en douceur avec vous

24 novembre 2015 § Poster un commentaire

pour Carmen et ma maman …

dans le carnet de Kajan 5

[…]

Douceur de ce silence et de ne plus savoir
S’analyser et d’être à ce point qu’on croit voir
Des fils d’ombre dans la chambre de sa mémoire
Descendre et se confondre en une tache noire
Comme la toile d’une araignée où l’essor
Des songes va finir son vol de mouches d’or.
Et tout s’éteint ! Plus de rêve qui se dévide !
Douceur ! penser du vague et regarder du vide !

Georges Rodenbach

en carnet incarné

12 novembre 2015 § 1 commentaire

mosaïque des quelques-uns de mes carnets dessinés… 

Pour moi, si j’ai tant griffonné de carnets, ce n’a jamais été que pour surprendre un brin des musiques de l’inconcevable existence, percevant aux heures de gloire l’universelle harmonie dans le crissement d’une cigale. Henri Thomas

variation rouge en carnets par Kajan(c)

Qu’est-ce qu’un coeur
dans un carnet

Un silence creuse l’écriture
et lui fait une âme

Personne à l’horizon
le nom n’a pas d’apparence

Qui fait du bruit
n’a pas de bouche amoureuse

Les mains jettent des paysages
un lac tombe dans mes yeux

Claudine Bertrand ………………………..trouvé chez Arbralettres

visions en déplacement

31 août 2015 § Poster un commentaire

suite de mon projet « transports en commun »………………… dessins réalisés le temps d’un trajet dans les transports en commun, plus particulièrement les TL de Lausanne…

les deux dessins de ce jour… comme un constat d’impuissance… se laissant juste traverser par une myriade d’étoiles… nous sommes de pauvres hologrammes qui se prennent au sérieux…

dans le métro 31 août 8h30 par Kajan(c)

de la station Maurice Béjart jusqu’aux Croisettes… ce matin…

Le sentiment d’une solitude déchirante
et d’une certaine incommunicabilité du monde
était parfois donné par la vue d’une brouette vide
vide encore chaude de la fumure transportée.
Le jardinier s’en était allé boire:
il se pouvait qu’il ne revînt jamais.
Je me disais que je lui avais quelques fois parlé.
A bien réfléchir, il se pouvait que je lui aie dit cent mots.

Les oiseaux passaient à tire-d’aile, les horloges sonnaient
et les ombres s’allongeaient sur le sol blanc.

Le jardinier n’était pas mort, il n’avait eu qu’une attaque.
Il ne parlerait plus et resterait sur un banc
devant sa porte et des mouches en pleine vie
marcheraient dans ses mains sur lesquelles tremblerait
l’ombre dentelée des feuilles pacifiques.

Jean Follain

dans le métro 31 août 18h par Kajan(c)

puis ce soir… des Croisettes jusqu’à Bessières…

Transporte-nous, sac infini,
nous Jonas infinitésimaux.

Giovanni Giudici

fruits du bourdon

10 août 2015 § Poster un commentaire

rose au Bourdon par Kajan(c)

fin de journée au bord du lac du Bourdon… des personnes, des voitures, une chaleur intense, la cabane à frites et ses 35 bières… la sensation d’un ailleurs mais très étouffant… mes pieds peinent à rejoindre le sol et monte en moi comme une angoisse…

je m’assieds, je respire… pas le courage de me baigner… je reste avec cette sensation d’étrangeté et de solitude…

je prends mon cahier… je dessine… sans réfléchir…

le calme revient peu à peu alors que les dessins apparaissent…

loin du Bourdon par Kajan(c)

Un bourdonnement de fond

témoigne de la présence des choses.
Nous avons besoin de la parole et du vent
pour le supporter.

Un bourdonnement de fond
dénonce l’absence des choses.
Nous devons inventer une autre mémoire
pour ne pas devenir fous.

Un bourdonnement de fond
annonce qu’il n’y a rien
qui ne puisse exister.
Nous avons besoin d’un silence doublé de silence
pour admettre que tout existe.

Un bourdonnement de fond
souligne le froid et la mort.
Nous avons besoin de la somme de tous les chants,
du résumé de tous les amours
pour pouvoir apaiser ce bourdonnement.

Ou bien un soir,
sans autre condition que son ajour,
un oiseau viendra se poser sur l’air
comme si l’air était une branche.
Alors cesseront tous les bourdonnements.

Roberto Juarroz    ( trouvé ici )

Or  Bourdon par Kajan(c)

tant suspendu qu’à la fin…

21 juillet 2015 § 1 commentaire

nés des contrastes thermiques de ces journées caniculaires et la fraîcheur inespérée du métro… quelques croquis rouges entre Croisettes et la Gare de Lausanne…

pendu mais trop par Kajan(c)

J’entends que la hache a fleuri,
j’entends que le lieu n’est pas nommable,

j’entends que le pain qui le regarde
guérit le pendu,
le pain que la femme a cuit pour lui,

j’entends qu’ils disent de la vie
qu’elle est le seul havre et recours.

pendu l'air du 20 juillet par Kajan(c)

Ich höre, die Axt hat geblüht,
ich höre, der Ort ist nicht nennbar,

ich höre, das Brot, das ihn ansieht,
heilt den Erhängten,
das Brot, das ihm die Frau buk,

ich höre, sie nennen das Leben
die einzige Zuflucht.

pendu l'air aussi du 20 juillet par Kajan(c)

I hear that the axe has flowered,
I hear that the place can’t be named,

I hear that the bread which looks at him
heals the hanged man,
the bread baked for him by his wife,

I hear that they call life
our only refuge.

poème de Paul Celan trouvé ici …

Chamane rouge

14 avril 2014 § 2 Commentaires

Chamane rouge par Kajan(c)

 

Lune après jour,
Vent après nuit,
Légers ou forts,
Nous attendons.

René Char

 

dedicated to a cosmic fellow Gwyllm Llwydd…

 

Erythropoïétine

16 janvier 2014 § 2 Commentaires

Erythropoïétine par Kajan(c)

J’ai des saisons dans le sang
J’ai le battement des mers
J’ai le tassement des montagnes
J’ai les tensions de l’orage
La rémission des vallées

J’ai des saisons dans le sang
J’ai des pavots qui m’encavent
J’ai des hélices pour l’éveil
J’ai des noyades
J’ai des leviers

J’ai des entraves
J’ai délivrance
J’ai des combats
J’ai fleur et paix.

Andrée Chedid

lave

15 septembre 2013 § Poster un commentaire

Je te vois,

Je ne te vois pas

Dans une pénombre
En instance de volcan.

Guillevic

cerf volcanique par Kajan(c)

Comme la lave
Rampe sous la terre,
Se rassemble,
Arrive à l’ouverture,
Se donne,
Fait la place
A d’autres laves.

Guillevic

 

dessin hommage à Nico

 

 

 

 

 

 

rêveur rouge

9 septembre 2013 § 5 Commentaires

rêveur rouge par Kajan(c)

La folie seule de l’amour
perce le trou par où s’échappe
l’ivresse d’être enfin dans l’azur
ou dans un carnage éclatant.

 

André Frénaud

 

trouvé sur Arbrealettres mon fournisseur magique…

 

 

 

 

 

50+8

20 juillet 2013 § Poster un commentaire

50+8 par Kajan (c)

Dures grandes entr’ouvertes
Cédant à l’excès de vos grains,
Je crois voir des fronts souverains
Éclatés de leurs découvertes !

Si les soleils par vous subis,
O grenades entre-bâillées,
Vous ont fait d’orgueil travaillées
Craquer les cloisons de rubis,

Et que si l’or sec de l’écorce
A la demande d’une force
Crève en gemmes rouges de jus,

Cette lumineuse rupture
Fait rêver une âme que j’eus
De sa secrète architecture.

 
Les Grenades de Paul Valéry

50+8 dedans par Kajan (c)

 

 

Où suis-je ?

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