atlas
25 février 2016 § 1 commentaire
dessiné dans le tgv en rentrant de Bourgogne ce soir… je suis Atlas… de plus en plus conscient de ce monde et de ses contours, de tous les habitants qui le peuplent… et de son poids…
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En étrange pays
Tu étais là présente parfois double,
En ce pays du jamais revenu
Atlas sans méridien Zone inconnue
Temps sans passé Temps qui n’est plus qu’eau trouble.
Tu étais là. Ramenée en arrière
D’une mer amputée de littoral.
Tu gouvernais ton navire amoral
Vers l’au-delà des vies aventurières.
Tu étais là. Je ne sais depuis quand
De ta mémoire émargée. Péninsule
Où nous étions exilés, nous Consuls
Très surveillés d’au-dessous le volcan.
C’était la zone extrême dévolue
Aux animaux d’une ancienne mémoire
Qui surgissaient portant sur eux les moires
D’une autre mer, d’un monde révolu.
Un soleil maigre à jambes d’antilope
S’imprimait sur le sable à pas légers
Mais tu fuyais de ce site étranger
Comme traquée par son œil de cyclope.
Charles Dobzynski …trouvé chez arbrealettres
Gravenstein
30 novembre 2015 § Poster un commentaire

drôle de dessin que celui-ci, apparu dans le métro entre Croisettes et Renens… aujourd’hui…
ARBRE AU-DEDANS
Dans mon front a poussé un arbre.
il a poussé au-dedans.
Ses racines sont des veines,
des nerfs ses branches,
ses feuillages confus des pensées.
Tes regards l’enflamment
et ses fruits d’ombres
sont oranges de sang,
grenades de lumière.
Le jour se lève
dans la nuit du corps.
Là au-dedans, dans mon front,
l’arbre parle.
Approche, tu l’entends?
Octavio Paz ( trouvé chez Arbrealettres )

en douceur avec vous
24 novembre 2015 § Poster un commentaire
pour Carmen et ma maman …

[…]
Douceur de ce silence et de ne plus savoir
S’analyser et d’être à ce point qu’on croit voir
Des fils d’ombre dans la chambre de sa mémoire
Descendre et se confondre en une tache noire
Comme la toile d’une araignée où l’essor
Des songes va finir son vol de mouches d’or.
Et tout s’éteint ! Plus de rêve qui se dévide !
Douceur ! penser du vague et regarder du vide !
Georges Rodenbach
moucharabieh
11 août 2015 § 6 Commentaires
cachée et pourtant visible… lointaine et proche à la fois… multiple et une en même temps… comme cela résonne avec mon présent… ce dessin improvisé dans un cahier de coloriage…
tombée inopinément sur ce cahier dans une vitrine de la petite ville de province… une mode « nouvelle » le coloriage… remontée de nos enfances… une pratique relaxante… tenterions-nous de poser dans ces cahiers les couleurs qui manquent dehors ?
ÉLÉGIE
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?
Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.
Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?
Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Tu pleures ?
Eugenio Montale
dans le train
4 juin 2015 § Poster un commentaire
dessiné entre Renens et Genève aujourd’hui…
Le poème
est un oiseau
qui a du mal à se poser
La pierre
est un oiseau
qui a du mal à s’envoler
Werner Lambersy trouvé chez Arbrealettres……. mon fournisseur agréé de parures de dessin
aller et retour …
1 juin 2015 § 1 commentaire
des dessins réalisés le temps d’un trajet de métro … inspirées dans la rame … apparitions inopinées
Itinérants
Il était très tard et très tôt,
le métro roulait vers la porte de la Chapelle.
Il n’y avait personne sauf deux
et la première personne parlait à la seconde personne
d’une troisième personne qui était,
à l’entendre, un oiseau.
Elles descendirent à la Trinité
et sur le quai, sans la saluer,
croisèrent une autre personne
qui avait une queue et des cornes
et devait descendre à la Fourche.
toujours le même t’aime
31 Mai 2015 § Poster un commentaire
variation sur un dessin de l’année passée… déclinaison infinie des traits… de l’amour particulier à l’amour cosmique…

Comme nous
elles naissent opaques
et d’un matériau commun
pour arriver parfois au diamant
et taillées par un art amoureux
retrouver les éclats
d’une étoile
dont nous sommes restés
les orphelins obscurs et douloureux
Comme nous
elles sont constituées surtout
de vide
et dorment d’un sommeil animal
autant que végétal
mais sans doute moins inquiet
et plus profond
Comme nous
elles possèdent des membres
des poumons et des paupières
quelles agitent moins souvent
moins brutalement
et avec une extrême discrétion
Elles se parfument
mais d’essences plus subtiles
où entrent des rappels d’alambics
immémoriaux et soufrés
Elles aiment les caresses
et s’usent volontiers
vers des courbes et des rondeurs
familières de nuques et de hanches
Elles se montrent gourmandes
mais d’épices
dont les ardeurs montent plus haut
plus loin dans les vertiges
de la durée
et les sargasses cosmiques
de la création
dans les frayères glauques
des premières vapeurs
des gésines gazeuses du néant
Werner Lambersy trouvé ici chez Arbrealettres……
séance visionnaire
6 février 2015 § 5 Commentaires
après un mois sans publier à me demander comment on pouvait descendre quelqu’un qui dessine…
CHEVAL DES RÊVES
Superflu, me regardant dans les miroirs
avec un goût de semaines, de biographes, de papiers,
j’arrache de mon sieur le capitaine de l’enfer,
j’établis des clauses indéfiniment tristes.
j’erre d’un point à l’autre, j’absorbe des illusions,
je bavarde avec les oiseaux dans leurs nids:
et eux, souvent, d’une voix fatale et froide
chantent et font fuir les maléfices.
I1 y a un vaste pays dans le ciel
avec les superstitieux tapis de l’arc-en-ciel
et les végétations vespérales :
c’est vers lui que je vais et grande est ma fatigue,
foulant une terre retournée de tombes encore fraîches,
je rêve entre ces plantes aux fruits indécis.
Je Passe entre les enseignements possédés, entre les sources,
vêtu comme un être original et abattu :
j’aime le miel usé du respect,
le doux catéchisme entre les feuilles duquel
dorment des violettes vieillies, évanouies,
et les balais, aux secours émouvants,
dans leur apparence il y a sans doute, cauchemar et certitude.
Je détruis la rose qui siffle et la ravisseuse anxiété:
je brise les extrêmes aimés: et plus encore,
je guette le temps uniforme, sans mesures
une saveur que j’ai dans l’âme me déprime.
Quelle aurore a surgi! Quelle épaisse lumière de lait,
compacte, digitale, me protège !
J’ai entendu hennir son rouge cheval
nu, sans fers et radieux.
Je survole avec lui les églises,
Je galope à travers les casernes désertes de soldats
et une armée impure me poursuit.
Ses yeux d’eucalyptus volent l’ombre,
son corps de cloche galope et frappe.
J’ai besoin d’un éclair de splendeur persistante,
d’une parenté joyeuse qui assume mes héritages.
Pablo Neruda ( trouvé chez Arbrealettres, mon pourvoyeur de mots assortis… )
promenade
3 mars 2014 § Poster un commentaire
étranger à ma langue
12 février 2014 § Poster un commentaire
rencontre en impressions entre un poème d’Iskandar Habache et un de mes dessins… (traduit de l’arabe par Lotfi Nea)…











