l’heure du thé
21 août 2016 § 5 Commentaires
croquis improvisés sur sachet de thé… de ceux qui me sont restés de la collecte pour Armén Rotch…
La première tasse humecte mes lèvres et ma gorge.
La deuxième bannit ma solitude.
La troisième dissipe la lourdeur de mon esprit, rendu confus par tant de lecture.
La quatrième exhale une légère transpiration, dispersant par mes pores toutes afflictions de la vie.
La cinquième me purifie.
La sixième m’ouvre le royaume des immortels.
La septième, ah que ne puis-je en boire davantage !
Je ne perçois plus le souffle du vent qui enfle mes manches.
Transporté par cette douce brise, je gagne les cieux.
Lu Tung ( trouvé là )
il s’est posé à la fin du jour…
20 août 2016 § 8 Commentaires
… puis il a souri …
( quelques-unes de mes interventions dessinées sur le mur encore brut de la cuisine… inopinément… avec le reste de peinture… et tout mon cœur… )
SURPRISE D’EN HAUT
Au fond du couloir les portes s’ouvriront
Une surprise attend ceux qui passent
Quelques amis vont se trouver là
Il y a une lampe qu’on n’allume pas
Et ton oeil unique qui brille
On descend l’escalier pieds nus
C’est un cambrioleur ou le dernier venu
Qu’on n’attendait plus
La lune se cache dans un seau d’eau
Un ange sur le toit joue au cerceau
La maison s’écroule
Dans le ruisseau il y a une chanson qui coule
Pierre Reverdy

cœur de ce matin
23 juillet 2016 § 2 Commentaires
1… 2… 3… Pique celle-là ! les battements du mien accélèrent grâce au café … grâce à toi… grâce à la vie…
dessiné ce matin en dégustant mon café portugais…
Le cœur est un jardin secret
où se cachent des arbres
Il manifeste cent formes,
mais il n’a qu’une seule forme.
C’est un océan immense,
sans limites et sans rives
Cent vagues s’y brisent
les vagues de chaque âme.
Rûmi
double sens
13 juillet 2016 § Poster un commentaire
du matin au soir
11 juillet 2016 § Poster un commentaire
°°°
le même dessin… né ce matin dans le métro puis parachevé ce soir… boucle bouclée… et des pétales comme des amis réunis…
à Syl et Syndie
L’homme n’est qu’une fleur de l’air
tenue par la terre,
maudite par les astres,
respirée par la mort;
le souffle
et l’ombre de cette coalition,
certaines fois,
le surélèvent.
René Char
deux petites choses arrachées à mon ventre
10 juillet 2016 § Poster un commentaire
Je n’aime pas
Qu’il y ait en moi
Ces espèces de brouillards
Qui empiètent sur mon domaine
Et ne me laissent pas voir
Où je suis, où j’en suis.
Alors j’attaque, je ramasse
Tout ce qu’au-dedans je trouve
Et tout ce qu’au-dehors j’arrache
Comme clarté ou moyen d’en faire naître.
Dans ce dehors,
Les mots percent.
Les mots sont des épées
Contre les ventres des brouillards.
Guillevic
du jour
6 juillet 2016 § 2 Commentaires
chacun de nous se laisse aller à la fascination de son propre fantasme… des pieds… un ballon… l’étrange chapelet retrouvé dans un tiroir… et ce dessin fait ce matin dans le bus et le métro…
Sur le tard, je n’aime que la quiétude.
Loin de mon esprit la vanité des choses.
Dénué de ressources, il me reste la joie
De hanter encore ma forêt ancienne.
La brise des pins me dénoue la ceinture;
La lune caresse les sons de ma cithare.
Quelle est, demandez-vous, l’ultime vérité?
Chant de pêcheur, dans les roseaux, qui s’éloigne…
Wang Wei
le dernier rêve
5 juillet 2016 § 3 Commentaires
celui de la nuit passée… ce matin j’ai pu m’envoler…
Les espaces du sommeil
Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles
du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
Il y a toi.
Dans la nuit il y a le pas du promeneur
et celui de l’assassin et celui du sergent de ville
et la lumière du réverbère
et celle de la lanterne du chiffonnier.
Il y a toi.
Dans la nuit passent les trains et les bateaux
et le mirage des pays où il fait jour.
Les derniers souffles du crépuscule
et les premiers frissons de l’aube.
Il y a toi.
Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Un horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
Il y a vous, vous que j’attends.
Parfois d’étranges figures naissent
à l’instant du sommeil et disparaissent.
Quand je ferme les yeux,
des floraisons phosphorescentes apparaissent
et se fanent et renaissent comme des feux d’artifice charnus.
Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.
Et l’âme palpable de l’étendue.
Et les parfums du ciel et des étoiles
et le chant du coq d’il y a 2000 ans
et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.
Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde
et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
Il y a toi sans doute que je ne connais pas,
que je connais au contraire.
Mais qui, présents dans mes rêves,
Obstinés à s’y laisser deviner sans y paraître.
Toi qui restes insaisissable
dans la réalité et dans le rêve.
Toi qui m’appartiens de par ma volonté
de te posséder en illusion
mais qui n’approches ton visage du mien
que mes yeux clos aussi bien au rêve qu’à la réalité.
Toi qu’en dépit d’un rhétorique facile
où le flot meurt sur les plages,
où la corneille vole dans des usines en ruines,
où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.
Toi qui es à la base de mes rêves
et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses
et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
Dans la nuit il y a les étoiles
et le mouvement ténébreux de la mer,
des fleuves, des forêts, des villes, des herbes,
des poumons de millions et millions d’êtres.
Dans la nuit il y a les merveilles du mondes.
Dans la nuit il n’y a pas d’anges gardiens
mais il y a le sommeil.
Dans la nuit il y a toi
Dans le jour aussi.
Robert Desnos ( trouvé là )
parfum pour dimanche
12 juin 2016 § 2 Commentaires


















