elle rêve

30 novembre 2017 § 7 Commentaires

saisie dans le métro ce soir… le regard perdu dans un lointain peu prometteur… de quoi rêve t’elle ? … personne autour ne la regarde ni même ne tente seulement de voir… un cocon humain… juste un battement de cils… j’ai la plume à la main et j’ai attrapé inopinément un mystère… de quoi rêve t’elle ?
elle veut la caresse d’une bête… mais pas de celle d’un animal de compagnie… elle veut l’essentiel tendre et éternel d’un être inaccessible…
elle rêve de l’amour tardigrade

Ici
on cherche toujours quelque chose
dans les cafés, les églises, les places
et jusque dans les poubelles
on cherche en l’autre, en soi
dans la cohue des trottoirs
l’accalmie des ponts
dans l’eau stagnante des fontaines
et sur les bancs indiscrets
on cherche en bas, en haut, devant soi
un ticket de métro
une terre ou une femme perdus
un livre qu’on lira
sur un lit d’hôpital ou en prison
une chanson sans titre
un ouvre-boîtes solide
un oiseau qui ne chante que de nuit

On cherche
un regard qui fera basculer votre vie
un graffiti à vous seul adressé
un heurtoir arabe sur une porte italienne
une carte postale que vous avez envoyée il y a vingt ans
et que le destinataire a revendue
votre date de mort inscrite sur un tronc d’arbre
dans un petit parc
que vous ne faites que traverser

Ici
on cherche toujours quelque chose
dans le carrousel délirant
du désir

Abdellatif Laâbi

 

moins seul

19 novembre 2017 § 10 Commentaires

au commencement dans un sillage d’encre

solitude pourpre et silencieuse

Plein d’incertitude
Est l’automne.
Au moindre motif,
Involontairement,
Le cœur – n’est-il pas vrai? –
Se sent dans la tristesse.

Le moine Saigyô

avalé par la bête du temps

 

des années plus tard au réveil

à côté de lui

ajout dessiné de Celeste Cabrita

 

Cette lune sur l’eau
Est-ce toi
Cette lune dans l’eau
Est-ce toi
Est-ce toi reflet et éclat
A toi-même inédits
En ton unique mémoire
Tu regardes
Et tu t’éloignes
Tu souris
Et tu t’éloignes
A jamais proche inaccessible
Dans l’au-delà d’ici
Dans l’au-delà de toi.

François Cheng

toute crue

17 novembre 2017 § Poster un commentaire

l’étoile…

Adam

7 novembre 2017 § Poster un commentaire

dans la forêt bourguignonne … dessin commencé sur leporello …

Les hommes meurent
Les hommes vivent
Passent les oies sauvages

Sôseki

 

elle veille

26 octobre 2017 § Poster un commentaire

et tu ne la vois pas…

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Ô toi qui considères le monde comme existant en dehors de toi, écoute!
Ces montagnes et ces déserts, ces océans et ces pierres,
Ce monde des couleurs et des parfums, sont notre bouquet,
Étrangers à nous et cependant intimement liés à nous.
Un seul regard du moi a réuni
La terre et le ciel, le soleil et la lune.

Notre cœur possède vers eux une voie d’accès secrète
Car tout être n’existe que par la grâce du regard.
Si nul ne le voit, le monde est sans valeur,
Si quelqu’un le voit, il devient montagnes et océans.
Le monde n’est précieux que parce que nous le voyons.
Son arbre croit en même temps que nous.
Le problème du sujet et de l’objet est un mystère;
De chaque atome s’élève une prière :

« Ô toi qui vois, fais de moi ton objet,
Fais-moi exister par la vertu de ton regard. »

La perfection pour une chose c’est d’être là,
Son imperfection, de n’être pas devant nos yeux,
De ne pas être illuminée par notre conscience.
Le monde n’est que notre manifestation
Car sans nous ce spectacle de sons et de lumières n’existerait pas.

Mohammad Iqbal

 

balance ton homme 

18 octobre 2017 § 2 Commentaires

dessiné hier dans le métro…

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froissé 

15 octobre 2017 § Poster un commentaire

il n’y a pas que le linge qui se froisse… moi, pour un oui pour un non, je me mets en boule… je ferme les yeux et j’en découds avec moi-même…

LA ROSE EN SA TÉNÈBRE       (7)

Il ne faut pas se saisir d’elle
Il ne faut la donner à personne
Sa propre ténèbre l’entoure
Elle n’a plus de masque
Elle est elle-même son poids

Elle est l’amour qu’elle refuse
Pour la comprendre il faut l’ouvrir
Il ne restera rien qu’un pas imperceptible
De pétales froissés

Elle tremble légèrement
Et ce n’est peut-être pas elle

Jean Tortel

le plus froissé des chemins se réveille
parfois dans l’automne déjà flétri
éloignant devant lui le jour des âmes

le traverse un oiseau que nul n’attend

Herri Gwilherm Kerourédan

°°°

les mots ont été trouvés sur arbrealettres… 

détournement de cœur

1 octobre 2017 § 4 Commentaires

il y a peu, je suis allée enfin découvrir l’antre du Tampographe Sardon à côté du Père Lachaise… un endroit fascinant où cet étonnant artiste déploie son art du tampon… j’ai acquis son cœur bichrome qui m’a inspiré quelques détournements inopinés…

Au cœur du cœur

Au cœur de l’espace
Le Chant

Au cœur du chant
Le Souffle

Au cœur du souffle
Le Silence

Au cœur du silence
L’Espoir

Au cœur de l’espoir
L’Autre

Au cœur de l’autre
L’Amour

Au cœur du cœur
Le cœur

Andrée Chedid

Pour calmer mon cœur,
Sur les collines et dans les plaines
De Takamoto
Je suis parti
Promener mes pas.
Mais les fleurs étaient seules
A montrer leur splendeur,
Plus je les regardais,
Plus je pensais à toi,
Comment
Pourrais-je oublier
Ce désir ardent qu’est l’amour ?

Ôtomo no Yakamochi

 

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retrouvez la galerie tampographique ouverte tous les samedis de 11h à 19h, 4 rue du Repos, 75020 Paris

http://le-tampographe-sardon.blogspot.ch/

incantations d’équinoxe 

22 septembre 2017 § 9 Commentaires

j’ai reçu une bicyclette, une chaise, une vieille valise en carton et quelques livres anciens jamais lus… et aussi un cahier à dessin avec des formes simples à remplir… en voici trois livrées pour l’équinoxe…

Celui qui rêve se mêle à l’air

Georges Schehadé

En rêve

La séparation noire, définitive
Je la subis tout comme toi.
Comment, tu pleures ? Donne-moi plutôt la main.
Promets-moi de revenir en rêve.
Pour nous deux, c’est comme pour les montagnes,
Pour nous deux, nulle rencontre ici-bas.
Puisses-tu seulement, à minuit,
Me faire signe par-delà les étoiles.

Anna Akhmatova

Life is a Witch 

3 septembre 2017 § 6 Commentaires

une déesse inopinée nécessaire à dimanche soir …

pour Manouche

Divinité

Déesse aux yeux d’or brun, clos ta paupière rose,
Fais des songes d’amour ; que ton sommeil soit doux ;
Que le rêve lointain comme un rayon se pose
Sur ton front languissant et sur tes cheveux flous.

Je voudrais être la nuit, afin de t’étreindre,
Je voudrais te presser sur mon coeur frémissant,
Entendre ton sanglot voluptueux se plaindre
Et retenir l’amour qui sourit en passant.

Renée Vivien

Où suis-je ?

Entrées taguées Kajan sur journal du dessin rencontre.