.
J’ai pu vivre sans les hommes, jamais sans les chants;
Il m’est arrivé d’être infidèle à ma bien-aimée,
jamais au chant que j’ai chanté pour elle;
jamais non plus les chants ne m’ont trompé.
Quel que soit leur langage, j’ai toujours compris tous les chants.

Rien en ce monde,
de tout ce que j’ai pu boire et manger,
de tous les pays où j’ai voyagé,
de tout ce que j’ai pu voir et entendre,
de tout ce que j’ai pu toucher et comprendre,
rien, rien ne m’a jamais rendu aussi heureux que les chants… »

Nazim Hikmet
« Paris ma rose »

en français pour toi Langda

(Traduction Hasan Gureh)

avec un chant en lien…

aux portes de l’Orient

2 avril 2011 § 4 Commentaires

rêverie à base de café, de soleil sur la terrasse de Maxi Orient dans ma rue …

Sur la Vie

La vie n’est pas une plaisanterie
Tu la prendras au sérieux,
                     Comme le fait un écureuil, par exemple,
Sans rien attendre du dehors et d’au-delà
Tu n’auras rien d’autre à faire que de vivre.

La vie n’est pas une plaisanterie,
Tu la prendras au sérieux,
Mais au sérieux à tel point,
Qu’adossé au mur, par exemple, les mains liées
Ou dans un laboratoire,
                      En chemise blanche avec de grandes lunettes,
Tu mourras pour que vivent les hommes,
Les hommes dont tu n’auras même pas vu le visage,
Et tu mourras tout en sachant
Que rien n’est plus beau, que rien n’est plus vrai que la vie.
Tu la prendras au sérieux
Mais au sérieux à tel point
Qu’à soixante-dix ans, par exemple, tu planteras des oliviers
Non pas pour qu’ils restent à tes enfants
Mais parce que tu ne croiras pas à la mort,
                                                     Tout en la redoutant
mais parce que la vie pèsera plus lourd dans la balance

Nazim Hikmet « Anthologie poétique » éditions Temps Actuels –
traduit par Hasan Gureh

Où suis-je ?

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