improvisation colorée
15 décembre 2012 § 2 Commentaires
Incandescence à la lisière
d’un ciel bas — la lumière-nid non dévorée
décline vers le minimum vital : du moineau
à l’oiseau sans nom, la distance
est la proie — fumée
qui atténue les braises, contrairement à la secte
d’ailes, où tu palpites, fumée épouse
du rougeoiement — dans la mémoire du moineau
cela parachève le sommeil des nuages.
Paul Auster
improvisation colorée d’une fin de vendredi… avec ce que j’ai sous la main… et juste un peu d’alcool sur le dessin… l’encre file… regard fugace… plaisir improvisé…
Contre la façade du soir:
ombres, feu, et silence.
Pas vraiment le silence, mais son feu –
l’ombre
portée par un souffle.
Pour pénétrer le silence de ce mur,
je dois me dépouiller de moi-même
Paul Auster
fétiche
5 novembre 2012 § Poster un commentaire
à Jean-Luc Verna
qui m’a inspiré en rêve ainsi qu’à ma vessie transcendantale

La possession et la contemplation du fétiche provoquent soit l’orgasme sexuel, soit simplement des jouissances sentimentales platoniques.
Les esprits des fleurs
Voyez-vous de l’or de ces urnes
S’échapper ces esprits des fleurs,
Tout trempés de parfums nocturnes,
Tout vêtus de fraîches couleurs?
Ce ne sont pas de vains fantômes
Créés par un art décevant,
Pour donner un corps aux arômes
Que nos gazons livrent au vent.
Non chaque atome de matière
Par un esprit est habité ;
Tout sent, et la nature entière
N’est que douleur et volupté !
Chaque rayon d’humide flamme
Qui jaillit de vos yeux si doux;
Chaque soupir qui de mon âme
S’élance, et palpite vers vous;
Chaque parole réprimée
Qui meurt sur mes lèvres de feu,
N’osant même à la fleur aimée
D’un nom chéri livrer l’aveu ;
Ces songes que la nuit fait naître
Comme pour nous venger du jour,
Tout prend un corps, une âme, un être,
Visibles, mais au seul amour !
Cet ange flottant des prairies,
Pâle et penché comme ses lis,
une de mes rêveries
Restée aux fleurs que je cueillis.
Et sur ses ailes renversées
Celui qui jouit d’expirer,
Ce n’est qu’une de mes pensées
Que vos lèvres vont respirer.
Alphonse de Lamartine
Chostakovitch
13 octobre 2012 § 2 Commentaires
dessiné ce soir pendant Symphonie N° 14 pour soprano et basse de Chostakovitch
par l’OSR au Victoria Hall…
Il est en elle une flamme miraculeuse,
En sa présence le reste s’estompe.
Elle seule parle avec moi
Quand les autres ont peur de m’approcher.
Quand le dernier ami a détourné ses yeux,
Elle a été avec moi dans ma tombe
Et elle a chanté comme le premier orage
Ou comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.
La Musique
d’Anna Akhmatova
à Muriel, créature harmonique et cosmique
états du coeur
2 octobre 2012 § Poster un commentaire

Vider mon Cœur, de Toi —
Son unique Artère —
Commencer, et T’omettre —
Simple Date d’Extinction —

Empty my Heart, of Thee —
It’s single Artery —
Begin, and leave Thee out —
Simply Extinction’s Date —

Emily Dickinson
Marilyn oxychlorée
17 septembre 2012 § 2 Commentaires
dessin collage à propos de l’usage des pesticides dans le jardin…
ô le doux parfum des salades… à grand fou
La Madone aux Lys
J’ai bu, tel un poison, vos souffles éplorés,
Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés
Dédiez au matin votre rose sourire,
Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.
Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,
Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.
Lys purs qui fleurissez les mystiques images,
Sanctifiez les pelouses et les feuillages.
Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,
Exhalez froidement vos souvenirs de mort.
Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,
Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.
Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,
O muguets, lys de la vallée et des grands bois.
O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,
Anémones, lys roux des champs israélites,
Soyez la floraison des douleurs de jadis
Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.
(Renée Vivien)
luné
16 septembre 2012 § Poster un commentaire
J’étais entouré de solitude ce soir-là et lisais un livre.
Mon coeur se desséchait, il me semblait que la beauté était façonnée par des marchands de paroles.
Je fermai le livre avec lassitude et soufflai la chandelle.
En un instant la chambre s’emplit de lune.
Esprit de Beauté, comment pouvais-tu,
toi dont l’éclat inonde le ciel,
rester caché derrière une minuscule flamme de bougie ?
Comment quelques vains mots d’un livre
pouvaient-ils monter comme une brume et te voiler,
toi dont la voix apporte au coeur de la terre un calme ineffable ?
(Rabindranath Tagore)
lucide
11 septembre 2012 § 4 Commentaires
Passe un papillon devant moi
Et pour la première fois dans l’Univers je remarque
Que les papillons n’ont pas plus de couleur que de mouvement,
De même que les fleurs n’ont pas plus de parfum que de couleur.
C’est la couleur qui a de la couleur sur les ailes du papillon,
Dans le mouvement du papillon c’est le mouvement qui se meut,
C’est le parfum qui a du parfum dans le parfum de la fleur.
Le papillon, est, sans plus, papillon,
Et la fleur, fleur, sans plus.
(Fernando Pessoa)
dessin rencontre de ce jour
me révélant
…parce que j’aime tellement ça…
quelle couleur a cette rencontre
quel mouvement dessine mon pinceau
mouvement et couleur… spectre du papillon
à Fabrice
je te vois
6 septembre 2012 § Poster un commentaire

Non-vision
Heure nulle, citerne
où ma pensée
elle-même se boit.
Un instant immense
j’ai oublié mon nom.
Peu à peu je dénais,
diaphane avènement.
(Octavio Paz)
pensées sauvages
22 août 2012 § Poster un commentaire

Le soleil de ses cent cornes
soulève le ciel bas.
Les taureaux dans la campagne
répètent le même geste.
La grêle frissonnante
qui tombe des vieux clochers
éveille et met en chemin
l’immense troupeau du vent.
Dans la rivière commencent
les batailles de poissons.
Mon âme, fille et garçon.
Silence!!!
Frederico Garcia Lorca
frais mon dessin rencontre…
16 août 2012 § 1 commentaire
au marché il y a peu… entre deux averses… pour une voyageuse en transit qui a tiré deux cartes et une phrase au hasard… le dessin est apparu…

puis d’autres encore lorsque je me mis en mouvement…
Mes mains se fermant dans leur ombre
ont arraché des coeurs d’oiseaux
pour les jeter dans vos réseaux,
imagination sans nombre.
Folles! Je vous aurai nourries
de ceux qui m’attendaient tués,
et que voici ressuscités
dans l’air tremblant d’autres prairies.
(Robert Ganzo)

surprise… étonnement… simplicité de l’image… peut-être…

L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.
(Baudelaire)

ICI ET LÀ
Figures, oh ! figures !
Et jusqu’aux aériennes faces de nuages,
figures de pierre, de chair,
tracées au crayon, au pinceau,
jaillies de la sève, branches, feuilles, figure
que trace le vol de l’hirondelle,
figure cassée d’un clochard
vous êtes toujours signes, phrases
tombées du grand écritoire invisible
– analphabète, comment ne pas s’échiner à vous lire,
ne pas en être exalté ?
(Paul de Roux)

L’imagination est l’hôte de l’inconnaissable
Ayant plongé au fond de l’inconnu
Elle en revient en poèmes chez les humains
Leur dit avec les images
C’est inimaginable mais c’est comme ça
(Michel Deguy)
merci à Arbre à lettres qui me fournit beaucoup de mots à mettre en écrin autour de mes dessins…






