Sabine
4 avril 2016 § 2 Commentaires
dessiné pendant un échange téléphonique avec Serge…
une apparition en entraîne une autre… d’une campagne au cosmos…
une compagne réapparait au-delà du jeu des miroirs…
Par la roseraie éclose,
Par la saulaie apâlie,
Au bord des viviers, sous l’aurore rose,
Au long des étangs où le roseau plie,
Au son d’une chanson trillée,
Jusqu’à la plaine ensoleillée!
Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent vertes ou rousses,
Oscillantes sans secousses,
Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent au long des mousses.
Nul bruit qu’un roulement lointain de chariot,
Nulle crainte que d’un rêve interrompu;
Et nul regret de ce que l’on n’a pu
— Un roulement lointain de chariot —
L’azur jusque là-bas où sont les peupliers
Rigides et légers au long du vieux canal
— Ah! que ce paysage a d’êtres familiers;
Que tout y est doux et banal.
L’herbe est plus haute, ainsi, pour ma tête penchée,
Que les collines bleuissantes de là-bas;
Et tout, par la vie, est de même, est-ce pas,
Folle âme à ton ombre attachée,
O toi qui te suis pas à pas,
Sur toi-même penchée,
La vie est telle, n’est-ce pas?
Francis Vielé-Griffin
L’âme est éprise du néant non figuré
Du chemin vide entre les montagnes saigneuses
De l’Esprit qui n’est pas et du Rien qui est
Entre les assemblées de la matière immonde
Jean Jouve ( merci à mon pourvoyeur de mots )
pour Muriel
aspirations
10 janvier 2016 § Poster un commentaire
juste une question fondamentale : » à quoi aspirons-nous ? » …
si tout n’est que poussière, le chant est ouvert à toute aspiration…
La dernière sonate pour piano de Schubert
m’étant revenue hier soir, par surprise,
une fois de plus, je me suis dit simplement:
« Voilà. »
Voilà ce qui tient inexplicablement debout,
contre les pires tempêtes,
contre l’aspiration du vide;
voilà ce qui mérite, définitivement, d’être aimé:
la tendre colonne de feu qui vous conduit,
même dans le désert
qui semble n’avoir ni limites, ni fin.
Philippe Jaccottet
ode subliminale pour dimanche soir ordinaire… pour Syl, Manouche et Anne… et aussi à Stephen Vasey et sa recherche sur le couple…
apparitions du jour…
9 janvier 2016 § Poster un commentaire
fraîches mes apparitions… fraîches… dessinées aujourd’hui dans ma routine de bouleversement continuel… fraîches mes apparitions… aussi fraîches que mes émotions…
RÉPERTOIRE DES APPARITIONS
je vois
un tournoiement sans fin
c’est le tissage de la vie
c’est le tissage de la nuit
tout se croise
et s’entrecroise
tout pulse
et tout palpite
chaque mot ne tient plus
qu’à un fil
je vois
l’oeil de houille profonde
encore et toujours
l’oeil de houille
avec son frémissement d’élytres
l’oeil de houille
aile de papillon
entre les paumes du ciel
je vois
et je le reconnais
le territoire de la solitude
le vertige du sillon
le carbone
de la nuit étoilée
celui qui met
un mot
sur toutes les mélancolies
je vois un sceau
une empreinte
des tiges de roseau
qui bruissent sans relâche —
« tu ne sais pas ce que c’est que l’amour »
un appel
à une autre respiration
le profond
de l’intimité créatrice
je vois
notre vraie tête
notre tête originelle
pelote de lichens irisés
sphère ouverte
revenue de tout
en orbite
autour du coeur
Zéno Bianu
Disparition
Ta tête au premier plan
Est fort bien accueillie par la nuit qui s’écroule
Ta tête émerveillée émue
Extrême frémissant
Se compare sans coquetterie
A la foudre globulaire
Pas une goutte de pluie
Les condiments en puissance d’orage
Font que le ciel difforme retourne à ses boissons gelées
Ta tête violemment tendre
Telle une capucine lumineuse
Laisse la terre à ses secrets
Ta tête délicate et faible
Cette grande déshéritée
Où fait-on ce silence qui la persuade
Que sa naissance a prévalu
Pour toujours sur sa vie
Mais tes yeux
Tes yeux ont contredit les puits lunaires
Les échafaudages solaires
Tous les systèmes d’apparitions intermittentes.
Paul Eluard
un ange passe
3 janvier 2016 § 4 Commentaires
partons de la bonne aile… revenons comme un seul ange…
dessiné ce soir avec ma fille Celeste…
bel envol 2016 à vous …
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Que ton poème soit
comme l’aile du fou
puissante et claire
dans son essor
portant le corps embrasé
vers la grande lumière
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Let your poem
be as the gannet’s wing
with power and clarity
in its wheeling
bearing erotic flesh
to the ecstasy of being
Kenneth White trouvé chez arbrealettres
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méditation pour dimanche soir
13 décembre 2015 § 1 commentaire
que je dédie à Anne Monbaron
DIMANCHE
C’est dimanche aujourd’hui.
Pour la première fois, aujourd’hui
ils m’ont laissé sortir au soleil
et moi
pour la première fois dans ma vie,
j’ai regardé le ciel sans bouger
m’étonnant qu’il soit si loin de moi
qu’il soit si bleu
qu’il soit si vaste
Je me suis assis par terre
plein de respect
et j’ai collé mon dos contre le mur blanc.
Il n’est pas question en cet instant
de me jeter dans les vagues.
Pas de combat en cet instant
Pas de liberté et pas de femme
Terre, soleil et moi
Je suis un homme heureux.
Nâzim Hikmet
en douceur avec vous
24 novembre 2015 § Poster un commentaire
pour Carmen et ma maman …

[…]
Douceur de ce silence et de ne plus savoir
S’analyser et d’être à ce point qu’on croit voir
Des fils d’ombre dans la chambre de sa mémoire
Descendre et se confondre en une tache noire
Comme la toile d’une araignée où l’essor
Des songes va finir son vol de mouches d’or.
Et tout s’éteint ! Plus de rêve qui se dévide !
Douceur ! penser du vague et regarder du vide !
Georges Rodenbach
le canal
21 novembre 2015 § 2 Commentaires
sur le bord de la route, un panneau indique partage des eaux… au loin le canal propose une mystérieuse promenade… plus rien ne peut arriver et les petites maisons ressemblent à des villégiatures pour fantômes… mon esprit bat la campagne et cette vision le traverse comme ce canal
en carnet incarné
12 novembre 2015 § 1 commentaire
mosaïque des quelques-uns de mes carnets dessinés…
Pour moi, si j’ai tant griffonné de carnets, ce n’a jamais été que pour surprendre un brin des musiques de l’inconcevable existence, percevant aux heures de gloire l’universelle harmonie dans le crissement d’une cigale. Henri Thomas
Qu’est-ce qu’un coeur
dans un carnet
Un silence creuse l’écriture
et lui fait une âme
Personne à l’horizon
le nom n’a pas d’apparence
Qui fait du bruit
n’a pas de bouche amoureuse
Les mains jettent des paysages
un lac tombe dans mes yeux
Claudine Bertrand ………………………..trouvé chez Arbralettres
à quoi ça sert
7 octobre 2015 § 3 Commentaires
de jeter son mégot parterre ?
qu’est-ce que ça veut dire ? à quoi correspond ce désir ? … salir ? marquer son territoire ? laisser un peu de soi consumé ? je consomme et me consume … je suis éteint …
je me suis posé ces questions en les ramassant dans la rue en-bas de chez moi… je les ai enlevés patiemment d’un bout de terrain planté entre les voitures… et le lendemain tout était comme si je n’avais rien fait …
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Apprentis distants
du plus proche,
connaisseurs de la rose
qui ne peuvent la respirer,
vivants d’une vie
qui se consume en se vivant,
lanceurs d’un filet
qui se retourne et les capture,
voyageurs d’une distance qui n’existe pas.
Pourquoi commencer
si tout débute
où ils finissent ?
Pourquoi ouvrir la porte
ou pourquoi la fermer
s’il y a toujours à sa place quelque chose d’immobile,
une icône impénétrable
qui ne change pas dans l’ouvert et le fermé?
Est-il aussi des roues dont le destin est de ne pas tourner,
de l’eau dont le sens n’est pas de mouiller,
des vents dont l’objet n’est pas de souffler,
du feu dont la fonction n’est pas de brûler?
Si le plus haut consiste
à n’être pas ce qu’on est,
en quel singulier espace
doit-on se séparer de soi-même?
Roberto Juarroz
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il était une fois le 11
13 septembre 2015 § 4 Commentaires











