Adam

7 novembre 2017 § Poster un commentaire

dans la forêt bourguignonne … dessin commencé sur leporello …

Les hommes meurent
Les hommes vivent
Passent les oies sauvages

Sôseki

 

elle veille

26 octobre 2017 § Poster un commentaire

et tu ne la vois pas…

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Ô toi qui considères le monde comme existant en dehors de toi, écoute!
Ces montagnes et ces déserts, ces océans et ces pierres,
Ce monde des couleurs et des parfums, sont notre bouquet,
Étrangers à nous et cependant intimement liés à nous.
Un seul regard du moi a réuni
La terre et le ciel, le soleil et la lune.

Notre cœur possède vers eux une voie d’accès secrète
Car tout être n’existe que par la grâce du regard.
Si nul ne le voit, le monde est sans valeur,
Si quelqu’un le voit, il devient montagnes et océans.
Le monde n’est précieux que parce que nous le voyons.
Son arbre croit en même temps que nous.
Le problème du sujet et de l’objet est un mystère;
De chaque atome s’élève une prière :

« Ô toi qui vois, fais de moi ton objet,
Fais-moi exister par la vertu de ton regard. »

La perfection pour une chose c’est d’être là,
Son imperfection, de n’être pas devant nos yeux,
De ne pas être illuminée par notre conscience.
Le monde n’est que notre manifestation
Car sans nous ce spectacle de sons et de lumières n’existerait pas.

Mohammad Iqbal

 

balance ton homme 

18 octobre 2017 § 2 Commentaires

dessiné hier dans le métro…

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apparitions au café

20 août 2017 § 4 Commentaires

avec ce dimanche matin comme un parfum de souffre …

 

 

 

 

 

 

 

il me semble que quelqu’un me regarde…

Le café c’est un nuage à l’ombre plein de voix
Où le passant se glisse entre l’odeur et le froid
Contre la glace éteinte les têtes se retournent
La nuit suit son chemin
Mais quelqu’un s’en détache et entre
Toutes les têtes se retournent pour deviner le nom
approximatif de ce nouveau visage

Pierre Reverdy

pourquoi créer

7 août 2017 § 4 Commentaires

Quel que soit son domaine de création,
le véritable esprit créatif n’est rien d’autre que ça :
une créature humaine née anormalement, inhumainement sensible.
Pour lui, un effleurement est un choc, un son est un bruit, une infortune est une tragédie,
une joie devient extase, l’ami un amoureux, l’amoureux est un dieu,
et l’erreur est la fin de tout.

Ajoutez à cet organisme si cruellement délicat l’impérieuse nécessité de créer, créer, et encore créer
– au point que sans la possibilité de créer de la musique, de la poésie, des livres, des édifices,
ou n’importe quoi d’autre qui ait du sens, il n’a plus de raison d’être.

Il doit créer, il doit se vider de sa créativité.
Par on ne sait quelle étrange urgence intérieure, inconnue,
il n’est pas vraiment vivant à moins qu’il ne soit en train de créer.

……………………………….

The truly creative mind in any field is no more than this :
A human creature born abnormally, inhumanly sensitive.
To him… a touch is a blow, a sound is a noise, a misfortune is a tragedy,
a joy is an ecstasy, a friend is a lover, a lover is a god,
and failure is death.

Add to this cruelly delicate organism the overpowering necessity to create, create, create
— so that without the creating of music or poetry or books or buildings
or something of meaning, his very breath is cut off from him.

He must create, must pour out creation.
By some strange, unknown, inward urgency
he is not really alive unless he is creating.

Pearl Buck

sur la route 

29 juillet 2017 § 2 Commentaires

dessiné hier … l’escargot incandescent à l’arrière de la voiture … le chauffeur est vif … la bête est pressée de retourner dans son jardin … 

la sourcière

26 juin 2017 § Poster un commentaire

 

Où demeurent les sources

J’ai lancé ma pierre dans l’inconnu
contre les vitres de la nuit, dans le jardin des mots
plus affûtés que l’herbe sous la rosée des larmes
offertes au néant. J’ai connu la parade des corps amoureux
et caressé la vague claire qui dépose à brassée
ses paroles légères comme braise d’un feu
qui n’en finit pas de s’éteindre à l’approche des matins.

J’ai vu le dos luisant des rêves échoués comme blocs
erratiques dans le courant qui marque le passage
de la nuit au jour, sitôt dispersées les eaux profondes
du sommeil dans un flot d’images muettes.

Alain Fabre-Catalan

le boxeur 

17 juin 2017 § 2 Commentaires

dessiné ce matin dans la pénombre au stylo-bille… en écoutant une histoire de corde qui casse et de rencontre dans le noir… Léo nous explique comment il cherche à trouver la détermination consciente…

I am just a poor boy
Though my story’s seldom told
I have squandered my resistance
For a pocketful of mumbles
Such are promises
All lies and jest
Still, a man hears what he wants to hear
And disregards the rest

When I left my home and my family
I was no more than a boy
In the company of strangers
In the quiet of a railway station
Running scared
Laying low, seeking out the poorer quarters
Where the ragged people go
Looking for the places only they would know

Lie-la-lie…

Asking only workman’s wages
I come looking for a job
But I get no offers
Just a come-on from the whores on Seventh Avenue
I do declare there were times when I was so lonesome
I took some comfort there

La-la-la-la-la-la

Lie-la-lie…

Then I’m laying out my winter clothes
And wishing I was gone
Going home
Where the New York City winters aren’t bleeding me
Leading me
To going home

In the clearing stands a boxer
And a fighter by his trade
And he carries the remainders
Of every glove that laid him down
And cut him till he cried out
In his anger and his shame
“I am leaving, I am leaving”
But the fighter still remains
Still remains

Lie-la-lie…

 

clair-obscur

12 juin 2017 § 4 Commentaires

… j’ai fait ces quelques dessins dimanche soir pendant le concert « clair-obscur » évoquant l’ombre lumineuse de Sébastien Castellion …

Sébastien Castellion choqué par la fin tragique de Michel Servet a dit:
« Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle ».

Le 27 octobre 1553, vers deux heures de l’après midi, Michel Servet, condamné par Calvin, est conduit à pied au plateau de Champel à Genève pour y être brûlé vif. Le bûcher est dressé depuis le matin mais il a plu. Effrayé, le condamné promet de donner, contre du bois sec, sa chaîne en or, ses bagues et ses anneaux, restés entre les mains du geôlier. Le bourreau l’attache au poteau avec une chaîne de fer, « La Restitution du Christianisme » à son flanc, et le coiffe d’une couronne soufrée. Michel Servet prononce ces derniers mots : « O Jésus fils du dieu éternel, aie pitié de moi ! ». Il meurt dans d’atroces souffrances, brûlé à petit feu car le bois, humide, se consume avec difficulté. Son agonie dure presque trois quarts-d’heure…

… je ne sais pas pourquoi, ou peut-être si, ce soir, Michel Servet je pense à toi …

Le feu

C’est si proche la mort
Et sa grande faim des feuilles

Elle est si proche la mort
Et si proche est l’hiver

Il y aura des branches nues comme des bras d’homme
Chaque tronc noir portera le deuil d’un oiseau

Elle est si proche cette mort
Fade comme le repos
Si proche est l’hiver
Traînant le lourd oubli

Feuilles il faut hurler sa couleur
Pour qu’au coeur de la mort
Il y ait un peu d’automne

Et cette couleur qu’elle soit plus aiguë
Que le feu !

Andrée Chedid

les peaux raient l’eau en cours … 

21 Mai 2017 § Poster un commentaire

Pour la chasse aux lions:
vous achetez un tamis et vous allez dans le désert.
Là, vous passez tout le désert au tamis.
Quand le sable est passé,
il reste les lions.

Alphonse Allais

 

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