moucharabieh
11 août 2015 § 6 Commentaires
cachée et pourtant visible… lointaine et proche à la fois… multiple et une en même temps… comme cela résonne avec mon présent… ce dessin improvisé dans un cahier de coloriage…
tombée inopinément sur ce cahier dans une vitrine de la petite ville de province… une mode « nouvelle » le coloriage… remontée de nos enfances… une pratique relaxante… tenterions-nous de poser dans ces cahiers les couleurs qui manquent dehors ?
ÉLÉGIE
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?
Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.
Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?
Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Tu pleures ?
Eugenio Montale
animal de compagnies
5 août 2015 § Poster un commentaire
dessin dédié à Michel qui s’est endormi il y a peu, … rejoignant de belles compagnies célestes…
ANIMAL DE LUMIÈRE
Je suis, dans cet illimité sans solitude,
un animal de lumière traqué
par ses erreurs, par son feuillage :
vaste est la forêt : ici mes semblables
pullulent, reculent, trafiquent
tandis que je m’isole avec pour toute compagnie
l’escorte que le temps désigne :
les vagues de la mer, les étoiles nocturnes.
C’est peu, c’est vaste, c’est mince et c’est tout.
Mes yeux ont vu tant d’autres yeux
et ma bouche a reçu tant de baisers
et avalé tant de fumée
de ces trains disparus
– ô vieilles gares inclémentes! -,
elle a humé tant de poussière en d’incessantes librairies,
que l’homme que je suis, le mortel, s’est lassé
de ces yeux, ces baisers, ces fumées, ces chemins,
ces livres plus épais que l’épaisseur terrestre.
Et aujourd’hui, au fond de la forêt perdue
il entend la rumeur de l’ennemi et fuit
non point les autres mais lui-même
et la conversation interminable,
le chœur qui chantait avec nous,
la signification de l’existence.
Car une fois, car une voix, une syllabe
ou le passage d’un silence
ou le son de la mer resté sans sépulture
me laissent face à face avec la vérité,
et il ne reste vraiment rien à déchiffrer,
rien qui puisse encore être dit : il n’y avait rien d’autre :
les portes de la forêt se sont refermées,
le soleil circule en ouvrant les feuilles,
la lune monte dans le ciel comme un fruit blanc
et l’homme se conforme à son destin.
Pablo Neruda
merci à https://arbrealettres.wordpress.com/ …. où je trouve des mots ciselés pour parer mes dessins…
rencontre cosmique
20 juillet 2015 § 6 Commentaires
Sur le toit de l’hôtel où je vis avec toi
Quand j’attends ta venue mon amie
Que la nuit fait chanter plus fort et mieux que moi
Tous les chats tous les chats tous les chats
Que dit-on sur les toits que répètent les voix
De ces chats de ces chats qui s’ennuient
Des chansons que je sais que je traduis pour toi
Les voici les voici les voilà
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
Papa dit qu’il a vu ça lui…
Des savants avertis par la pluie et le vent
Annonçaient un jour la fin du monde
Les journaux commentaient en termes émouvants
Les avis les aveux des savants
Bien des gens affolés demandaient aux agents
Si le monde était pris dans la ronde
C’est alors que docteurs savants et professeurs
Entonnèrent subito tous en chœur (Au refrain)
Philosophes écoutez cette phrase est pour vous
Le bonheur est un astre volage
Qui s’enfuit à l’appel de bien des rendez-vous
Il s’efface il se meurt devant nous
Quand on croit qu’il est loin il est là tout près de vous
Il voyage il voyage il voyage
Puis il part il revient il s’en va n’importe où
Cherchez-le il est un peu partout…
toujours le même t’aime
31 Mai 2015 § Poster un commentaire
variation sur un dessin de l’année passée… déclinaison infinie des traits… de l’amour particulier à l’amour cosmique…

Comme nous
elles naissent opaques
et d’un matériau commun
pour arriver parfois au diamant
et taillées par un art amoureux
retrouver les éclats
d’une étoile
dont nous sommes restés
les orphelins obscurs et douloureux
Comme nous
elles sont constituées surtout
de vide
et dorment d’un sommeil animal
autant que végétal
mais sans doute moins inquiet
et plus profond
Comme nous
elles possèdent des membres
des poumons et des paupières
quelles agitent moins souvent
moins brutalement
et avec une extrême discrétion
Elles se parfument
mais d’essences plus subtiles
où entrent des rappels d’alambics
immémoriaux et soufrés
Elles aiment les caresses
et s’usent volontiers
vers des courbes et des rondeurs
familières de nuques et de hanches
Elles se montrent gourmandes
mais d’épices
dont les ardeurs montent plus haut
plus loin dans les vertiges
de la durée
et les sargasses cosmiques
de la création
dans les frayères glauques
des premières vapeurs
des gésines gazeuses du néant
Werner Lambersy trouvé ici chez Arbrealettres……
petites apparitions transitoires
26 Mai 2015 § 4 Commentaires
carré d’espace
4 mars 2015 § Poster un commentaire
dessin du jour inspiré par le carré Pluton Uranus et vice versa…
SOUS LE CHANT DES ÉTOILES
Sous le chant des étoiles
Je veux me mettre en quête
Des ardents souvenirs
Inscrire en moi la naissance du monde
Alors j’ouvre mes paumes
Aux caresses du ciel
Des plages en filigrane
Aux énigmes de l’aube
Je veux faire émerger l’image
Par le regard de l’infini
Le verbe difficile
Je ne puis que graver
Sur le carré de pierre grise
Le spectre d’une mère inféconde.
Jean-Noël Cordier trouvé là
rêverie pour dimanche soir…
8 février 2015 § Poster un commentaire
aperçu du dessin du jour… au stylo bille…


séance visionnaire
6 février 2015 § 5 Commentaires
après un mois sans publier à me demander comment on pouvait descendre quelqu’un qui dessine…
CHEVAL DES RÊVES
Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon sieur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.
j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.
I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :
c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.
Je Passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.
Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.
Quelle aurore a surgi! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.
J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.
Pablo Neruda ( trouvé chez Arbrealettres, mon pourvoyeur de mots assortis… )
dans le carnet
7 janvier 2015 § Poster un commentaire
7 janvier 2015 …aujourd’hui on m’a laissé un carnet à dessin sur ma table de travail…
mes premiers dessins dedans…
La seule liberté, le seul état de liberté
que j’ai éprouvé sans réserve,
c’est dans la poésie que je l’ai atteint,
dans mes larmes et dans l’éclat
de quelques êtres venus à moi
de trois lointains,
celui de l’amour me multipliant.
René Char
merci à Arbreàlettres mon pourvoyeur de mots…
et la surprise du jour… mon dessin à l’hommage islandais devant l’ambassade de France tenu par Nico Vortex……….. ☆
calendrier de l’après
6 janvier 2015 § Poster un commentaire
La Crise est un Cheveu
Vers quoi les forces rampent
Après quoi … les forces reculent
Si elle advient dans le sommeil
Suspendre son Souffle
Est le mieux qu’on puisse faire
Ne sachant si c’est la Vie ou la Mort
Qui sont en subtil suspens …
La poussée d’un instant
La pression d’un Atome
L’hésitation d’un Cercle
Sur sa Circonférence
Peut faire trembler la Main
Ajustant le Cheveu
Qui empêche l’Éternité
De se présenter ? Ici …
***
Crisis is a Hair
Toward which forces creep
Past which … forces retrograde
If it come in sleep
To suspend the Breath
Is the most we can
Ignorant is it Life or Death
Nicely balancing –
Let an instant push
Or an Atom press
Or a Circle hesitate
In Circumference
It may jolt the Hand
That adjusts the Hair
That secures Eternity
From presenting? Here …
Emily Dickinson













