dessins mâchés
31 janvier 2016 § 5 Commentaires
improvisation
sur une chouette en papier mâché trouvée au rayon bricolage… joli prétexte pour inventer des histoires…
Là,
au croisement d’une chouette
et d’un rossignol,
se trouve ma croix.
Yannis Ritsos
La chouette en plein jour
ouvre grand les yeux
ne voit rien
Attends !
Ta nuit viendra à coup sûr
Ko Un
retouche à la chouette
syncope de l’ombre
on a touché la moelle de la nuit
Daniel Boulanger
merci aux mots trouvés chez Arbrealettres…
aspirations
10 janvier 2016 § Poster un commentaire
juste une question fondamentale : » à quoi aspirons-nous ? » …
si tout n’est que poussière, le chant est ouvert à toute aspiration…
La dernière sonate pour piano de Schubert
m’étant revenue hier soir, par surprise,
une fois de plus, je me suis dit simplement:
« Voilà. »
Voilà ce qui tient inexplicablement debout,
contre les pires tempêtes,
contre l’aspiration du vide;
voilà ce qui mérite, définitivement, d’être aimé:
la tendre colonne de feu qui vous conduit,
même dans le désert
qui semble n’avoir ni limites, ni fin.
Philippe Jaccottet
ode subliminale pour dimanche soir ordinaire… pour Syl, Manouche et Anne… et aussi à Stephen Vasey et sa recherche sur le couple…
apparitions du jour…
9 janvier 2016 § Poster un commentaire
fraîches mes apparitions… fraîches… dessinées aujourd’hui dans ma routine de bouleversement continuel… fraîches mes apparitions… aussi fraîches que mes émotions…
RÉPERTOIRE DES APPARITIONS
je vois
un tournoiement sans fin
c’est le tissage de la vie
c’est le tissage de la nuit
tout se croise
et s’entrecroise
tout pulse
et tout palpite
chaque mot ne tient plus
qu’à un fil
je vois
l’oeil de houille profonde
encore et toujours
l’oeil de houille
avec son frémissement d’élytres
l’oeil de houille
aile de papillon
entre les paumes du ciel
je vois
et je le reconnais
le territoire de la solitude
le vertige du sillon
le carbone
de la nuit étoilée
celui qui met
un mot
sur toutes les mélancolies
je vois un sceau
une empreinte
des tiges de roseau
qui bruissent sans relâche —
« tu ne sais pas ce que c’est que l’amour »
un appel
à une autre respiration
le profond
de l’intimité créatrice
je vois
notre vraie tête
notre tête originelle
pelote de lichens irisés
sphère ouverte
revenue de tout
en orbite
autour du coeur
Zéno Bianu
Disparition
Ta tête au premier plan
Est fort bien accueillie par la nuit qui s’écroule
Ta tête émerveillée émue
Extrême frémissant
Se compare sans coquetterie
A la foudre globulaire
Pas une goutte de pluie
Les condiments en puissance d’orage
Font que le ciel difforme retourne à ses boissons gelées
Ta tête violemment tendre
Telle une capucine lumineuse
Laisse la terre à ses secrets
Ta tête délicate et faible
Cette grande déshéritée
Où fait-on ce silence qui la persuade
Que sa naissance a prévalu
Pour toujours sur sa vie
Mais tes yeux
Tes yeux ont contredit les puits lunaires
Les échafaudages solaires
Tous les systèmes d’apparitions intermittentes.
Paul Eluard
un ange passe
3 janvier 2016 § 4 Commentaires
partons de la bonne aile… revenons comme un seul ange…
dessiné ce soir avec ma fille Celeste…
bel envol 2016 à vous …
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Que ton poème soit
comme l’aile du fou
puissante et claire
dans son essor
portant le corps embrasé
vers la grande lumière
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Let your poem
be as the gannet’s wing
with power and clarity
in its wheeling
bearing erotic flesh
to the ecstasy of being
Kenneth White trouvé chez arbrealettres
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méditation pour dimanche soir
13 décembre 2015 § 1 commentaire
que je dédie à Anne Monbaron
DIMANCHE
C’est dimanche aujourd’hui.
Pour la première fois, aujourd’hui
ils m’ont laissé sortir au soleil
et moi
pour la première fois dans ma vie,
j’ai regardé le ciel sans bouger
m’étonnant qu’il soit si loin de moi
qu’il soit si bleu
qu’il soit si vaste
Je me suis assis par terre
plein de respect
et j’ai collé mon dos contre le mur blanc.
Il n’est pas question en cet instant
de me jeter dans les vagues.
Pas de combat en cet instant
Pas de liberté et pas de femme
Terre, soleil et moi
Je suis un homme heureux.
Nâzim Hikmet
Gravenstein
30 novembre 2015 § Poster un commentaire

drôle de dessin que celui-ci, apparu dans le métro entre Croisettes et Renens… aujourd’hui…
ARBRE AU-DEDANS
Dans mon front a poussé un arbre.
il a poussé au-dedans.
Ses racines sont des veines,
des nerfs ses branches,
ses feuillages confus des pensées.
Tes regards l’enflamment
et ses fruits d’ombres
sont oranges de sang,
grenades de lumière.
Le jour se lève
dans la nuit du corps.
Là au-dedans, dans mon front,
l’arbre parle.
Approche, tu l’entends?
Octavio Paz ( trouvé chez Arbrealettres )

en douceur avec vous
24 novembre 2015 § Poster un commentaire
pour Carmen et ma maman …

[…]
Douceur de ce silence et de ne plus savoir
S’analyser et d’être à ce point qu’on croit voir
Des fils d’ombre dans la chambre de sa mémoire
Descendre et se confondre en une tache noire
Comme la toile d’une araignée où l’essor
Des songes va finir son vol de mouches d’or.
Et tout s’éteint ! Plus de rêve qui se dévide !
Douceur ! penser du vague et regarder du vide !
Georges Rodenbach
drôle d’équilibre
26 octobre 2015 § Poster un commentaire
encore un dessin rencontre… inspiré par deux cartes de tarot à jouer et une phrase au hasard… dans une énergie de fin de dimanche approchant…
qui est ce drôle de personnage ? un fou se promène sur le bord d’une roue… la frange d’une comète… le rebord de la fin du monde… ou du commencement… ce livre le rend peut-être invincible… ou invisible…
Au secret de la source et de la foudre
L’ombre chantait ancienne autour de ta jeunesse.
Je lisais au bond de la flamme une caresse
De nos regards, de notre songe, avant que s’ouvrent
La nuit, et cet affrontement tendre ou cruel
Où nous fûmes jetés pareils
Au secret de la source et de la foudre.
Georges-Emmanuel Clancier
Au commencement était le mot, le mot
Qui des bases solides de la lumière
A dérobé toutes les lettres du vide.
Dylan Thomas
pour ma vieille copine Corinne qui a déjà gravi des volcans en dansant…
bas les masques
29 septembre 2015 § Poster un commentaire
quelques traits vite faits sur ma banquette de métro… quelque part entre la gare et le terminus… est-ce si différent d’être là à dessiner plutôt qu’à m’hypnotiser aux ondes virtuelles de mon téléphone dit intelligent ?
le masque sourd du visage
mime le visage
délaisse le visage
le masque sourd de la page vide
déguise le vide
lui qui n’est que vide
Yang Lian
rêver …
est-ce ici ou ailleurs ?
D’un et de deux, de tous
Je suis le spectateur et l’acteur et l’auteur
Je suis la femme et son mari et leur enfant
Et le premier amour et le dernier amour
Et le passant furtif et l’amour confondu
Et de nouveau la femme et son lit et sa robe
Et ses bras partagés et le travail de l’homme
Et son plaisir en flèche et la houle femelle
Simple et double ma chair n’est jamais en exil
Car où commence un corps, je prends forme et conscience
Et même quand un corps se défait dans la mort
Je gis en son creuset j’épouse son tourment
Son infamie honore et mon cœur et la vie.
Paul Eluard

parfois même je me demande qui dessine ? …
visions en déplacement
31 août 2015 § Poster un commentaire
suite de mon projet « transports en commun »………………… dessins réalisés le temps d’un trajet dans les transports en commun, plus particulièrement les TL de Lausanne…
les deux dessins de ce jour… comme un constat d’impuissance… se laissant juste traverser par une myriade d’étoiles… nous sommes de pauvres hologrammes qui se prennent au sérieux…
de la station Maurice Béjart jusqu’aux Croisettes… ce matin…
Le sentiment d’une solitude déchirante
et d’une certaine incommunicabilité du monde
était parfois donné par la vue d’une brouette vide
vide encore chaude de la fumure transportée.
Le jardinier s’en était allé boire:
il se pouvait qu’il ne revînt jamais.
Je me disais que je lui avais quelques fois parlé.
A bien réfléchir, il se pouvait que je lui aie dit cent mots.
Les oiseaux passaient à tire-d’aile, les horloges sonnaient
et les ombres s’allongeaient sur le sol blanc.
Le jardinier n’était pas mort, il n’avait eu qu’une attaque.
Il ne parlerait plus et resterait sur un banc
devant sa porte et des mouches en pleine vie
marcheraient dans ses mains sur lesquelles tremblerait
l’ombre dentelée des feuilles pacifiques.
Jean Follain
puis ce soir… des Croisettes jusqu’à Bessières…
Transporte-nous, sac infini,
nous Jonas infinitésimaux.
Giovanni Giudici

















