la case
26 avril 2014 § 2 Commentaires
DANS L’ŒIL DE L’ESPRIT
Autrefois c’était sa fenêtre ;
Et la bougie tout contre
Qui brûlait à l’intérieur
Disait : »Je suis ici ! »
Maintenant je la vois comme alors
Bouger derrière la vitre.
Ah ! ce n’est que son fantôme
Né de mon cerveau !
Dans mes visions sans cesse
Elle est partout présente ;
Que les paysages s’effacent :
Elle demeure avec moi.
O chère ombre douce et timide,
Qui peut te repousser ?
Chère, pas une fois je n’ai
Désiré ton départ.
Thomas Hardy
IN THE MIND’S EYE
That was once her casement,
And the taper nigh,
Shining from within there,
Beckoned, `Here am I !’
Now, as then, I see her
Moving at the pane ;
Ah ; ’tis but her phantom
Borne within my brain ! —
Foremost in my vision
Everywhere goes she ;
Change dissolves the landscapes,
She abides with me.
Shape so sweet and shy, Dear,
Who can say thee nay ?
Never once do I, Dear,
Wish thy ghost away.
trouvé ici
il t’attend
11 mars 2013 § Poster un commentaire

dans le carnet… sage comme une image… il te tend son regard… il t’attend…

Votre nom ne me dit rien.
Seul votre regard me parle du silence
qui vous déserte ou qui vous hante
Michel Camus
improvisation colorée
15 décembre 2012 § 2 Commentaires
Incandescence à la lisière
d’un ciel bas — la lumière-nid non dévorée
décline vers le minimum vital : du moineau
à l’oiseau sans nom, la distance
est la proie — fumée
qui atténue les braises, contrairement à la secte
d’ailes, où tu palpites, fumée épouse
du rougeoiement — dans la mémoire du moineau
cela parachève le sommeil des nuages.
Paul Auster
improvisation colorée d’une fin de vendredi… avec ce que j’ai sous la main… et juste un peu d’alcool sur le dessin… l’encre file… regard fugace… plaisir improvisé…
Contre la façade du soir:
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu –
l’ombre
portée par un souffle.
Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même
Paul Auster
souffle
25 novembre 2012 § Poster un commentaire

Là où ni pensée ni souffle ne circulent, là ou ni soleil ni lune pénètrent, là même, insensé, mets ta conscience en repos. Tel l’enseignement que profère Saraha.
Où la pensée meurt, le souffle s’arrête… réside la suprême et grande Béatitude. Elle ne se trouve pas ailleurs dit Saraha .
La pensée aussi instable que le vent et le cheval, abandonnez-la. Prenez conscience de la nature propre du Spontané et d’elle-même la pensée s’immobilisera.
Là, l’intelligence se défait, la pensée succombe, l’orgueil vole en éclats. Telle est la suprême kala identique à l’illusion. Pourquoi s’y lier par la méditation ?
Regardez, écoutez, touchez, mangez, sentez, marchez, restez assis, levez-vous, [mais] renoncez au bavardage de la vie courante. Abandonnez la pensée, ne vous écartez pas de l’Un.
Suprêmement libre d’être et de non-être, c’est en Lui que s’engloutit le monde entier. Quand la pensée s’arrête, immobile, on se libère alors du cycle du devenir !
En elle, il rend toute forme égale à l’espace infini, il affermit la pensée elle aussi dans la nature propre de [cette] égalité spatiale, celui qui rend sa pensée sans pensée se réjouit de la suprême nature propre du Spontané.
Saraha, co-fondateur de l’école tantrique Sahajiya, (début du VIIe siècle)
(Dohakosa de Saraha, par André Padoux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard)
luné
16 septembre 2012 § Poster un commentaire
J’étais entouré de solitude ce soir-là et lisais un livre.
Mon coeur se desséchait, il me semblait que la beauté était façonnée par des marchands de paroles.
Je fermai le livre avec lassitude et soufflai la chandelle.
En un instant la chambre s’emplit de lune.
Esprit de Beauté, comment pouvais-tu,
toi dont l’éclat inonde le ciel,
rester caché derrière une minuscule flamme de bougie ?
Comment quelques vains mots d’un livre
pouvaient-ils monter comme une brume et te voiler,
toi dont la voix apporte au coeur de la terre un calme ineffable ?
(Rabindranath Tagore)
croquis de minuit
3 avril 2011 § Poster un commentaire
balaie mes soucis…

un petit carnet qui vient de New-York… les pages fines si fines et mon cœur lourd… il est tard… dérisoire… mes stylos gris sur moi… il ne reste qu’à dessiner…
il me regarde et je crois entendre : » ça n’a aucune importance… »
c’est vrai
“Oh soul,
you worry too much.
You have seen your own strength.
You have seen your own beauty.
You have seen your golden wings.
Of anything less,
why do you worry?
You are in truth
the soul, of the soul, of the soul.”
Rumi
qui regarde ? et où ?
6 août 2010 § Poster un commentaire
je vide… je remplis… et je retrouve la mémoire… pour la perdre bientôt… dessin d’il y a 20 ans lorsque j’entrais dans la maison que je quitte aujourd’hui…

Veiller sur ce qui va s’éteindre, tel est finalement le travail du poète en ce qu’il prend soin de la disparition.
Éléments d’un cours sur l’œuvre poétique de Philippe Jaccottet par Jean-Michel Maulpoix







