l’éventail
26 Mai 2013 § Poster un commentaire
à quoi me serviras-tu quand je ne respirerai plus ?
Le vent. Le vent profond et noir. Or le vent immobile.
Très proche infiniment du centre, interrogeant l’obscur, avec une respiration inquiète, et des images sans images.
Qui suis-je, en cette chambre ? Il est un échange équivoque où tremble, dans l’espace des murs simultanés,
le présent simple.
Jean Laude

lampions
23 Mai 2013 § Poster un commentaire
céleste botanique
9 Mai 2013 § Poster un commentaire

Le miroir et la petite fille
Le miroir a plus de cent ans.
Sa peau de glace est tachetée
Comme le front ridé des vieilles
– Petite fille magique,
Dit le miroir,
Peux-tu me rendre ma jeunesse?
– Excusez-moi, dit la petite fille,
Vous devez faire erreur.
Dans mon pays,
Ce sont les miroirs qui sont magiques.
Je ne peux rien pour votre jeunesse,
Mais j’aimerais bien devenir princesse.
Michel Luneau
abîme
16 avril 2013 § Poster un commentaire

retouche au programme
quand la mémoire fait relâche
l’oubli règle son ballet de méduses
Daniel Boulanger

rester au centre silencieusement
14 avril 2013 § Poster un commentaire
Silence soudain dans la maison.
Le dernier pavot s’est défait.
Dans une longue somnolence je me fige
Et j’accueille l’obscurité qui vient trop tôt.
Les portes sont fermées à double tour,
Le soir est noir, le vent se calme.
Où est la gaieté, où le souci?
Où es-tu, mon doux fiancé ?
On n’a pas trouvé la bague secrète,
J’ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon coeur.
Anna Akhmatova
un regard et soudain une fleur…
18 février 2013 § Poster un commentaire
petit croquis de cet après-midi…

La fleur que tu es je veux, non la fleur que tu me donnes.
Pourquoi donc me refuser ce que je n’exige point ?
Tu auras tout le temps de refuser
Après que tu auras donné.
Fleur, sois cette fleur ! Si te cueille avaricieux
La main de l’omineuse sphinge, alors toi, ombre
Pérenne, absurde tu devras errer,
En quête de la fleur que tu as déniée.
Fernando Pessoa
évocation au dix long
11 février 2013 § Poster un commentaire
apparitions au billet de dix francs suisses…

dans l’inspiration du projet « le prix du paradis » en cours jusqu’à Aperti……………
C’est un poème
que j’ai
commencé
à minuit dix
ça je le sais
tu venais
de remonter
le bathyscaphe
rose
de ta langue
Et
tes cuisses
me
quittaient
comme
des tours
qu’un séisme
vient
d’ébranler
Alors
j’ai regardé
l’heure
juste pour
savoir
quand la fin
du monde
venait
d’avoir lieu
Werner Lambersy

dix moi ……….
tous mes voeux et plus si affinité
7 janvier 2013 § Poster un commentaire
Par dons modestes et à demi-mots,
le cœur humain apprend le rien.
Rien, est la force qui rend le monde neuf.
Emily Dickinson
envie d’improviser sur le thème de la valeur ? en participant au projet « le prix du paradis » lors d’une visite de mon lieu de création ou en interprétant les images que je vous enverrai si vous vous manifestez sur dessinrencontre@gmail.com (contact et rendez-vous…)…………….. dessin, découpage, collage, réflexion, écriture, présence… rien…

Je ne suis rien.
Je ne serai jamais rien.
Je ne peux vouloir être rien.
À part ça je porte en moi tous les rêves du monde.
Fenêtres de ma chambre,
Ma chambre où vit l’un des millions d’êtres au monde dont personne ne sait qui il est
(Et si on le savait, que saurait-on ?),
Vous donnez sur le mystère d’une rue au va-et-vient continuel,
Une rue inaccessible à toutes pensées,
Réelle au-delà du possible, certaine au-delà du secret,
Avec le mystère des choses par-dessus les pierres et les êtres,
Avec la mort qui moisit les murs et blanchit les cheveux des hommes,
Avec le Destin qui mène la carriole de tout par la route de rien.
Fernando Pessoa « Bureau de tabac » trad. R. Hourcade, éditions Unes 1993
Não sou nada.
Nunca serei nada.
Não posso querer ser nada.
A parte isso, tenho em mim todos os sonhos do mundo.
Janelas do meu quarto,
Do meu quarto de um dos milhões do mundo que ninguém sabe quem é
(E se soubessem quem é, o que saberiam ?),
Dais para o mistério de uma rua cruzada constantemente por gente,
Para uma rua inacessível a todos os pensamentos,
Real, impossívelmente real, certa, desconhecidamente certa,
Com o mistério das coisas por baixo das pedras e dos seres,
Com a morte a pôr umidade nas paredes e cabelos brancos nos homens,
Com o Destino a conduzir a carroça de tudo pela estrada de nada.
cinquante transfiguré
31 décembre 2012 § Poster un commentaire

dessin préparatoire du projet « le prix du Paradis »…
peut-être aussi une façon symbolique d’entrer dans la cinquantième…

Limites
Il est une ligne de Verlaine dont je ne vais plus me souvenir,
Il est une rue proche interdite à mes pas,
Il est un miroir qui m’a vu pour la dernière fois,
Il est une porte que j’ai fermée jusqu’à la fin du monde.
Parmi les livres de ma bibliothèque (je les vois)
Il en est un que je n’ouvrirai plus.
Cet été, je vais avoir cinquante ans;
La mort me ronge et me ruine, incessante.
Jorge Luis Borges

Est-ce qu’il pleuvait? certainement.
Mais est-ce que l’eau mouillait, il y a cinquante ans?
Ernest Lavisse
merci à Arbrealettres, ma bibliothèque poétique virtuelle…………..
son son
17 décembre 2012 § Poster un commentaire
…improvisé sur le son du saxophone de Leo

Ce Monde n’est pas une Conclusion.
Il y a une Vie au-delà –
Invisible – comme la Musique –
Mais positive – comme le Son –
Elle fait signe, elle déconcerte –
La Philosophie – connaît pas –
Et, à travers une Énigme, enfin –
La Sagacité finit par se faufiler –
La deviner tourmente les clercs –
Pour l’avoir, les Hommes ont enduré
Le mépris des Générations
Et la Crucifixion montré du doigt –
La Foi glisse – et rit reprend des forces –
Rougit, devant témoin –
Tire sur une brindille de Preuve –
Demande à une Girouette, le chemin –
Des grands Gestes, de la Chaire –
Roulent de puissants Alléluias –
Aucun Narcotique pour calmer la Dent
Qui grignote l’âme –
Emily Dickinson » La Dent «





