certainement
29 janvier 2014 § Poster un commentaire
je serai seule à les dire
mots d’amour
terreau du monde nourrissant le jardin
alors que tombe le soir
je ne dois pas cesser
que deviendrons-nous si je renonce
sans l’eau de ton regard rien ne poussera
ils sont là
fourmillent dans mon crâne
jusqu’au bout de ma langue
réchauffent mes doigts
me font rire aux éclats
je les dirai à l’ultime poussière
certainement
certainement
je t’en couvrirai quand tu auras froid
parfumant ton souffle
jusqu’à ce que tu tombes en toi
pour me rejoindre
sans l’eau de ton regard rien ne poussera
fourmillent dans mon crâne
jusqu’au bout de ma langue
réchauffent mes doigts
me font rire aux éclats
certainement
je t’en couvrirai quand tu auras froid
parfumant ton souffle
jusqu’à ce que tu tombes en toi
pour me rejoindre
Kajan écrit dans le bus… il y a peu
pointe de nuit
22 janvier 2014 § Poster un commentaire
XXVII
Pointe de nuit
dans un coin de la pièce
pointe de nuit
pour me laisser réunir
ce qui reste d’une vie
pointe de nuit
ne dis pas à cet oiseau
de venir
les herbes gardent
notre lointain pays
nous avons grandi
dans l’obscurité
ici la lumière du monde
extrait de « Quelques pointes de nuit » d’Iskandar Habache
Erythropoïétine
16 janvier 2014 § 2 Commentaires
J’ai des saisons dans le sang
J’ai le battement des mers
J’ai le tassement des montagnes
J’ai les tensions de l’orage
La rémission des vallées
J’ai des saisons dans le sang
J’ai des pavots qui m’encavent
J’ai des hélices pour l’éveil
J’ai des noyades
J’ai des leviers
J’ai des entraves
J’ai délivrance
J’ai des combats
J’ai fleur et paix.
Andrée Chedid
encore des étoiles
17 décembre 2013 § Poster un commentaire
QUAND LES ASTRES…
Quand les astres dans les brouillards cosmiques s’éteignent,
Et les tours se perdent dans les fumées
Et les oiseaux luttent contre l’hiver —
Comment nos âmes pourraient-elles chanter ?
Qu’elles scintillent comme cristaux bleutés
Et s’égarent là-bas dans l’azur,
Où dans les siècles nos frères sont restés,
Qui des lointains écoutent notre cœur.
Qu’elles meurent comme les astres meurent,
Et se livrent des guerres cosmiques,
Qu’elles fulgurent et s’éteignent
Et de nouveau se fondent en une autre planète.
Srecko Kosovel
je sais que cela fait un temps que je n’ai publié ici… dans ce journal du dessin rencontre vous trouverez plus de 250 de mes dessins en vous y promenant…
présence en spirales
1 octobre 2013 § 3 Commentaires
L’air grisâtre est bruissant et moite;
On se sent bien et à l’abri dans la forêt.
Docile je vais porter une fois encore
La croix légère des promenades solitaires.
Et de nouveau, vers l’indifférente patrie,
Le reproche, comme l’oiseau, monte en spirale.
Je participe à la vie ténébreuse,
Je suis innocent de ma solitude.
Un coup de feu. Sur le lac assoupi
Les ailes des canards pèsent lourd à présent.
Les troncs des sapins sont hypnotisés
Par le reflet d’une double existence.
Ciel vitreux à l’étrange miroitement,
De l’univers la brumeuse douleur —
Ô permets-moi d’être pareillement brumeux,
Permets-moi de ne pas t’aimer.
Ossip Mandelstam
merci une fois de plus Arbrealettres…
ensemble
26 septembre 2013 § 5 Commentaires
Ensemble
Il y aura une fois
Une ou deux fois
Toutes les fois
Du bonheur pour tous
Rien que du bonheur
Sur toute la terre
Si nous le voulons
Si nous le faisons
Si nous nous y mettons
Tous aujourd’hui
Ensemble.
Jean Rousselot
☆
quelques dessins saisis au cours d’une rencontre avec un coach d’équipe… un processus nommé « team building »… consolidation de lien entre les collaborateurs d’un service… discussion… expression… émotion… espoir…
☆
ces croquis témoignent de ma perception du moment…
- Il remue à peine dans le froid. A tant scruter la nuit, ses yeux ont englouti ses lèvres. Il va désormais des uns aux autres, luciole doutant de l’équilibre précaire. (Bernard Montini)
- Je propose à chacun, l’ouverture des trappes intérieures, un voyage dans l’épaisseur des choses, une invasion de qualités, une révolution, ou une subversion comparable à celle qu’opère la charrue ou la pelle, lorsque, tout à coup et pour la première fois, sont mises à jour des millions de parcelles, de paillettes, de racines, de vers et de petites bêtes jusqu’alors enfouies (Francis Ponge)
- RETOUCHE A L’EXAMEN DE CONSCIENCE Les miroirs en vis-à-vis font des discours à l’infini. (Daniel Boulanger)
- L’eau qui toujours Cherche à s’évader Doit souffrir Dans la glace. (Guillevic)
- Tu retrouvais partout la vérité hideuse, Jamais ce qu’ici-bas cherchaient tes vœux ardents, Partout l’hydre éternelle qui te montrait les dents; Et poursuivant toujours ta vie aventureuse, Regardant sous tes pieds cette mer orageuse, Tu te disais tout bas: « Ma perle est là dedans. » (Alfred de Musset)
- l’hydre à sept têtes… telle un organigramme …
- Toutes mes émotions dépendent d’un imminent orage Moi scientifiquement je me demande comment a été créé mon cerveau, ce que j’en fais, moi, de cette erreur. Je fais semblant d’avoir âme et pensées pour mieux circuler au milieu des autres, quelquefois il me semble aussi que j’aime des visages et des paroles de personnes, rarement; être touchée j’aimerais pouvoir toucher, mais je découvre toujours que toutes mes émotions dépendent d’un imminent orage. (Patrizia Cavalli)
- L’espoir s’ouvre à deux battants On entre Toutes les couleurs sont celles que l’on aime Et l’on boit à la même source Le bonheur bien frais (Pierre Albert-Birot)
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les textes proviennent d’ arbrealettres … mon pourvoyeur de mots inspirés qui dialoguent avec mes dessins… merci pour son époustouflant travail et son goût inspiré…
☆
lave
15 septembre 2013 § Poster un commentaire
complicité
21 juillet 2013 § 2 Commentaires
le croquis du jour… dessiné sur la terrasse du Salon de la Gare… ce matin… dans l’odeur des pâtisseries orientales…
J’attends et je n’attends plus.
Extrême délicatesse de l’attention
qui ne sait rien, qui écoute et n’entend peut-être rien d’autre
que l’attente elle-même, la vacuité de l’attente.
Il n’y a aucun obstacle,
les labyrinthes semblent fluides, tout devient aérien et flexible.
Je veille. Sera-t-il possible d’atteindre la transparence,
la nudité absolue, inhabitable ?
Jamais la transparence ne se refuse.
Il y a, malgré tout, une irradiation constante
de quelque chose avec quoi je suis en relation.
J’écris à présent dans la blanche complicité
d’une pure orientation qui me dénude…
Serait-ce la vérité ?
La nature de l’Autre est double : elle s’approche et se retire.
Mais elle-même n’est-elle pas soumise, dans cette alternance,
à la pulsation élémentaire d’une nature immuablement simple ?
Il est nécessaire de l’accueillir selon son propre rythme.
(António Ramos Rosa)
pensée
14 juillet 2013 § Poster un commentaire
50 + 1
le chaos et Dieu c’est pareil ………………………………. inaccessible
Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,
Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné ;
Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.
Elle court aux forêts où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !
Victor Hugo
l’autre pays du
4 juin 2013 § Poster un commentaire


Qu’est-ce qui se passe
Pour une racine
Quand elle débouche
Dans l’air d’un abîme?
***
Est-ce qu’il arrive
A une racine
De crier:
Pas si vite.
Pas si vite.
J’ai peur?
Guillevic
mots inspirés trouvés chez un pourvoyeur de qualité …..


















