exercice de style

13 novembre 2012 § Poster un commentaire

 

pour soutenir ma fille dans un interminable devoir en arts visuels où elle devait dessiner cette maison (cf la maison de Rose Seidler… j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une œuvre du Corbusier)…

Silence soudain dans la maison.
Le dernier pavot s’est défait.
Dans une longue somnolence je me fige
Et j’accueille l’obscurité qui vient trop tôt.

Les portes sont fermées à double tour,
Le soir est noir, le vent se calme.
Où est la gaieté, où le souci?
Où es-tu, mon doux fiancé ?

On n’a pas trouvé la bague secrète,
J’ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon coeur.

(Anna Akhmatova)

trouvé chez http://arbrealettres.wordpress.com/

fétiche

5 novembre 2012 § Poster un commentaire

à Jean-Luc Verna
qui m’a inspiré en rêve ainsi qu’à ma vessie transcendantale

La possession et la contemplation du fétiche provoquent soit l’orgasme sexuel, soit simplement des jouissances sentimentales platoniques.

Les esprits des fleurs

Voyez-vous de l’or de ces urnes
S’échapper ces esprits des fleurs,
Tout trempés de parfums nocturnes,
Tout vêtus de fraîches couleurs?

Ce ne sont pas de vains fantômes
Créés par un art décevant,
Pour donner un corps aux arômes
Que nos gazons livrent au vent.

Non chaque atome de matière
Par un esprit est habité ;
Tout sent, et la nature entière
N’est que douleur et volupté !

Chaque rayon d’humide flamme
Qui jaillit de vos yeux si doux;
Chaque soupir qui de mon âme
S’élance, et palpite vers vous;

Chaque parole réprimée
Qui meurt sur mes lèvres de feu,
N’osant même à la fleur aimée
D’un nom chéri livrer l’aveu ;

Ces songes que la nuit fait naître
Comme pour nous venger du jour,
Tout prend un corps, une âme, un être,
Visibles, mais au seul amour !

Cet ange flottant des prairies,
Pâle et penché comme ses lis,
une de mes rêveries
Restée aux fleurs que je cueillis.

Et sur ses ailes renversées
Celui qui jouit d’expirer,
Ce n’est qu’une de mes pensées
Que vos lèvres vont respirer.

Alphonse de Lamartine

au retour

27 octobre 2012 § Poster un commentaire

dessin rencontre dans le TGV au retour… 23 octobre

Il poursuivit son chemin jusqu’aux grandes porte de l’autre côté, et là,un courant d’air le rafraîchit, mais faillit en même temps éteindre sa lumière.         extrait de Bilbo le Hobbit de Tolkien

Un poète doit laisser des traces de son passage,
non des preuves.
Seules les traces font rêver.

(René Char)

éclair obscur

26 octobre 2012 § 7 Commentaires

dessin rencontre inspiré par Nico                                                          le 22 octobre chez Bouillon Chartier

Transmutation

Au creuset de ma tête
où kilos et kilos de souvenirs
font un bruit de feuilles sèches,
dès que ta forme jaillit
je sens couler de l’or.

(Michel Leiris)

Chaque jour

Chaque jour le voyage
dans les couloirs du matin
Interroger quelques portes
Un visage une absence
ou la route de pluie
par un matin d’automne

Puis s’accouder
La feuille la table
la solitude
Les yeux fermés

La plume glisse.

(Georges Jean)

ouroboros

25 octobre 2012 § 2 Commentaires

dessin rencontre inspiré par Djé,                                                                             le 21 octobre en buvant des jus d’ananas près du Palais Royal…..

(…)

Je verrai dans tes yeux l’universel amour,
Dans les miens tu liras la millénaire attente,
Nous sentirons en nous cette sève exaltante
Qui de chaque jour fait le jour.

Enfin nous comprendrons la splendeur de la vie,
Le besoin qui s’y vient confondre de la mort,
Et la marche éternelle — et dont rien ne dévie —
Vers un éternel âge d’or.

(Pascal Bonetti) extrait de l’hymne éternel

 

 

 

 

quête

24 octobre 2012 § Poster un commentaire

dessin rencontre pour Nana ,                                                                                   20 octobre 2012 à la Halle Saint-Pierre …

La conquête de l’immédiat

Il y a dans toute prose
une manière de pose.
Le vers est le tapis de l’instant,
la rime est son ornement.
Ce qui sort du cœur et du moment
se fait poème spontanément.

(Henri-Frédéric Blanc)

Chostakovitch

13 octobre 2012 § 2 Commentaires

dessiné ce soir pendant Symphonie N° 14 pour soprano et basse de Chostakovitch 
par l’OSR  au Victoria Hall…

Il est en elle une flamme miraculeuse,
En sa présence le reste s’estompe.
Elle seule parle avec moi
Quand les autres ont peur de m’approcher.
Quand le dernier ami a détourné ses yeux,
Elle a été avec moi dans ma tombe
Et elle a chanté comme le premier orage
Ou comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.

La Musique
d’Anna Akhmatova

à Muriel, créature harmonique et cosmique

apporté par les étoiles

7 octobre 2012 § Poster un commentaire

Non le ciel ne tombera pas sur sa tête

bien que l’homme trahisse comme il respire

 

( « Je ne sais pas jouer au golf » d’Aragon )

 

dessin rencontre réalisé à distance sur un tirage de deux cartes et d’une phrase pour un jardinier qui cultive l’impatience… mais pas seulement…

à Philippe

 

 

états du coeur

2 octobre 2012 § Poster un commentaire

Vider mon Cœur, de Toi —
Son unique Artère —
Commencer, et T’omettre —
Simple Date d’Extinction —

 

Empty my Heart, of Thee —
It’s single Artery —
Begin, and leave Thee out —
Simply Extinction’s Date —

 

Emily Dickinson

Marilyn oxychlorée

17 septembre 2012 § 2 Commentaires

dessin collage à propos de l’usage des pesticides dans le jardin…

ô le doux parfum des salades…                           à grand fou

La Madone aux Lys

J’ai bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés

Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.

Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.

Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.

Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.

Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.

Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.

O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,

Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.

(Renée Vivien)

Où suis-je ?

Entrées taguées Kajan sur journal du dessin rencontre.