fille est … fait mère
22 Mai 2016 § Poster un commentaire
un dessin de Celeste ma fille, en miroir d’un de mes dessins… dialogue rouge… lien de sang…
je contemple du dehors
cet assemblage prodigieux de molécules
que je suis pour quelques temps encore
Celeste
Poésie, fille-mère du silence,
son âme sœur et son chant d’amour
dans la toute-clémence du néant
Michel Camus
collaboration inopinée
20 Mai 2016 § Poster un commentaire
sur le mode je te passe mon dessin et tu me files tes mots… une rencontre récente sur les chemins inspirés de la virtualité…
Délicatement
D’un geste presque amoureux
Il lui posa
En une joyeuse métaphore
Ses deux couilles bien pendantes
Au sommet déclinant de son crâne
Convaincu ainsi
De l’esthétique excellence
D’une telle galéjade
Quoiqu’au rire univoque
De laquelle il dût admettre
Certes non sans mal
L’excès flagrant de ses intentions ambiguës
A l’égard d’une si vénérable
Et fameuse altesse
Se reconnaissant depuis toujours
En la personne de la Poésie.
fais ce qu’il te plaît
2 Mai 2016 § Poster un commentaire
pour Lili et Corinne
premier mai … café … muguet … copines dans une cuisine … et la Seine
Par une nuit où la lune brille sur la neige, on se sent soi aussi transparent.
Par un jour où souffle une brise printanière, on sent son esprit vibrer à l’unisson.
« propos sur la racine des légumes » HONG Zicheng
Ouvre tes mains pour voir
Si tu caresses quelque chose
Où va s’incarner
Le nouvel instant
Que tu épouseras
Durablement.
L’instant tel que jamais
Il n’y en eut.
Guillevic
Sabine
4 avril 2016 § 2 Commentaires
dessiné pendant un échange téléphonique avec Serge…
une apparition en entraîne une autre… d’une campagne au cosmos…
une compagne réapparait au-delà du jeu des miroirs…
Par la roseraie éclose,
Par la saulaie apâlie,
Au bord des viviers, sous l’aurore rose,
Au long des étangs où le roseau plie,
Au son d’une chanson trillée,
Jusqu’à la plaine ensoleillée!
Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent vertes ou rousses,
Oscillantes sans secousses,
Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent au long des mousses.
Nul bruit qu’un roulement lointain de chariot,
Nulle crainte que d’un rêve interrompu;
Et nul regret de ce que l’on n’a pu
— Un roulement lointain de chariot —
L’azur jusque là-bas où sont les peupliers
Rigides et légers au long du vieux canal
— Ah! que ce paysage a d’êtres familiers;
Que tout y est doux et banal.
L’herbe est plus haute, ainsi, pour ma tête penchée,
Que les collines bleuissantes de là-bas;
Et tout, par la vie, est de même, est-ce pas,
Folle âme à ton ombre attachée,
O toi qui te suis pas à pas,
Sur toi-même penchée,
La vie est telle, n’est-ce pas?
Francis Vielé-Griffin
L’âme est éprise du néant non figuré
Du chemin vide entre les montagnes saigneuses
De l’Esprit qui n’est pas et du Rien qui est
Entre les assemblées de la matière immonde
Jean Jouve ( merci à mon pourvoyeur de mots )
pour Muriel
blessure
29 mars 2016 § 3 Commentaires
état de spleen de ce jour… seule… le regard interrogeant le ciel… alors j’ai dessiné… j’ai soufflé sur la blessure… dans le train entre Renens et Lausanne…
Finir
Par se pardonner
Jusqu’à la blessure
Faite à la rose.
Guillevic
on n’a jamais dit la haute blessure
le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune
la plaie si douce
et les ténèbres renversées
on n’a jamais dit
tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs
et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer
Zéno Bianu
le 4 mars dedans
7 mars 2016 § Poster un commentaire
dessiné vendredi passé dans le train en pensant à mon côlon… à l’intérieur de mon ventre le 4 mars… dedans se trouve un vieux souvenir… un passé collant qui m’empêche d’accéder à la lumière…
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– Si tu passes la main hors lisière
tu risques de la perdre,
agrippée par les ébauches
des gestes inassouvis.
– Si tu glisses tes yeux hors lisière
tu risques qu’ils soient piégés
par une nuit cadenassée
la nuit de tout cela
que tu n’auras pas vu
ni voulu voir.
– Faut-il s’enliser in situ
pour habiter du vivant?
– Tu pourrais camper
dans les andains de la géographie,
t’extirper des plaies
par la grille des déchiffrements.
– Mais que sont tes mots,
sinon confusion
ou contusions de la langue?
– Tout le dedans est à exclure,
de l’ordre du dehors
pour rendre le temps réversible.
– Tu es raturé par ce que tu n’es pas
qui veut corriger ce que tu crois être.
– Parfois à l’aube, tu te couvres
du givre,
de ce qui reste informulable.
Charles Dobzynski
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déjà là le 4 février
des mètre d’intestins interminables… des kilomètres de pensées… et après le vide…
Laisser dedans
En attente
La clé de la porte latérale.
Mukai Kyorai
en souvenir de Claude mon père…
œil en tulipe
2 mars 2016 § Poster un commentaire
Chanson d’une dame dans l’ombre
Quand vient la Silencieuse et coupe la tête des tulipes :
Qui gagne ?
Qui perd ?
Qui s’avance vers la fenêtre ?
Qui nomme en premier son nom ?
Il en est un, qui porte mes cheveux
Il les porte comme on porte les morts à bout de bras.
Il les porte comme le ciel portait mes cheveux dans l’année, celle où j’aimais
Ainsi il les portait par vanité
Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne s’avance pas vers la fenêtre
Celui-là ne nomme pas son nom.
Il en est un, qui a mes yeux.
il les a, depuis que les grandes portes se sont refermées.
il les porte comme anneau aux doigts.
Il les porte comme éclats de plaisir et de saphir :
Il était déjà mon frère à l’automne ;
Il compte déjà et les jours et les nuits.
Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne s’avance pas vers la fenêtre
Celui-là nomme son nom en dernier.
Il en est un, qui a ce que j’ai dit.
Il le porte sous le bras comme un paquet.
Il le porte comme l’horloge porte sa plus mauvaise heure.
Il le porte de seuil en seuil, il ne le jette pas au loin.
Celui-là ne gagne pas.
Celui-là perd.
Celui-là s’avance vers la fenêtre
Celui-là nomme son nom en premier.
Celui-là sera décapité avec les tulipes
Paul Celan
atlas
25 février 2016 § 1 commentaire
dessiné dans le tgv en rentrant de Bourgogne ce soir… je suis Atlas… de plus en plus conscient de ce monde et de ses contours, de tous les habitants qui le peuplent… et de son poids…
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En étrange pays
Tu étais là présente parfois double,
En ce pays du jamais revenu
Atlas sans méridien Zone inconnue
Temps sans passé Temps qui n’est plus qu’eau trouble.
Tu étais là. Ramenée en arrière
D’une mer amputée de littoral.
Tu gouvernais ton navire amoral
Vers l’au-delà des vies aventurières.
Tu étais là. Je ne sais depuis quand
De ta mémoire émargée. Péninsule
Où nous étions exilés, nous Consuls
Très surveillés d’au-dessous le volcan.
C’était la zone extrême dévolue
Aux animaux d’une ancienne mémoire
Qui surgissaient portant sur eux les moires
D’une autre mer, d’un monde révolu.
Un soleil maigre à jambes d’antilope
S’imprimait sur le sable à pas légers
Mais tu fuyais de ce site étranger
Comme traquée par son œil de cyclope.
Charles Dobzynski …trouvé chez arbrealettres
le square
20 février 2016 § 2 Commentaires
dessiné inopinément en hommage à Julien et sa cyclopitude…
Le désespoir est assis sur un banc
Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l’écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l’entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l’écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d’aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez atrocement
Et l’homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s’envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.
Jacques Prévert
le titre
9 février 2016 § 2 Commentaires
» le titre « dessin créé sur la base du tableau de Mendeleïev …
Ce dessin est le fruit d’une commande et accueille désormais les collaborateurs et les visiteurs de l’Unité de toxicologie et chimie forensiques (UTCF) du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML) au Chalet-à-Gobet sur Lausanne. Je suis depuis longtemps fascinée par les représentations de l’univers qu’a tenté l’homme: ce tableau est pour moi une sorte de mandala scientifique. Ce qu’il représente est en toute chose et ainsi nous lie.
La titrimétrie ou titrage est une technique de dosage utilisée en chimie analytique afin de déterminer la concentration d’une espèce chimique en solution … ou titre d’une solution.
dans la galerie ci-dessous quelques images reflets de ces moments de création collective… (cliquez sur l’image pour ouvrir la galerie)
Encore des lettres aujourd’hui
toutes sortes de phrases
mêlées aux vôtres
Parfois je réponds et parfois non
C’est comme le téléphone
il sonne je le regarde sonner
il y a des jours
où je ne suis pas dans mon nom
pas dans mon sang pas dans mes yeux
des jours des semaines des mois
je laisse
les lettres parler le téléphone hurler
C’est une affaire de bon sens
Je ne peux répondre qu’en ma présence
Seulement voilà que faire
quand je n’y suis pas
Christian Bobin
merci à Marc pour cette aventure… merci à tous
































