sur la plage
11 juin 2013 § Poster un commentaire
d’où viennent-ils ces étranges galets ? d’une plage… quelque part dans ma mémoire…



TOUT LE SEL DE LA PLAGE
Tout le sel de la plage
toutes les eaux du ciel ;
toute l’herbe mâchée
quand la route se faisait longue…
Tu pleures tout cela !
Tu fais crier ta barbe
au passage des doigts ;
tu sanglotes sans honte
comme un jouet cassé.
C’est la tristesse d’homme
qu’il faut avoir connue
pour n’être pas maudit
par les animaux et les plantes.
Axel Toursky

merci une fois de plus à Arbrealettres
art gentiment
20 janvier 2013 § Poster un commentaire
aperçus du projet « le prix du paradis »…
en cours… de la monnaie… à changer…

par Christophe inspiré…

par Nathalie
TABLEAU À MESSAGES
DENGONBAN
— Je pars en premier. J’ai déjà attendu deux heures. A.
Des amants? Ou simplement des amis?
— Je pars en premier Je pars en premier
Moi aussi j’attendais quelque chose mais
À la fin me voici parvenu à cet âge avec une chose qui n’est pas arrivée
Ce n’est pas la gloire. Ce n’est pas la révolution
Bien entendu ce n’est pas l’argent
J’attendais quelque chose qui ne se dit pas avec les lèvres
Maintenant au grand ciel infini j’écris
Avec la plume d’un blanc nuage blanc J’écris
— je pars en premier

fétiche
5 novembre 2012 § Poster un commentaire
à Jean-Luc Verna
qui m’a inspiré en rêve ainsi qu’à ma vessie transcendantale

La possession et la contemplation du fétiche provoquent soit l’orgasme sexuel, soit simplement des jouissances sentimentales platoniques.
Les esprits des fleurs
Voyez-vous de l’or de ces urnes
S’échapper ces esprits des fleurs,
Tout trempés de parfums nocturnes,
Tout vêtus de fraîches couleurs?
Ce ne sont pas de vains fantômes
Créés par un art décevant,
Pour donner un corps aux arômes
Que nos gazons livrent au vent.
Non chaque atome de matière
Par un esprit est habité ;
Tout sent, et la nature entière
N’est que douleur et volupté !
Chaque rayon d’humide flamme
Qui jaillit de vos yeux si doux;
Chaque soupir qui de mon âme
S’élance, et palpite vers vous;
Chaque parole réprimée
Qui meurt sur mes lèvres de feu,
N’osant même à la fleur aimée
D’un nom chéri livrer l’aveu ;
Ces songes que la nuit fait naître
Comme pour nous venger du jour,
Tout prend un corps, une âme, un être,
Visibles, mais au seul amour !
Cet ange flottant des prairies,
Pâle et penché comme ses lis,
une de mes rêveries
Restée aux fleurs que je cueillis.
Et sur ses ailes renversées
Celui qui jouit d’expirer,
Ce n’est qu’une de mes pensées
Que vos lèvres vont respirer.
Alphonse de Lamartine
Marilyn oxychlorée
17 septembre 2012 § 2 Commentaires
dessin collage à propos de l’usage des pesticides dans le jardin…
ô le doux parfum des salades… à grand fou
La Madone aux Lys
J’ai bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés
Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.
Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.
Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.
Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.
Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.
Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.
O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,
Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.
(Renée Vivien)
je te vois
6 septembre 2012 § Poster un commentaire

Non-vision
Heure nulle, citerne
où ma pensée
elle-même se boit.
Un instant immense
j’ai oublié mon nom.
Peu à peu je dénais,
diaphane avènement.
(Octavio Paz)
pensées sauvages
22 août 2012 § Poster un commentaire

Le soleil de ses cent cornes
soulève le ciel bas.
Les taureaux dans la campagne
répètent le même geste.
La grêle frissonnante
qui tombe des vieux clochers
éveille et met en chemin
l’immense troupeau du vent.
Dans la rivière commencent
les batailles de poissons.
Mon âme, fille et garçon.
Silence!!!
Frederico Garcia Lorca
frais mon dessin rencontre…
16 août 2012 § 1 commentaire
au marché il y a peu… entre deux averses… pour une voyageuse en transit qui a tiré deux cartes et une phrase au hasard… le dessin est apparu…

puis d’autres encore lorsque je me mis en mouvement…
Mes mains se fermant dans leur ombre
ont arraché des coeurs d’oiseaux
pour les jeter dans vos réseaux,
imagination sans nombre.
Folles! Je vous aurai nourries
de ceux qui m’attendaient tués,
et que voici ressuscités
dans l’air tremblant d’autres prairies.
(Robert Ganzo)

surprise… étonnement… simplicité de l’image… peut-être…

L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.
(Baudelaire)

ICI ET LÀ
Figures, oh ! figures !
Et jusqu’aux aériennes faces de nuages,
figures de pierre, de chair,
tracées au crayon, au pinceau,
jaillies de la sève, branches, feuilles, figure
que trace le vol de l’hirondelle,
figure cassée d’un clochard
vous êtes toujours signes, phrases
tombées du grand écritoire invisible
– analphabète, comment ne pas s’échiner à vous lire,
ne pas en être exalté ?
(Paul de Roux)

L’imagination est l’hôte de l’inconnaissable
Ayant plongé au fond de l’inconnu
Elle en revient en poèmes chez les humains
Leur dit avec les images
C’est inimaginable mais c’est comme ça
(Michel Deguy)
merci à Arbre à lettres qui me fournit beaucoup de mots à mettre en écrin autour de mes dessins…
corps naît
23 juin 2012 § 4 Commentaires

voilà comment emballer le vide… cet esprit fugace se laisse suspendre n’importe où…
Un vol en Dieu,
mais en un Dieu déchiré
et répandu à travers le monde qui, ainsi épars,
continue à chanter par les lions et les rochers,
par les arbres et les oiseaux
dont l’harmonie transcendantale
couvre dans cet état même de déchirement,
la haine destructrice.
Rilke
traits tirés
7 Mai 2012 § 2 Commentaires

SONNET VIII
Combien de masques portons-nous, et de masques
Sous le masque, sur la figure de notre âme, et quand,
Si pour son propre amusement l’âme elle-même se démasque,
Sait-elle qu’est tombé le dernier et qu’enfin son visage
Est nu ? Le vrai masque ne sent rien en deçà du masque,
Mais regarde à travers le masque avec des yeux masqués
Aussi. Quelque conscience qui entreprenne la tâche,
Œuvrer à cette tâche au sommeil l’attache.
Comme un enfant effrayé par le reflet de son visage,
Nos âmes, qui sont des enfants – car elles égarent leurs pensées,
Remettent de la différence sur leurs trop visibles grimaces
Et gagnent tout un monde en oubliant leurs causes.
Et quand une pensée démasquerait notre âme se masquant,
Même elle n’irait pas sans masque démasquer.
FERNANDO PESSOA 35 Sonnets (original en anglais)
How many masks wear we, and undermasks,
Upon our countenance of soul, and when,
If for self-sport the soul itself unmasks,
Knows it the last mask off and the face plain?
The true mask feels no inside to the mask
But looks out of the mask by co-masked eyes.
Whatever consciousness begins the task
The task’s accepted use to sleepness ties.
Like a child frighted by its mirrored faces,
Our souls, that children are, being thought-losing,
Foist otherness upon their seen grimaces
And get a whole world on their forgot causing;
And, when a thought would unmask our soul’s masking,
Itself goes not unmasked to the unmasking.
la suite en couleurs…
8 janvier 2012 § Poster un commentaire
mandala en cours… des couleurs déposées en reflet d’ une carte…
16 personnes sont venues et ont laissé de la lumière… je t’ attends


L’œil :
Une source qui abonde
Mais d’où venue ?
De plus loin que le plus loin
De plus bas que le plus bas
Je crois que j’ai bu l’autre monde
Philippe Jaccottet


