du coeur
6 août 2012 § Poster un commentaire

ॐ भूर्भुवः स्वः ।
तत् सवितुर्वरेण्यं ।
भर्गो देवस्य धीमहि ।
धियो यो नः प्रचोदयात् ॥
Om bhour bhouvah svaha
tat savitour varényam
bhargo dévashya dhéhémahi
dhiyo yo nah prachodayat
( Gayatri mantra )
dessiné pendant un cours sur l’ayurveda…
transformation
16 juillet 2012 § 3 Commentaires
comme un désir de m’évaporer, de me dissoudre… disparaitre peu à peu… doucement…

la fermière prend feu… apparue pendant un concert de Bonnie Prince Billy…
Elle se concentre dans l’eau
Et lui dans l’air
Ils se rejoignent par le trouble
et se résorbent
par évaporation de l’aube
La source qui les encercle négocie
la rançon de l’ordre
Elle défie et délie les filets
de l’impossible
Toute reconnaissance
exige d’eux
la suspension des prothèses
du raisonnement.
(Charles Dobzynski)
éthérique
8 juillet 2012 § Poster un commentaire

pour Wladd Muta en hommage à ses dessins célestes…
(…) Nous verrons que notre âme est l’embryon de Dieu,
Un peu de la grande Aine éparse par le monde,
Qui, parmi l’inconnu de l’époque et du lieu,
Fait vivre le cosmos, le règle et le féconde,
Et que cette âme, accrue à nos gestes latents,
D’un plus puissant envol exaltera le temps
Qui sur nos faiblesses se fonde.
Nous concevrons l’ordre profond de l’univers
Notre corps aspirant à la beauté parfaite,
Notre esprit s’avançant vers l’ultime conquête
Par les chemins les plus divers. (…)
extrait de L’Hymne éternel de Pascal Bonetti
danse à trois temps pour journal de trois ans…
1 juillet 2012 § 2 Commentaires

Le poète relève sur la page blanche,
les pas d’un danseur enfui que,
dans le rêve,
il assimile aux mots prestigieux
tombés de sa plume.
(Edmond Jabès)
corps naît
23 juin 2012 § 4 Commentaires

voilà comment emballer le vide… cet esprit fugace se laisse suspendre n’importe où…
Un vol en Dieu,
mais en un Dieu déchiré
et répandu à travers le monde qui, ainsi épars,
continue à chanter par les lions et les rochers,
par les arbres et les oiseaux
dont l’harmonie transcendantale
couvre dans cet état même de déchirement,
la haine destructrice.
Rilke
Rien ne reste de rien
8 juin 2012 § Poster un commentaire

écrire comme une danse… les mots rendus au mouvement… écrire dans la musique de la plume… la caresse du papier comme sens ultime…
à toi Fernando qui vit dans mon cœur
regard manuel
13 Mai 2012 § Poster un commentaire

MAINS
Ce ne sont pas des mains d’altesse,
De beau prélat quelque peu saint,
Pourtant une délicatesse
Y laisse son galbe succinct.
Ce ne sont pas des mains d’artiste,
De poète proprement dit,
Mais quelque chose comme triste
En fait comme un groupe en petit ;
Car les mains ont leur caractère,
C’est tout un monde en mouvement
Où le pouce et l’auriculaire
Donnent les pôles de l’aimant
Les météores de la tête
Comme les tempêtes du cœur,
Tout s’y répète et s’y reflète
Par un don logique et vainqueur.
Ce ne sont pas non plus les palmes
D’un rural ou d’un faubourien ;
Encor leurs grandes lignes calmes
Disent «Travail qui ne doit rien ».
Elles sont maigres, longues, grises,
Phalange large, ongle carré.
Tels en ont aux vitraux d’églises
Les saints sous le rinceau doré,
Ou tels quelques vieux militaires
Déshabitués des combats
Se rappellent leurs longues guerres
Qu’ils narrent entre haut et bas.
Ce soir elles ont, ces mains sèches,
Sous leurs rares poils hérissés,
Des airs spécialement rêches,
Comme en proie à d’âpres pensers.
Le noir souci qui les agace,
Leur quasi-songe aigre les font
Faire une sinistre grimace
A leur façon, mains qu’elles sont.
J’ai peur à les voir sur la table
Préméditer là, sous mes yeux,
Quelque chose de redoutable,
D’inflexible et de furieux.
La main droite est bien à ma droite,
L’autre à ma gauche, je suis seul.
Les linges dans la chambre étroite
Prennent des aspects de linceul,
Dehors le vent hurle sans trêve,
Le soir descend insidieux…
Ah ! si ce sont des mains de rêve,
Tant mieux, – ou tant pis, – ou tant mieux.
(Paul Verlaine, 1888)

traits tirés
7 Mai 2012 § 2 Commentaires

SONNET VIII
Combien de masques portons-nous, et de masques
Sous le masque, sur la figure de notre âme, et quand,
Si pour son propre amusement l’âme elle-même se démasque,
Sait-elle qu’est tombé le dernier et qu’enfin son visage
Est nu ? Le vrai masque ne sent rien en deçà du masque,
Mais regarde à travers le masque avec des yeux masqués
Aussi. Quelque conscience qui entreprenne la tâche,
Œuvrer à cette tâche au sommeil l’attache.
Comme un enfant effrayé par le reflet de son visage,
Nos âmes, qui sont des enfants – car elles égarent leurs pensées,
Remettent de la différence sur leurs trop visibles grimaces
Et gagnent tout un monde en oubliant leurs causes.
Et quand une pensée démasquerait notre âme se masquant,
Même elle n’irait pas sans masque démasquer.
FERNANDO PESSOA 35 Sonnets (original en anglais)
How many masks wear we, and undermasks,
Upon our countenance of soul, and when,
If for self-sport the soul itself unmasks,
Knows it the last mask off and the face plain?
The true mask feels no inside to the mask
But looks out of the mask by co-masked eyes.
Whatever consciousness begins the task
The task’s accepted use to sleepness ties.
Like a child frighted by its mirrored faces,
Our souls, that children are, being thought-losing,
Foist otherness upon their seen grimaces
And get a whole world on their forgot causing;
And, when a thought would unmask our soul’s masking,
Itself goes not unmasked to the unmasking.
Blok
23 avril 2012 § Poster un commentaire
Stéphane Blok
et son ouvrage « Chants d’entre les immeubles »…

Le chanteur arrive
grand svelte
blouson rouge
j’aimerais lui dire ( … )
comme ça
si quelqu’un lui envoie des tomates
je n’ose pas
c’est son deuxième soir
je reste neutre
c’est aussi un effet du blouson rouge
nous entrons avec le public
il n’a plus de blouson
il chante
il raconte
le désarroi des fêtards
le son des cloches qui conduit au gigot
le sel fait partir les taches de vin rouge
l’ombre portée du manche de sa guitare
fait une tache rouge aussi
à la base de son cou
il saigne
en évoquant le poids des poussières
dans la balayette
des fois il me regarde de ses yeux sombres
je me sens obligée de comprendre
mais je jure de tout oublier
CJdK
Catherine Jan dite Kajan
Melingo
18 avril 2012 § 2 Commentaires
ce soir à Cully… ( à propos de ce concert…)


et ces paroles inspirées que j’ai trouvées en cherchant » tango »…
Mes larmes coulent à la plaine
Tant leur amour est grand
Certains disent que parfois
Les larmes coulent du sang
C’est le mien, mon amour
Et c’est pour toi qu’il coule
Qu’il coulera toujours
Dans mes yeux des torrents
Parfois, tu verras lune
Eclairer les baisers
De celui que tu aimes
Que tu croiras aimer
Il sera dans tes bras
Et moi, je serai là
Comme un loup blessé
Qui ne peut plus se battre
Mais se bat encore
Car l’amour, c’est la mort
Et t’aimer, c’est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l’amour c’est la mort
Oui, l’amour c’est la mort
Et toi, ça te fait rire
De voir qu’il n’en est qu’un
Qui pourra s’en sortir
Mon sang dans la rivière
Dis, sais-tu où va-t-il ?
Il se perdra sans doute
Dans de tristes estuaires
Dans ma triste complainte
J’imagine soudain
Que tu passes par là
Que tu me prends la main
Pour danser sous la lune
En souvenir du temps
Où nous étions enfants
Où nous étions nous-mêmes
Mais il n’y a que moi
Que moi et mes sanglots
Et la lune est la seule
A danser le tango
Car l’amour, c’est la mort
Et t’aimer, c’est saigner
Saigner de tout son corps
Oui, l’amour c’est la mort
Et toi, ça te fait rire
Comme un empereur triste
Qui voyant son empire
Se dit qu’il n’a plus rien
Plus rien à conquérir
Tu sais, j’ai fait le deuil
De nous deux et de toi
Mais si nous deux c’est mort
Alors c’est mort pour moi
Dans ma main, ce couteau
Cette entaille au poignet
Ressemble à ton sourire
Qui me dit qu’il faut partir
Je ne sens plus mon être
Et la douleur s’en va
Adieu, mon assassine
Adieu, pauvre de moi
Je danse avec l’amour
Je danse avec la mort
Et je crie à la nuit
S’il te plaît, reviens-moi
Et je danse mon amour
Et je chante à la mort
Cette chanson d’amour
Cette chanson pour toi
Cette chanson pour toi
paroles de Tango de Saez