présences et papier
14 avril 2012 § 4 Commentaires
fabrication de papier artisanal et apparitions transitoires entre deux feuilles… beauté fugace des transparences… jeu d’encre sur pâte de papier…


Apparition
Je vis un ange blanc qui passait sur ma tête ;
Son vol éblouissant apaisait la tempête,
Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.
– Qu’est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit ?
Lui dis-je. – Il répondit : – je viens prendre ton âme. –
Et j’eus peur, car je vis que c’était une femme ;
Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras :
– Que me restera-t-il ? car tu t’envoleras. –
Il ne répondit pas ; le ciel que l’ombre assiège
S’éteignait… – Si tu prends mon âme, m’écriai-je,
Où l’emporteras-tu ? montre-moi dans quel lieu.
Il se taisait toujours. – Ô passant du ciel bleu,
Es-tu la mort ? lui dis-je, ou bien es-tu la vie ? –
Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,
Et l’ange devint noir, et dit : – Je suis l’amour.
Mais son front sombre était plus charmant que le jour,
Et je voyais, dans l’ombre où brillaient ses prunelles,
Les astres à travers les plumes de ses ailes.
Victor Hugo

la tristesse, c’est de l’eau…
18 mars 2012 § 4 Commentaires

deux dessins inspirés de ce terrible accident de car à Sierre qui a coûté la vie à 28 personnes, essentiellement des enfants …
la consternation et les larmes… encore des larmes…
la seule chose que j’ai pensé alors: toutes ces larmes feront pousser des fleurs…

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.
C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine !
Istanbul
28 février 2012 § Poster un commentaire
toujours dans les afonds de mon atelier… des souvenirs reviennent…
« Oh ! Stamboul ! De tous les noms qui m’enchantent encore, c’est toujours celui-là le plus magique. […] Aucune capitale n’est plus diverse par elle-même, ni surtout plus changeante d’heure en heure, avec les aspects du ciel, avec les vents et les nuages – dans ce climat qui a des étés brûlants et une admirable lumière, mais qui, par contre, a des hivers assombris, des pluies, des manteaux de neige tout à coup jetés sur ses milliers de toits noirs. Et ces rues, ces places, ces banlieues de Constantinople, il me semble qu’elles sont un peu à moi, comme aussi je leur appartiens. »
(extrait de Pierre Loti « Constantinople fin de siècle »)
la suite en couleurs…
8 janvier 2012 § Poster un commentaire
mandala en cours… des couleurs déposées en reflet d’ une carte…
16 personnes sont venues et ont laissé de la lumière… je t’ attends


L’œil :
Une source qui abonde
Mais d’où venue ?
De plus loin que le plus loin
De plus bas que le plus bas
Je crois que j’ai bu l’autre monde
Philippe Jaccottet


rester au centre
28 novembre 2011 § Poster un commentaire

L’eau devient cristal
les lucioles s’éteignent –
rien n’existe.
CHIYO-NI

L’esprit que tant de gens
Chérissent en ce monde
N’est ému qu’un moment
Par le bruit du torrent dans la montagne
Au crépuscule en automne.
Bashô
( images d’un petit modelage en résine d’il y a vingt ans…)
Arbuscule
6 novembre 2011 § Poster un commentaire
J’aime d’un amour clandestin.
Ce que de toi nul n’a aimé :
Le sourd battement enfermé
De ton coeur et de ton instinct.
Nul n’a songé avec douleur
À ces beaux secrets écorchés
Du mouvement intérieur,
Puissant, indomptable et caché !
– Mais moi je sais que c’est ton sang
Qui te fait net, pur, précieux,
Et mon rêve en ton corps descend
Comme vers de plus sombres cieux…
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles
Phonétique : sang sangs saunage saunages seing seings singe singé singea singeai singeais singeait singeas singeât singée singées singes singés songe songé songea songeai songeais songeait songeas songeât songes
Haïku
5 septembre 2011 § 1 commentaire

Le haïku est un petit poème composé de trois vers respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Il comporte toujours une référence à la nature. Il exprime une sensation ténue, une impression ineffable, il rend compte d’une sorte d’illumination, d’étonnement éprouvé par le poète devant des choses communes, banales: le bruit de la pluie, le reflet de la lune dans l’étang, un objet, un animal, un marcheur solitaire, etc.
Il est important de noter que le but du haïku est de nommer les choses directement, d’où l’absence caractéristique de la métaphore, qui est un moyen détourné de dire la réalité. Les choses dans le haïku ne sont pas là comme symboles, ne renvoient pas à une signification située au- delà du sens littéral, elles sont nommées pour elles- mêmes.
Le haïku doit se lire à la lettre.
et voici les mots inspirés d’ail-culs… par Langda
A cette passante
Qui précéda mon chemin
En tordant les fesses…
Dans le moule étroit
De ce haïku, j’ai saisi
Tes fesses moulées !
Comme c’est dur, l’été,
De ne pas voir tous ces culs –
Marchant avec toi.
Promis, c’est le tien
Qui est le plus beau de tous…
Mais il y en a tant !
On dit que c’est mal
De leur reluquer les fesses ;
On le fait sans cesse.
Flâner dans les rues,
Pareil à un chien flairant
La croupe des chiennes…
La chance de suivre
La promenade estivale
D’une paire de fesses.
Et même tandis
Que je lorgnais ton derrière,
Tu lâchais des pets…
En plein centre ville,
Sur un panneau de réclame,
Trône un cul de femme !
Pubs à la télé :
Les femmes émancipées
Vendent leurs derrières.
Elles vendent, dans les pubs,
Le bonheur et la croissance,
En montrant leurs fesses.
Ils suivent leurs culs,
Comme l’âne la carotte,
Sans destination.
Dans leurs shorts trop courts
S’entrechoquent les deux miches
Des ail-culs d’été.
Gauche ! Droite ! Gauche ! Droite ! Gauche…
Partout, dans les rues, la marche
Galante des culs.
Partout, pour chacun,
La Putain Capitaliste
Tortille son cul.
Dans le cœur des fleurs,
Aux courbes des gousses d’ail,
En tout lieu, du cul !
Les fleurs de la chair
Attirent les mille abeilles
De la ruche à miel…
Des petits culs roux
Poussent aux abricotiers
Du Jardin d’Eden…
Même ce nuage
A les contours arbitraires
D’un beau postérieur…
Quelle aspiration
Exerce vers quel azur
Tendu ton cul nu ?
Le Bien et le Mal
Viendraient de nos sensations :
Mais alors, le cul !?
C’est un fruit défendu
Par celui qui le possède,
Le cul d’une femme !
…Sous les lunes blondes
D’occidentales en vacances
Prie la musulmane.
Dans le jean étroit
D’une européenne avance
La femme voilée…
Dieu aurait créé
La Tentation des Derrières,
« Comme ça, pour faire chier » ?
Le relativiste
Considère avec sagesse
Les fesses des dames…
Tu lis ces haïkus,
En ligne, ayant tapé « cul »…
…Donc, pas trop déçu ?
à retrouver sur U-POESIS, cité de poésie improductive de Perrin Langda
http://upoesis.wordpress.com/ail-culs/
2 ans en dessin… alors grenade !
4 juillet 2011 § 4 Commentaires


ou rose?
plus de 200 publications dans ce « journal du dessin rencontre » pour vous faire partager ma pratique quotidienne du dessin… cet exercice m’a conduit sur de nouvelles pistes… celles d’un désert lointain… aride en apparence… paradoxalement habité de tant d’esprit(s)… au plaisir se vous y rencontrer alors que nous aurons cru nous être perdus…

retour
11 juin 2011 § 1 commentaire

Les Menées de l’extase existent
Ne les sens-tu pas œuvrer
à travers toi
Changeant la nuit en jour
Mêlant le soleil avec la mer.
Jim Morrison






