pause et repose

7 juin 2011 § 1 commentaire

mon sang
repose
dans la boite du cœur,
mon mur
dans la boite du corps,
mon corps
dans la boîte du lit,
mon lit
dans la boite de la chambre,
et ainsi de suite
jusqu’à la boite du néant
qui commande le couvercle
de toutes les autres.
Et pour le soulever
il me faudra me hisser
de boite en boite jusqu’à lui.
Mais une fois atteint
aurai-je encore envie de le décoller
ou de me lancer au contraire
à nouveau dans le vide ?

Gérard Le Gouic

 

colonel astral

6 juin 2011 § Poster un commentaire

inspiré d’une bouleversante exposition au Musée de l’Art Brut à Lausanne

Comme ● un ● Papillon ● Libre ● je suis ● Tout ● le ● Monde ● est à moi et ● tous ● je fais ● Rêver

Fernando Oreste Nannetti est l’auteur d’une oeuvre magistrale, située à Volterra en Toscane (Italie), qui est aujourd’hui presque totalement détruite. La Collection de l’Art Brut la fait revivre à travers une exposition, la première en Suisse, réunissant divers media (photographies, film, lectures, fac-similés), et un catalogue de référence. L’auteur d’Art Brut a gravé des inscriptions 9 années durant, de 1959 à 1961, puis de 1968 à 1973, sur les façades de l’institution psychiatrique où il était enfermé. Sa création, un livre de pierre de 70 mètres, donne à lire une poésie extravagante, utopiste et libre, ponctuée de dessins.

des inscriptions sur un mur qui tombe en ruine

des ombres dans un carnet

des chaises vides partout

laissées par ceux qui ont écrit à personne

gare si à 2

30 Mai 2011 § 2 Commentaires

« Pero el 2 no ha sido nunca un número

es una angustia y su sombra… »

Pequeño poema infinito


« Mais le 2 n’a jamais été un numéro

Parce qu’il est une angoisse et son ombre… »

Petit poème infini


de Federico Garcia Lorca

treize

14 avril 2011 § Poster un commentaire

Se déployant

Se déployant devant l’ensemble fictif des cieux constellés,

La splendeur du sens inexistant de la vie…

Jouez dans une kermesse ma propre marche funèbre!

Je veux en finir sans me soucier des conséquences…

Je veux aller à la mort comme à une fête au crépuscule.

Fernando Pessoa

aux portes de l’Orient

2 avril 2011 § 4 Commentaires

rêverie à base de café, de soleil sur la terrasse de Maxi Orient dans ma rue …

Sur la Vie

La vie n’est pas une plaisanterie
Tu la prendras au sérieux,
                     Comme le fait un écureuil, par exemple,
Sans rien attendre du dehors et d’au-delà
Tu n’auras rien d’autre à faire que de vivre.

La vie n’est pas une plaisanterie,
Tu la prendras au sérieux,
Mais au sérieux à tel point,
Qu’adossé au mur, par exemple, les mains liées
Ou dans un laboratoire,
                      En chemise blanche avec de grandes lunettes,
Tu mourras pour que vivent les hommes,
Les hommes dont tu n’auras même pas vu le visage,
Et tu mourras tout en sachant
Que rien n’est plus beau, que rien n’est plus vrai que la vie.
Tu la prendras au sérieux
Mais au sérieux à tel point
Qu’à soixante-dix ans, par exemple, tu planteras des oliviers
Non pas pour qu’ils restent à tes enfants
Mais parce que tu ne croiras pas à la mort,
                                                     Tout en la redoutant
mais parce que la vie pèsera plus lourd dans la balance

Nazim Hikmet « Anthologie poétique » éditions Temps Actuels –
traduit par Hasan Gureh

Saudoso

24 février 2011 § 2 Commentaires

Saudoso já deste verão que veio,
Lágrimas para as flores dele emprego
Na lembrança invertida
De quando hei de perdê-las.
Transpostos os portais irreparáveis
De cada ano, me antecipo a sombra
Em que hei de errar, sem flores,
No abismo rumoroso.
E colho a rosa porque a sorte manda.
Marcenda, guardo-a; murche-se comigo
Antes que com a curva
Diurna da ampla terra.

 

Ricardo Reis



étreinte

7 février 2011 § 2 Commentaires

le souvenir tendre pris dans la trame d’un châle

 

dans un désir, un mouvement, une courbe gracieuse

le jasmin étreint la statue


On voit mourir toute chose animée

Lors que du corps l’ âme subtile part.

Je suis le corps, toi la meilleure part:

Où es-tu donc, ô âme bien-aimée ?

extrait d’un sonnet de Louise Labé

 

 

pour Celeste

Loin de moi en moi

20 janvier 2011 § 3 Commentaires

 

Mais c’est lorsque je donne à ce que je médite

La forme et la voix de l’espace,

Qu’un lien que j’ai brisé ouvre entre moi et moi

Un abîme infini.

Fernando Pessoa

 

 

le c(h)oeur en pleine poire

11 décembre 2010 § Poster un commentaire

vive émotion jeudi soir à la Radio Suisse Romande
en entendant le chœur ukrainien Kalena…

l’âme slave dans une débauche de sons de couleurs et d’émotions… pas habituée à cela dans mon univers protestant… comme ça fait du bien… le cœur exulte…

et un merci particulier à Gérard Suter

L’eau coule vers la mer bleue

L’eau coule sans fin…
Et c’est en vain que le cosaque
Cherche où est son destin.
Il est parti droit devant lui
Tandis que jouait la mer
Que jouait son cœur
Et qu’une voix lui disait :
 » Où t’en vas-tu à l’aventure ?
Et pour qui as-tu donc quitté
Le père, la vieille mère
Et la douce jeune fille ?
Ailleurs, il y a des étrangers
Ailleurs la vie te sera dure
Et tu ne trouveras personne
Pour partager tes larmes et tes pensées.
Il est maintenant au bord du rivage
Tandis que joue la mer.
Il n’a trouvé que la douleur.
Les goélands volent vers l’autre rive
A jamais hors d’atteinte.
Il pleure. Les ronces et les épines
Ont couvert les chemins.

1838

Traduit par Kaléna Uhryn

poème de Taras Chevtchenko

en rond

19 novembre 2010 § Poster un commentaire

 

Il y avait une musique qui prit fin

Lorsque je sortis du rêve que j’avais d’elle.

Mais elle n’est pas morte : elle persiste encore

Dans ce qui fait que je ne pense pas.

Fernando Pessoa

sur une remarque de mon conseiller artistique fétiche, je précise qu’il s’agit bien d’un dessin…

Où suis-je ?

Catégorie poèmes et ailleurs sur journal du dessin rencontre.