traits tirés

7 Mai 2012 § 2 Commentaires

SONNET VIII

Combien de masques portons-nous, et de masques
Sous le masque, sur la figure de notre âme, et quand,
Si pour son propre amusement l’âme elle-même se démasque,
Sait-elle qu’est tombé le dernier et qu’enfin son visage

Est nu ? Le vrai masque ne sent rien en deçà du masque,
Mais regarde à travers le masque avec des yeux masqués
Aussi. Quelque conscience qui entreprenne la tâche,
Œuvrer à cette tâche au sommeil l’attache.

Comme un enfant effrayé par le reflet de son visage,
Nos âmes, qui sont des enfants – car elles égarent leurs pensées,
Remettent de la différence sur leurs trop visibles grimaces

Et gagnent tout un monde en oubliant leurs causes.
Et quand une pensée démasquerait notre âme se masquant,
Même elle n’irait pas sans masque démasquer.

FERNANDO PESSOA     35 Sonnets   (original en anglais)

How many masks wear we, and undermasks,
Upon our countenance of soul, and when,
If for self-sport the soul itself unmasks,
Knows it the last mask off and the face plain?
The true mask feels no inside to the mask
But looks out of the mask by co-masked eyes.
Whatever consciousness begins the task
The task’s accepted use to sleepness ties.
Like a child frighted by its mirrored faces,
Our souls, that children are, being thought-losing,
Foist otherness upon their seen grimaces
And get a whole world on their forgot causing;
And, when a thought would unmask our soul’s masking,
Itself goes not unmasked to the unmasking.


premier mais

1 Mai 2012 § 3 Commentaires

l’œillet du premier mais…

rêve de ce jour

29 avril 2012 § Poster un commentaire

parcourir les chemins du jeu en quête de transformation…

 

« Hier n’est que le souvenir d’aujourd’hui, et demain est son rêve. » (Khalil Gibran)

à Laure, Jean-Luc et Elena

Blok

23 avril 2012 § Poster un commentaire

Stéphane Blok
et son ouvrage « Chants d’entre les immeubles »

Le chanteur arrive
grand  svelte
blouson rouge

j’aimerais lui dire ( … )
comme ça
si quelqu’un lui envoie des tomates

je n’ose pas
c’est son deuxième soir

je reste neutre
c’est aussi un effet du blouson rouge

nous entrons avec le public

il n’a plus de blouson
il chante
il raconte
le désarroi des fêtards

le son des cloches qui conduit au gigot
le sel fait partir les taches de vin rouge

l’ombre portée du manche de sa guitare
fait une tache rouge aussi
à la base de son cou

il saigne
en évoquant le poids des poussières
dans la balayette

des fois il me regarde de ses yeux sombres
je me sens obligée de comprendre

mais je jure de tout oublier

CJdK
Catherine Jan dite Kajan


									

président ciel

22 avril 2012 § 2 Commentaires

bleu blanc rouge

toute la lumière de l’ange est requise pour que se rencontrent la sirène et le dragon… l’ondine et la salamandre… 

une pensée pour mes amis de l’autre côté du mur de montagnes…

 

 

Melingo

18 avril 2012 § 2 Commentaires

ce soir à Cully…                  ( à propos de ce concert…)

 

et ces paroles inspirées  que j’ai trouvées en cherchant » tango »…

Mes larmes coulent à la plaine
Tant leur amour est grand
Certains disent que parfois
Les larmes coulent du sang
C’est le mien, mon amour
Et c’est pour toi qu’il coule
Qu’il coulera toujours
Dans mes yeux des torrents
Parfois, tu verras lune
Eclairer les baisers
De celui que tu aimes
Que tu croiras aimer
Il sera dans tes bras
Et moi, je serai là
Comme un loup blessé
Qui ne peut plus se battre
Mais se bat encore
Car l’amour, c’est la mort
Et t’aimer, c’est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l’amour c’est la mort
Oui, l’amour c’est la mort
Et toi, ça te fait rire
De voir qu’il n’en est qu’un
Qui pourra s’en sortir
Mon sang dans la rivière
Dis, sais-tu où va-t-il ?
Il se perdra sans doute
Dans de tristes estuaires
Dans ma triste complainte
J’imagine soudain
Que tu passes par là
Que tu me prends la main
Pour danser sous la lune
En souvenir du temps
Où nous étions enfants
Où nous étions nous-mêmes
Mais il n’y a que moi
Que moi et mes sanglots
Et la lune est la seule
A danser le tango
Car l’amour, c’est la mort
Et t’aimer, c’est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l’amour c’est la mort
Et toi, ça te fait rire
Comme un empereur triste
Qui voyant son empire
Se dit qu’il n’a plus rien
Plus rien à conquérir
Tu sais, j’ai fait le deuil
De nous deux et de toi
Mais si nous deux c’est mort
Alors c’est mort pour moi
Dans ma main, ce couteau
Cette entaille au poignet
Ressemble à ton sourire
Qui me dit qu’il faut partir
Je ne sens plus mon être
Et la douleur s’en va
Adieu, mon assassine
Adieu, pauvre de moi
Je danse avec l’amour
Je danse avec la mort
Et je crie à la nuit
S’il te plaît, reviens-moi
Et je danse mon amour
Et je chante à la mort
Cette chanson d’amour
Cette chanson pour toi
Cette chanson pour toi

paroles de Tango de Saez

improvisations sur papier végétal

15 avril 2012 § Poster un commentaire

[§] Nous ne nous tenons jamais au présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent, et comme pour le hâter ; ou nous rappelons le passé pour l’arrêter comme trop prompt. Si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas à nous, et ne pensons point au seul qui nous appartient : et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont point, et laissons échapper sans réflexion le seul qui subsiste. C’est que le présent d’ordinaire nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu’il nous afflige ; et s’il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l’avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance pour un temps où nous n’avons aucune assurance d’arriver.

Que chacun examine sa pensée. Il la trouvera toujours occupée au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent ; et si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre des lumières, pour disposer l’avenir. Le présent n’est jamais notre but. Le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre objet. Ainsi nous ne vivons jamais ; mais nous espérons de vivre ; et nous disposant toujours à être heureux, il est indubitable que nous ne le serons jamais, si nous n’aspirons à une autre béatitude qu’à celle dont on peut jouir en cette vie.

[§] Notre imagination nous grossit si fort le temps présent à force d’y faire des réflexions continuelles, et amoindrit tellement l’éternité manque d’y faire réflexion, que nous faisons de l’éternité un néant, et du néant une éternité. Et tout cela a ses racines si vives en nous, que toute notre raison ne nous en peut défendre.

Pensées de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets, qui ont esté trouvées après sa mort parmy ses papiers

présences et papier

14 avril 2012 § 4 Commentaires

fabrication de papier artisanal et apparitions transitoires entre deux feuilles… beauté fugace des transparences… jeu d’encre sur pâte de papier…

Apparition

Je vis un ange blanc qui passait sur ma tête ;
Son vol éblouissant apaisait la tempête,
Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.
– Qu’est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit ?
Lui dis-je. – Il répondit : – je viens prendre ton âme. –
Et j’eus peur, car je vis que c’était une femme ;
Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras :
– Que me restera-t-il ? car tu t’envoleras. –
Il ne répondit pas ; le ciel que l’ombre assiège
S’éteignait… – Si tu prends mon âme, m’écriai-je,
Où l’emporteras-tu ? montre-moi dans quel lieu.
Il se taisait toujours. – Ô passant du ciel bleu,
Es-tu la mort ? lui dis-je, ou bien es-tu la vie ? –
Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,
Et l’ange devint noir, et dit : – Je suis l’amour.
Mais son front sombre était plus charmant que le jour,
Et je voyais, dans l’ombre où brillaient ses prunelles,
Les astres à travers les plumes de ses ailes.

Victor Hugo

à Mena

en coin

13 avril 2012 § Poster un commentaire

sorti du carnet qui toujours m’accompagne…

encore quelques notes

6 avril 2012 § Poster un commentaire

d’il y a 20 ans…

on dirait presque un tatouage cet envers…

 

Où suis-je ?

Entrées taguées dessin sur journal du dessin rencontre.